J.-M. Cleusix à Saint-Maurice: bricolage au département de la formation

Bricolage-677x466Nommer un haut fonctionnaire démissionnaire à un poste d’enseignant dans un collège le jour de la rentrée, quand toutes les heures sont déjà distribuées, sans tenir compte du légitime mécontentement des professeurs et des élèves, cela ne se fait pas.

Bien sûr que les enseignants peuvent faire preuve de flexibilité dans des cas de force majeure, si par exemple le jour de la rentrée un enseignant de la maison malade ou victime d’un accident ne peut reprendre le travail. On peut concevoir que dans ce cas des horaires soient remaniés. Mais notons que dans ces circonstances, ce qu’on fait d’ordinaire est d’engager un remplaçant qui pour quelque temps se charge de la totalité des heures du professeur manquant, sans que cela n’entraîne une révision des horaires des collègues.

Et dans le cas présent, il n’y a pas de raison majeure. Un haut fonctionnaire qui a enseigné, avant d’exercer pendant presque dix ans des fonctions administratives, n’a pas à être dans l’urgence et sans préparation, au mépris des collègues, imposé de nouveau comme enseignant. La solution de bon sens serait de lui confier une tâche administrative, type de travail dans lequel il s’est spécialisé depuis des années. S’il souhaite revenir à l’enseignement, il faudrait au moins attendre une année, d’abord pour ne pas perturber l’organisation de la présente année scolaire, ensuite pour lui donner le temps de se préparer à revenir à l’enseignement, ce qui ne s’improvise pas.

Quoi qu’on puisse penser des compétences du haut fonctionnaire démissionnaire, la décision qui le concerne aujourd’hui est de la seule responsabilité de notre ministre de la formation qui, longtemps professeur, devrait pourtant savoir comment fonctionne un collège. Cette décision qui sent son arbitraire est surtout un cas avéré de bricolage. Quand un gouvernement gère les services publics, il doit le faire avec le seul souci des intérêts d’abord des usagers, ensuite de ceux qui doivent fournir les prestations dans de bonnes conditions. Aucune autre considération ne doit intervenir. La décision actuellement bricolée, si elle sert des intérêts qu’on a peine à définir avec précision, ne sert en tout cas ni ceux des élèves ni ceux des enseignants. Ainsi le ministre doit réaliser qu’il faut l’annuler, et, en tout cas temporairement, nommer le démissionnaire à un poste administratif. Comme il avait su le faire justement quand il écarta un autre haut fonctionnaire pour le remplacer par l’actuel démissionnaire.

 

Post Scriptum de la rédaction : l’illustration n’est pas de la responsabilité de l’auteur !

17 pensées sur “J.-M. Cleusix à Saint-Maurice: bricolage au département de la formation

  • 1 septembre 2016 à 1 h 36 min
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    Une remarque sémantique pour indiquer qu’on ne dit plus « bricolage », mais « Travaux Manuels »

    Ou alors est-ce « Activites creatrices manuelles »?

    Et bientot, « Les Travaux d’Oscar »?

    • 1 septembre 2016 à 7 h 18 min
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      Etienne, il y eut les TM (Travaux Manuels), puis les ACT (Activités Créatrices et Tricot) et, maintenant, les ACM (Activités Créatrices Manuelles).
      Seuls les acronymes changent, les enseignants et les cours, cependant, demeurent.
      Ainsi, ma femme qui est infirmière soigna, tour à tour: des malades, puis des patients. Vinrent ensuite les bénéficiaires de soin (eh oui) et maintenant des clients.
      Y verrait-on un aspect mercantile qu’on ne serait pas surpris pour autant !
      Bonne journée à tous les « sigleux ». 🙂

      • 1 septembre 2016 à 9 h 24 min
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        A l’école primaire du temps ou Harmos n’existait pas, j’ai connu le régime (ou la dictature) des tout-puissants régents, de leurs cortège de châtiments corporels , des remarques blessantes , au temps honni des cours de religion cathos-conservateurs. Ca ne pas si vieux, au milieu des années soixante. Heureusement la pédagogie est aujourd’hui un peu plus progressiste et les enseignants plus ouverts. Encore que… Avec la pédagogie  »créative » d’Oskar Freysinger, on est entré dans l’ère de la régression. A quand les écoliers en uniforme marchant à la baguette du régent, au pas de l’oie derrière la bannière helvétique? Il me revient ici le formidable clip vidéo de Pink Floyd.  » All in all you’re just anaother brick in the wall »

        Belle journée à tous les petits soldats de l’enseignement scolaire valaisan.

