5 ans au Québec – épisode 9

Le verglas

Les arbres plient sous la glace.

« Le verglas est une accumulation de glace provenant du gel des gouttes de pluie ou de bruine au contact d’un objet dont la température se situe sous le point de congélation. La pluie verglaçante est un phénomène météorologique normal au Canada et en Nouvelle-Angleterre en hiver. Elle se manifeste géographiquement dans un étroit corridor où les vents froids de surface sont canalisés d’est à nord-est en surface par la géographie locale (vallée du Saint-Laurent, de la rivière des Outaouais, des Appalaches, etc.) alors que de l’air doux et humide venant du sud la surmonte en altitude. »

Voilà pour la définition Wikipédia du phénomène dont je vais vous parler cette semaine. Samedi dernier, la pluie verglaçante a été bien présente. En me réveillant le matin, j’ai pu apprécier les beautés de cet épisode météorologique. Ma blonde était moins convaincue. Impossible de prendre la route tout de suite, c’est beaucoup trop dangereux. Dès qu’on sort, il faut être sur ses gardes, c’est plus glissant qu’une patinoire.

Les arbres sont beaux avec leurs branches glacées, notre voiture est recouverte d’une enveloppe transparente du plus bel effet. Ça va aujourd’hui, la couche n’est pas trop épaisse et nous ne sommes pas pressés. Le démarreur à distance est apprécié à cette occasion. Après de longues minutes de chauffage, je peux commencer le déglaçage. Rien à voir avec ce que nous vivons dans les aéroports, ici l’huile de coude et un bon balai à neige sont nécessaires.

Mais le verglas ce n’est pas que des beautés et du régal pour les yeux. Toute la nuit, le bruit des fils électriques qui frappaient contre le toit a rythmé notre sommeil. Nous avons été chanceux, ils ne se sont pas effondrés. Ce fut le cas pour quelques milliers d’usagers de notre ville de Lévis. Certains ont dû attendre jusqu’en fin de journée pour retrouver le courant. Quand on sait que la majorité des chauffages fonctionnent à l’électricité, on peut imaginer le soulagement lorsque c’est réparé.

Surtout, ce verglas n’a été présent que quelques heures. Rien à voir avec la grande crise du verglas qui avait duré cinq jours en 1998. Le verglas atteignait 10 cm d’épaisseur par endroit. Son poids avait entraîné des pannes de courant généralisées, des effondrements de pylônes électriques, sans compter les dommages aux arbres et aux propriétés. La mémoire collective s’en souvient à chaque nouvel épisode.

Non, rien de grave cette fois, quelques branches cassées jalonnent la route jusqu’aux  » Bedons de Josy  » où nous prenons finalement notre déjeuner un peu plus tard en matinée. La route principale est déglacée, mais dès que nous empruntons les routes résidentielles, il faut être prudent. L’hiver c’est beau, mais il ne faut pas en abuser.

Après les douceurs de février qui a été un mois au-dessus des moyennes saisonnières comme ils disent à la radio, mars s’annonce plus froid. Le printemps ne frappe pas encore à la porte. La semaine qui s’en vient est celle de relâche pour les écoles. La pause va faire du bien aux élèves comme aux enseignants. Les joies de l’hiver vont permettre de s’aérer et, s’il y a tempête, on programme « Ma vie de courgette » au cinéma…