Don Sarco et le Petit-Fils de la Veuve

(PAR ROBERT CHAUDENSON)

 

Pauvre 2F ! Rien ne lui sera décidément épargné et la Roche Tarpéienne sarthoise se rapproche décidément de plus en plus du Capitole de Sablé sur Sarthe ! Après avoir dû manger tout un rayon de chapeaux comme « collaborateur », le voilà obligé de manger ou dessert, sous les yeux et la contrainte de Don Sarco, le parrain des Ripouxblicains, la vieille loi gaullienne racornie de 1945 sur la police des mineurs qu’il se faisait une gloire de maintenir, quelques heures avant encore,avec d’autant plus de force que son abandon  figurait dans le programme de Don Sarco, son ennemi juré qu’on pouvait croire à terre. Peut-on imaginer se voir imposer pire châtiment et il faut toute la perfidie magyare pour le soumettre inopinément à pareille épreuve !

« Mais c’est pas tout ! Mais c’est pas tout ! » comme chantait autrefois notre Bourvil. Le voilà 2F de toute évidence plombé d’un Plan B (ou D, C, D …voire Q… car le Petit Fils de la Veuve, depuis qu’il ne porte plus ses lunettes, se tape de jolies femmes), Les candidats possibles sont nombreux  mais c’est François Baroin qu’on a commencé à pousser sur les plateaux télévisuels, même en une période de vacances scolaires parisiennes qui est peu favorable  aux fortes audiences car n’opèrent, à ce moment, que les troisièmes au quatrième couteaux. F. Baroin était là sur France 5 (hélas pour lui,  fort amateur de beau sexe) en l’absence d’Anne-Sophie Lapix, mais aussi fort heureusement en l’absence de Christine Bravo dont on pouvait craindre un moment l’intrusion régulière dans cette émission.

 

Le joker de 2F-Don Sarco paraît donc être François Baroin mais les choses changent si vite et si radicalement qu’on hésite à hasarder le moindre pronostic.

 

Le petit-fils de la Veuve (je lui accorde ce titre car François Claude Pierre René Baroin (né en 1965) est le fils de Michel Baroin (ex-Grand Maître du Grand Orient de France en 1977-1978). « Fils de gendarme et gendarme moi- même » ; on se souvient de cette formule du Maréchal Juin me semble-t-il, reprise en la circonstance avec un petit aménagement de sa généalogie par François Baroin lui-même qui, par modestie sans doute dans le climat sécuritaire actuel, s’est fait petit-fils de policier et fils de commissaire de police, alors que son cher papa était en fait un haut fonctionnaire devenu homme d’affaires, puisque me semble-t-il il fonda la FNAC, avant de disparaître accidentellement au Cameroun dans des conditions mal élucidées au cours d’un accident d’avion. Sa place éminente dans la franc-maçonnerie lui avait sans doute attiré des amitiés qui n’ont pas été étrangères à la rapide carrière de son fils.

 

Ce dernier n’a pas manqué de rappeler à de multiples reprises dans son passage su France 5 (il était clairement en promo et ne risquait rien du côté des rares présents !) ses 25 ans de carrière politique ; rapide, facile et brillante en effet en dépit d’études un peu tumultueuses et sans grand éclat (DESS de défense, DESS de sciences de l’information et des bibliothèques, DEA de géopolitique). Pas d’ENS ni même d’ENA ! Il le paye, quelques années durant, en faisant le café à Jean-Pierre Elkabach avant de se muer en journaliste politique de façon inattendue ! De ce fait, à la trentaine, le voilà soudain député de l’Aube (1993) puis maire de Troyes (1995) . Protégé de Jacques Chirac, il est son porte-parole à l’élection présidentielle de 1995 et  tient  le même poste dans le premier gouvernement Juppé, dont il est le benjamin car sa jeunesse fut longtemps son principal argument de vente. C’est d’ailleurs ce qui le conduit désormais à rappeler sans cesse ses vingt cinq ans de carrière politique (député puis sénateur) et les multiples fonctions gouvernementales qui furent  les siennes ( ministre de l’Outre-Mer puis de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire dans le gouvernement Villepin entre 2005 et 2007 ; ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l’État dans le deuxième gouvernement Fillon  ; en 2011, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie). Quel homme ! Il n’oublie pas en outre au passage des occupations plus curieuses et inattendues comme journaliste et avocat auxquelles rien ne semblait le destiner de façon nette.

 

La suite du feuilleton présidentiel au prochain numéro !