SERVICE DE LA SANTE. FARCES ET ATTRAPES AU PAYS DE FARINET (1/3)

topelement(PAR JEAN-CLAUDE PONT [COLLECTIF RSV])

 

Dans cette étude nous examinons des épisodes, dommageables pour le Valais, qui ont marqué récemment la vie du Service de la santé publique du département de Mme Waeber-Kalbermatten. Sans revenir sur le passé. Il y a suffisamment à faire avec le présent. Or donc, depuis l’arrivée du nouveau chef de Service, M. Victor Fournier, on peut sans hésitation inscrire certaines initiatives de ce Service au rayon des « Farces & Attrapes ». Nous présenterons ici trois d’entre elles, qui sont emblématiques. Ces épisodes constituent une bonne synthèse de ce qu’un service public est en mesure de réaliser contre l’intérêt de ses citoyens. Il s’agit là d’exemples que nous dirons exemplaires, malgré le risque de collusion pléonastique. Nous les traiterons séparément et avec le maximum de mansuétude. A cela s’ajoute une activité malheureuse de la cheffe du Département (Santé, affaires sociales et culture) en matière de Santé, activité que notre Collectif a analysée dans un bilan exhaustif et sévère (50 pages) remis à notre ministre en juin de cette année, ainsi qu’à la Commission thématique de la santé (SAI).

Vu la longueur du présent document, nous avons choisi de présenter cette étude en trois épisodes.

 

***

Premier épisode. Infomed : une erreur coûteuse, fruit de la légèreté

 

Les grandes pompes de l’annonce du 27 août 2015

 

L’aventure d’« Infomed » est un exemple, caricatural, de l’incompétence du Service de la santé. Entendons-nous bien, ce n’est pas l’idée en soi qui est critiquable, ce ne sont pas les médecins qui sont en cause, mais l’incompétence technique, endémique, de ce Service. Malheureusement, là comme ailleurs, notre Conseillère d’État n’a rien vu venir et/ou a laissé faire, malgré les avertissements. Deux mots de l’historique suffiront.

L’aventure (ou la mésaventure) publique d’« Infomed » commence  le 21 octobre 2013 par un communiqué et une conférence de presse du Département : «  Le canton du Valais lance sa plateforme d’échange électronique de données médicales du patient », qui est mise en œuvre suite à l’étude du Prof. Philippe Wieser de l’EPFL.

Le 27 août 2015, en grand équipage et en grande pompe, le Département de Mme Waeber-Kalbermatten annonce ce mémorable événement. Comme on a pu l’entendre sur les ondes valaisannes, ou le lire dans le Nouvelliste du 28 août :

« Le tout dans un environnement informatique très sécurisé et sans que les caisses-maladie aient accès aux données. C’est ce qui a été garanti par le chef du service cantonal de la santé, Victor Fournier. »

« La mise en place d’Infomed a coûté 4 millions de francs à l’État du Valais. Les frais de fonctionnement sont estimés à 900 mille francs par an, à répartir entre les partenaires de la santé. »

 

Premier septembre 2015, premiers revers

 

A peine deux jours plus tard, « ICTjournal – le magazine », le magazine suisse des technologies de l’information pour l’entreprise, dénonçait Infomed avec vigueur. On pouvait y lire (nous soulignons) :

 

« Apprenant l’ouverture du dossier électronique du patient aux Valaisans par voie de presse, Sébastien Fanti s’étonne de ne pas en avoir été informé. Il s’étonne également que Google Analytics soit utilisé sans que les patients n’en soient informés. « Une violation de leurs droits », selon le préposé. Après de multiples échanges, notamment avec ses homologues du canton de Genève et de la Confédération et avec la Commission de la protection des données, une recommandation de suspension de ce projet a été envisagée. »

 

Le Département décrétait alors, et faisait savoir dès le 31 août, la suspension provisoire du projet, le tout avec l’optimisme de façade laissant accroire que ce n’était qu’un détail. Notre Conseillère d’État déclarait en effet dans la foulée : « Nous allons clarifier la situation et fournir au préposé tous les documents nécessaires. » (Le Nouvelliste,1er septembre 2015)

Ainsi, le Service de la santé n’avait même pas pris contact avec le préposé à la protection des données ! On pouvait prévoir que dans un projet à la petite semaine, mené sans rime ni méthode, on allait dans le mur. Quelles étaient, avant de partir la fleur au fusil, les garanties que l’on avait dans le Service de la santé sur la totalité de la confidentialité ? On retrouve les vieux travers de ce malheureux Service, ne pas alerter les commissions ad hoc, ne pas contacter ni entendre ceux qui ont la mission d’informer et d’orienter.

