Make Switzerland pink again !

(PAR LILIANE MAURY PASQUIER)

 

« Make Switzerland pink again ! » Voilà le slogan sous lequel la journée des femmes se déroule cette année, tant il est vrai que la Suisse, tout comme le monde, a besoin de plus de droits pour les femmes, plus d’égalité économique et plus de participation démocratique.

Le PS est rose depuis fort longtemps ! Sans nous, les succès engrangés par les mouvements féministes n’auraient pas été possibles. J’y repense régulièrement au cours de cette session, notamment sur le sujet de la prévoyance vieillesse 2020. Sans nous, sans le PS, sans les femmes, aucune avancée sociale ne sera possible.

Avec l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans, comment le PS peut-il soutenir ce projet ? Tout simplement parce que cette réforme des retraites, dans la version proposée par le Conseil des Etats, permet également des avantages, notamment pour les femmes. En voici quelques exemples :

  • Les rentes AVS seront augmentées de 840 francs par an et de 2’721 francs pour les couples. 500’000 femmes n’ont aujourd’hui pas de 2e pilier. Dans ce cas, cela revient à une augmentation importante des rentes AVS, de 4 à 6 %.
  • Pour les personnes travaillant à temps partiel ou gagnant peu, le seuil d’entrée pour l’accès au second pilier sera plus facile à atteindre, entraînant alors de meilleures rentes au moment de la retraite. Les femmes sont par ailleurs les premières concernées.
  • La réforme garantit le maintien dans les caisses de pension, également en cas de perte d’emploi peu de temps avant la retraite. Le risque de pauvreté de nos aîné-e-s est ainsi diminué, risque qui touche en particulier les femmes.

Par ailleurs, le plus grand danger est l’alternative proposée par les partis de droite : âge de la retraite à 67 ans pour toutes et tous, baisse du taux de conversion sans compensation et coupes dans les rentes de veuves. Le rejet de la réforme serait donc bien plus douloureux pour les femmes.

C’est pourquoi je dis OUI à la réforme de la prévoyance vieillesse, telle qu’elle est proposée par le compromis du Conseil des Etats. Certes, la réforme la prévoyance vieillesse ne fera pas de la Suisse un pays d’un rose éclatant, mais s’il peut être rose pâle, ce sera un bon début. Si la réforme devait échouer, le noir prédominerait dangereusement, en particulier pour les femmes.

Avec mes meilleures salutations
Liliane Maury Pasquier, conseillère aux États