Presque au bout

Brazil's Neymar grimaces as he is carried off the pitch after being injured during their 2014 World Cup quarter-finals against Colombia at the Castelao arena in FortalezaLa coupe du monde connaîtra son épilogue très prochainement et ce n’est pas pour déplaire aux non-amateurs du ballon rond. Après plus d’un mois de frénésie autour du football, la finale marquera la fin d’une Coupe du Monde spectaculaire, attendue et maitrisée. Petit bilan anticipé.

Mécanique huilée

La FIFA n’en est pas à son coup d’essai. Elle sait très bien comment gérer des évènements pareils et l’a démontré une fois de plus. Loin les pauvres qui, comme Platini l’avait espéré, ont su oublier leur pauvreté l’espace de la compétition. Les révoltes ? Quelles révoltes ? Celles-ci ont été étouffées dès le début de la compétition avec l’aide d’une presse probablement consentante.

Et quoi de plus beau que des buts et du spectacle ? Le premier tour et une partie des huitièmes ont offert le « show » escompté avec une ou l’autre surprise mais surtout un scénario bien tramé. Pour éviter une guerre civile précoce, le Brésil a fait son bonhomme de chemin, les arbitres dans la poche, les pénaltys en plus et les prouesses de Neymar. Tout y était ! Pour que FIFA jubile pleinement, il aurait fallu que les auriverdes ne se fassent pas humilier en demi…

Et comme si cela ne suffisait pas, le destin est venu s’emmêler pour ajouter une touche mélodramatique : Neymar s’est blessé au stade fatidique des quarts. Cet aléa du sport permet non seulement de fournir les premières excuses de la défaite face à l’Allemagne mais également d’alimenter les discussions du « si Neymar avait été là,… ». Si le Brésil l’avait emporté, cela aurait rajouté une dimension supplémentaire bienvenue à l’exploit. C’était donc tout bénéfice pour une équipe dont les performances ont été médiocres durant la compétition et qui ne comptait que sur le joueur de Barcelone pour remporter le trophée tant convoité.

Et la postérité ?

Que restera-t-il de cette compétition lundi matin ? Nous souviendrons-nous de Brésil 2014 comme de France 1998, d’USA 1994 ou alors de Coupes du Monde légendaires plus éloignées temporellement ? De la première demi-finale certainement… La réponse dépend également de la finale, certes. Peut-on cependant déjà affirmer que cette compétition, dans son contexte politico-économico-social, a été une réussite ?

Pour ce qui est du jeu, d’une part on peut se réjouir du spectacle et des surprises, d’autre part on se retrouve tout de même avec quatre routiniers en demi-finales dont les deux ultra-favoris et avec une finale au goût de « remake ». Il est donc difficile de parler de compétition surprise, à l’exception du parcours du Costa Rica et de celui avorté de l’Espagne. Quant à l’arbitrage, il aura été mauvais et partisan quand cela était nécessaire, puis meilleur par la suite.

Pour l’extra sportif, le simple fait que peu d’images des manifestations aient traversé l’Atlantique démontre une censure dérangeante car j’imagine mal la compétition s’être déroulée sans accroc. La guerre de l’information a probablement été remportée par la FIFA et ses alliés et cela ne m’inspire rien de bon.

Reste le champion, celui-ci sera connu dimanche soir et pourrait donner la réponse à ma question. Le foot, c’est bientôt fini ! Et même en passionné du ballon rond que je suis, je ne peux que me réjouir de l’épilogue de cette compétition tronquée sportivement dès son match d’ouverture.

Raphael Zumofen

Docteur en administration publique, passionné de politique, d'histoire contemporaine et de sport, papa de deux enfants, voyageur inconditionnel et libre penseur