        • 1 septembre 2016 à 15 h 17 min
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          Ce progrès est une arnaque fondée sur des mythes au service d’un pouvoir dominant. (En pensée avec le concept d’aufkärung de Foucault banni de nombreuses universités)
          Ces programmes pédagogiques sont devenus totalitaires (contre toute opposition, appliquées dans toutes les activités de la société) et sont complètement dans le déni des résultats scientifiques comparatifs de ces méthodes.

          Même les petites structures comme l’école d’accompagnateurs en moyenne montagne ont subi les affres de cette dictature. Le directeur a donc malheureusement démissionné. Et hop les cours faisant l’introduction d’un tourisme doux (ex: botanique) sont directement attaqués par la relève putschiste.

  • 1 septembre 2016 à 8 h 03 min
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    Voilà une illustration du pire travers de la démocratie: le plus grand nombre agissant en dictateur des minorités a élu l’homme qui est à l’origine de ce lapsus: O.F.
    Mais qui sont ces électeurs? Des gens qualifiés pour juger des décisions que prendra l’Homme dans lequel ils
    se reconnaissent?
    Aux USA Oskar Freysinger ferait un parfait candidat du parti républicain rivalisant avec l’ éléphant Trump à trompe actuel.

    • 1 septembre 2016 à 10 h 00 min
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      Qui sait ? Les valaisans pourrait élire Trump si il y était candidat. Considérez-vous Clinton comme une chance pour l’Europe (guerres en Irak, Ukraine, Libye, Syrie… ) ?

  • 1 septembre 2016 à 10 h 33 min
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    On se répète : JMC ne peut PAS enseigner !
    1) il n’y pas suivi le cours de rattrapage (LSPO art 29) (je vois d’ici la gueule du directeur intégrant ce nouvel élève à la HEP ;-)))
    2) à ma connaissance, il n’y pas de master en informatique (LPSO art 17)

    Bien sûr, le département peut sursoir à toutes ces obligations…

    Les élèves vont le défier, et il n’aura aucun moyen d’aller contre puisque ses collègues et sa direction ne le couvriront pas… La capitulation étant contre sa nature dictatoriale, le département va au-devant de sérieux problèmes directorat-élèves-parent- d’élèves… Au mieux, on se retrouvera dans quelques semaine dans la même situation critique (même type d’ulcère, nécessité de demander aux profs spolier de reprendre leurs cours); au pire, ce seront les élèves qui trinqueront…

    • 1 septembre 2016 à 12 h 21 min
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      Absolument d’accord avec fausstat. La situation va empirer.

    • 1 septembre 2016 à 15 h 21 min
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      Vos formations continus dans un dessein d’imposer la vision européenne de la pédagogie : rien à battre, elles ne sont pas démocratiques !

      • 1 septembre 2016 à 15 h 22 min
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        Basta la dictature des pédagogos putchistes !

  • 1 septembre 2016 à 13 h 47 min
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    Aucun commentaire sur le texte.
    L’illustration racoleuse n’est pas appropriée.

    • 1 septembre 2016 à 16 h 15 min
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      en effet on aurait tout aussi bien apprécié des fesses de PDC
      bien grasses, cellulitées
      et nourries aux hormones et à la bière

    • 1 septembre 2016 à 16 h 28 min
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      Illustration pas appropriée? ET si on demandait au principal intéressé? Je ne parle pas d’Oscar, mais de Jean-Marie… A vous de choisir entre Meilland et Cleusix…

  • 1 septembre 2016 à 14 h 54 min
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    Je ne vais pas faire de reproche à l’1ndex qui a l’amabilité d’héberger mes messages, mais je n’aurais moi-même pas choisi une telle illustration. Sur mon blog je n’ai d’ailleurs pas illustré mes propos: on connaît les visages des protagonistes et puis comment symboliser un bricolage administratif ? J.-M. Meilland

    • 1 septembre 2016 à 16 h 31 min
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      Meilland a répondu: il n’apprécie pas trop les formes de la bricoleuse….

  • 1 septembre 2016 à 20 h 25 min
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    La corruption politicienne dont vous en connaissez les contours sans detours ! Des cités , sans dicernement septique , sont
    en train de faire de votre canton . Une fosse commune !

  • 1 septembre 2016 à 21 h 18 min
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    Etonnant que la SUVA n’ait pas protesté contre le mauvais exemple donné par l’illustration. Heureusement que vous avez choisi un modèle dans la collection hiver. Et attention aux rayes sur la carrosserie!

    Plus sérieusement, on dirait un de ces flotteurs destinés à amortir les frottements entre le quai et le paquebot.

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