Fillon, t’as le bonjour d’Alfred !…

(PAR VINGTRAS)

 

Guy Konopnicki rend, dans le dernier numéro de « Marianne », un excellent hommage à Jean-Christophe Averty, titulaire de l’ordre de la « Grande Gidouille » décernée par le collège de Pataphysique, en soulignant le fait que ce créateur génial vient de disparaître au moment où la société française nage en plein délire ubuesque…

Effectivement, l’affaire Fillon et ses multiples rebondissements, les attitudes de ses affidés qui sont les parfaits illustrateurs d’un nouveau « dictionnaire des girouettes » ou les postures des impétrants de droite qui rivalisent de répliques théâtrales ou de déclarations alambiquées, bref tout un  aréopage digne de l’imagination d’Alfred Jarry, défile sous nos yeux, par rang de taille ou par tour de ceinture.

Le père Ubu, la mère Ubu, l’amiral Bordure et tous les palotins agitant des drapeaux tricolores sont présents afin de nous offrir l’adaptation en 2017 du chef d’oeuvre immortel de cet écrivain né à Laval en 1873, à quelques encablures de la Sarthe chère à ce « drôle de paroissien »… .

Et Ubu se décline tour à tour en Ubu-roi, Ubu-enchaîné, « Ubu-cocu », « Ubu-colonial »…en draînant dans son sillage une fantasmagorie de bobards, de mensonges, de faux-semblants, mais de menaces réelles.

Car si la farce électorale peut souvent divertir, elle n’en est pas moins dangereuse car elle colporte tout l’attirail de la médiocrité frustrée et de la revanche mesquine d’une bourgeoisie morte de trouille.

C’est bien pourquoi la machine à décerveler fonctionne jour et nuit …

Devant les caméras des médias complices, ce ne sont pas, hélas, les marionnettes de Jean-Christophe Averty, mais les argousins de la France réactionnaire, décidés à se payer l’infâme populo qui a l’outrecuidance de venir réclamer son dû au banquet du nouveau quinquennat.

Alors merdre de merdre… Et que la chandelle soit rouge !

NB/ le titre de ce modeste billet est un détournement de la BD d’Alain Saint-Ogan, « Zig et Puce » ; il avaient adopté un pingouin qu’ils nommaient « Alfred ». Lorsqu’ils venaient à bout d’un adversaire, ils lui disaient : « t’as le bonjour d’alfred ! » Mais ici, le pingouin n’est autre qu’Alfred Jarry.