Mais le Département de Mme Waeber-Kalbermatten et son chef de service, M. Victor Fournier, ont fait plus encore. On lit en effet dans Le Temps du 19 janvier 2016, avec le titre « En Valais, le dossier électronique du patient crispe les autorités » et sous la plume de Mehdi Atmani (nous soulignons):

« Le Valais va au-devant d’un suicide numérique si toutes les composantes sécuritaires ne sont pas examinées rapidement. Avant de rendre leurs conclusions, le 1er février prochain, les experts mandatés pour auditer la sécurité du projet Infomed montent au créneau. Ils dénoncent la pression exercée par le Conseil d’État qui les empêcherait de fournir ˝un rapport objectif et complet ˝ sur la situation en disposant de tous les paramètres d’analyse. »

Ainsi le Service de la santé avait-il actionné le vieil allié, l’inévitable groupe de pression, un mécanisme de haute précision, dont le prédécesseur de M. Fournier, M. Georges Dupuis, avait fait une œuvre d’orfèvrerie. Ainsi, non content d’avoir commis une bourde énorme, le Service de la santé exerça-t-il en plus une pression sur les experts pour les empêcher d’écrire la vérité.

 

10 juin 2016. Ce qui devait arriver arriva

 

Le 10 juin 2016, la conférence de presse d’août 2015, qui s’était déroulée en présence de notre Conseillère d’État, cédait sa place à un point de presse, qui eut lieu sans elle. Mais le verbe restait haut, et semblablement les habituelles manipulations verbales. La mise en place d’Infomed était ajournée … à l’horizon 2020 ! Rien sur les dénonciations relatives aux graves dangers qui enveloppaient le projet et qu’avait signalées le préposé à la protection des données. Mais simplement « l’opportunité de créer une communauté romande d’exploitation des dossiers médicaux électroniques. »

Loin de s’amender ou de s’excuser, le chef du Service de la santé recourut-il encore à la langue de mélèze (Larix decidua) et aux contorsions verbales pour tenter d’occulter la vérité et de faire croire que les quatre (lisez 4) millions n’étaient pas perdus. La vieille pompe à diffuser du brouillard était une nouvelle fois à l’œuvre au Service de la santé. Du brouillard pour cacher le réel ! La xyloglossie pour emballer le tout.

 

 

(À suivre)

 

15 pensées sur “SERVICE DE LA SANTE. FARCES ET ATTRAPES AU PAYS DE FARINET (1/3)

  • 6 septembre 2016 à 7 h 16 min
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    Et dire que le maintien de la retraitée va nous priver d’un Rossini compétent! A moins que les citoyens renvoient EWK à la maison et à son tricot.

    • 6 septembre 2016 à 8 h 24 min
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      Oui, snober Rossini serait un beau gâchis. L’électorat PDC en a marre, plus que marre de la gouvernance PDC. Chaque fois qu’on lui propose une alternative qui tient la route, il se précipite dessus comme un mort de faim. L’UDC l’a bien compris, pas les socialistes.

      Esther et Stéphane pour envoyer à la retraite Jacques Melly pour qui le transfuge d’Arnold est une chance pour le Valais… Tu parles Charles. Prend-nous pour des billes, Camille.

    • 6 septembre 2016 à 14 h 41 min
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      Madame est l’épouse de Dr Weber, médecin cadre de l’HVs tout de même. Respect?

  • 6 septembre 2016 à 10 h 47 min
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    Ils devraient tous partir, aussi incompétent les uns que les autres.

    • 6 septembre 2016 à 10 h 56 min
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      Bonvin Roger,

      Ne manquez pas les deux prochains épisodes. Vous pourriez être encore plus sévère !

  • 6 septembre 2016 à 12 h 00 min
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    On doit quand même tirer le chapeau à l’espèce rare, mais en voie d’apparition en Valais, de citoyens qui mouillent leur chemise et qui ont en commun ce défaut malheureux de mettre leur nez là où il ne faudrait pas, et surtout de suivre, à la trace (un peu comme on suit la limace à sa bave), des affaires où l’on s’obstine à rajouter des chapitres vide de sens sous la houlette de roitelets de service, qui se succèdent clonés avec le même ADN de l’incompétence.
    On verra bien si nos autres medias vont parler des éclairages qu’on lit ci-dessus… ou devront-ils se sentir finalement obligés
    pour le faire?

  • 6 septembre 2016 à 13 h 19 min
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    De toutes façons il faut supprimer l’assurance maladie. L’exemple grandeur nature de l’échec de l’Obamacare nous montre que c’est une connerie. Et puisque la radio en parle à l’instant, « Et le don d’organes et de sang aussi, c’est de la merde ! » (…à supprimer donc).

    Et comme argument(s) à ces fracassantes affirmations… (?). Ma crédibilité !
    (Je n’étale néanmoins pas mon CV à cet effet (moi); c’est par modestie (…de ce CV, pas la mienne), et ainsi qu’eu égard à la théorie « La culture c’est comme la confiture, moins on en n’a plus on l’étale). (Et ça marche aussi avec les CV donc)

    De là à dire à l’inverse que qui comme Rouiller trop étalait son CV avant de causer, se préparait à dire de la merde, il n’y a qu’un pas. Que je franchis pour ma part; et cela d’autant plus que j’étais déjà allé auparavant de l’autre côté du « miroir » (c.-à.d. ici sur l’1dex) pour constater qu’effectivement, c’en était !!! Et de la grosse !!! De la solide !!! Qui tâche… (et tâchera) (à jamais) la réputation de son odeur.. euh,… son auteur pardon.

  • 6 septembre 2016 à 15 h 10 min
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    C’est bien, continuez à descendre EWK en flamme, comme cela on sera sûr de ne plus avoir aucun socialiste, ni aucune femme au gouvernement. Franchement, ce qui s’est passé autour de la nomination des possibles candidats socialistes au Conseil d’état est absolument lamentable. Maintenant on devrait faire avec ce qu’on a et regarder en avant en pensant au bien général du canton, qui passe par la présence d’un socialiste au gouvernement, fut-il du haut ou du bas. C’est pourquoi il faut laisser les querelles au vestiaire et arrêter de casser du sucre sur EWK.
    Ou est-ce que vous préférez avoir deux UDC ?

    • 6 septembre 2016 à 17 h 04 min
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      Qu’a-t–elle fait de concret pour marquer les actes du gouvernement de son empreinte socialiste ou féminine?

    • 6 septembre 2016 à 17 h 58 min
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      Contester l’action d’EWK ce n’est pas remettre en cause la présence socialiste au gouvernement, au contraire, c’est essayer de la sauvegarder!

      • 7 septembre 2016 à 13 h 11 min
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        Je pense qu’elle fait ce qu’elle peut étant donné qu’elle est en minorité au gouvernement et qu’elle n’a pas les mains aussi libres que Maillard au canton de Vaud.
        Si les socialistes du bas votent contre elle, on perdra le siège, c’est tout. Rossini l’a bien compris lui qui a pris la bonne et dure décision de ne pas se présenter contre elle.

  • 6 septembre 2016 à 17 h 55 min
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    Ce qui frappe c’est::
    1) l’amateurisme de M.Victor Fournier et de son équipe (pléonasme) . Le Valais pionnier dans le dossier médical informatisé, premier de cordée, sans l’aide de personne. C’est du « boyscoutisme ».
    2) la tentative de camouflage qui n’est pas propre à EWK mais endémique dans ce canton et de plus aidé par un NF frileux (pour ne pas dire complice Sorry re-pléonamse)
    3) l’absence de toute remise en question de M. Fournier (mais c’est probablement une réaction de défense car il doit certainement se rendre compte au fond de lui qu’il n’est décidément pas à la hauteur; et si il ne s’en rend pas compte ce serait vraiment très grave et EWK devrait un peu l’aider, non ?

    L’1 dex a décidément de beaux jours devant lui.

  • 6 septembre 2016 à 22 h 37 min
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    Pur produit de cooptation et d’incompétence doublé de mauvaise foi.
    Comparaisons les plus proches, le cirque et les guignols de l’info.

  • 6 septembre 2016 à 23 h 19 min
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    Et les lecteurs devraient savoir que le Victor de service reçoit chaque semaine des ordres de Dr Georges pour le plus grand malheur de Bécassine. Dommage pour le PS au lieu d’un type brillant faudra nous contenter du deuxième choix.

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