LONZAGATE. MERCURE. MON PETIT CONSEIL NON POLLUE A JACQUES MELLY (1)

Ainsi une « bombe » aurait été lâchée dans la République et Canton du Valais dans l’affaire dite du mercure. Moi, je le veux bien, mais …

Personne, absolument personne, ne me fera croire que la date choisie pour cette « révélation », connue des insiders depuis belle lurette, est un hasard fortuit.

Je demande aux citoyens de bien lire qui sont les membres du Grand Conseil premiers destinataires du rapport du préposé cantonal à la protection des données et la transparence, et de mettre relation ce qu’il aura compris de la composition de la commission avec la réaction tonitruante et immédiate de Jérôme Desmeules, président de l’UDC. Tout un chacun fréquentant les allées du pouvoir sait l’amour irrésistible que se portent Oskar Freysinger et Jacques Melly. Le premier est membre de l’UDC, le second est la tête de pont du pouvoir dominant du mercuregate. Donc : à chacun de deviner la cible, le javelot, le lanceur et … le démineur.

Je vais laisser sagement le soin à chaque lecteur de L’1Dex de lire le volumineux rapport de Me Sébastien Fanti et de se forger, s’il le peut, sa propre opinion. N’ayant pas encore lu le temps de me pencher sur ce chef-d’oeuvre de communication, je m’abstiendrai de le jeter à la poubelle ou de le vénérer au-delà du raisonnable.

L’affaire du mercure est une longue histoire, à la valaisanne, je devrais dire à la haut-valaisanne. La jeter en pâture pour tenter de déstabiliser Jacques Melly me paraît relever de la grosse ficelle. Mais bon … peut-être n’ai-je pas tous les éléments en main pour éclairer ma lanterne ? Peut-être. Ou peut-être pas.

Je m’en voudrais cependant de ne pas donner un conseil gratuit à Jacques Melly. Je ne suis pas sûr qu’il soit entouré de gens si compétents ou si soucieux de l’intérêt public qu’il pourrait renoncer à déterminer la pertinence ou le caractère approprié de ma proposition avant de la connaître. Alors, je n’hésite pas : je dis à Jacques Melly qu’il devrait songer à la professionnalisation de la fonction de préposé cantonal à la protection des données et la transparence, mais à une professionnalisation qui passera par la mise à disposition en faveur de cet « établissement spécial » de moyens conséquents permettant d’entourer le préposé d’un controlling [audit interne] adéquat et très fort. De plus, l’Etat du Valais, en ces temps où la transparence publique est un élément de gouvernance, devrait faire oeuvre de pionnier dans ce champ spécifique du « savoir » institutionnel. La transparence ne doit pas être qu’un mot, mais doit être un outil de gouvernance. Je ne suis pas certain que le gouvernement de la pire législature de l’histoire contemporaine du Valais moderne ait saisi le sens de l’histoire.

Avec Xavier Lambiel, je pense que cette campagne électorale 2017 a été ab initio contaminée par l’UDC, dont l’affiche de Maria est le prototype de ces « gaz toxiques » répandus dans la sphère public à fin de manipulation des électeurs. Il n’est pas pourtant pas impossible que cette pratique délétère se retourne aujour’hui, en forme de boomerang, contre leurs auteurs, à la condition que les citoyens comprennent que leur devoir est d’affaiblir ceux qui sont à l’origine de cette publicité léthale pour la démocratie. Il n’est donc pas dépourvu de sens qu’une campagne toxique dès le départ soit « polluée » encore plus par le mercure à quelques jours du premier tour des élections au Conseil d’Etat. Qui soutient que les pyromanes sont des inconnus ?

Tout cela est si cousu de fil blanc que je demande à ceux qui ont propulsé tel un javelot un rapport dans le champ public pourquoi ils ne l’ont pas fait dès le premier jour où ce texte était à leur disposition.

A L’1Dex, nous croyons à la nécessité de transparence des choses publiques, mais, dans le même temps, nous nous insurgeons contre ces personnes de l’establishment qui jouent au chat et à la souris avec le citoyen dans le seul but de « manipuler » plus encore un corps électoral déjà déboussolé par une campagne qui fut à l’image de la législature : exécrable !

Bonjour aux premiers lecteurs de ce volumineux rapport de Sébastien Fanti !

 

Post Scriptum  : voici ce que m’a transmis Anaximandre, pêché certainement dans le NF ou le site du Matin : « Sébastien Fanti qui l’affirme : si la justice devait lui donner tort dans cette affaire, il quittera ses fonctions de préposé à la protection des données et à la transparence. En revanche, dans le cas contraire, le chef de service devra répondre devant la justice, assure Sébastien Fanti. » Le Valais est en feu !

 

Références non encore lues : Rapport d’activité 2017 + Jusletter_la-reconnaissance-d-_be604bdb20_fr

Conseil de lecture : Goldfingers in L’1Dex Mag (un clic pour la commande)

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, mention gestion d'entreprise, licencié en droit, avocat, notaire, je suis père de sept enfants et je travaille depuis plus de vingt ans à Sion comme avocat, après avoir été greffier cinq ans au sein du Tribunal cantonal. Je suis un ami de la psychanalyse, des livres, des journaux, du sport et de la justice.

5 pensées sur “LONZAGATE. MERCURE. MON PETIT CONSEIL NON POLLUE A JACQUES MELLY (1)

  • 3 mars 2017 à 7 h 28 min
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    D’un côté OF et l’UDC passés maître dans la propagation des  »fake news » d’un autre côté Jacques Melly et le silence du  » no news ». Il ne s’agit certainement pas d’un manque de transparence mais bien davantage de grosses lacunes dans la manière de communiquer de ce dernier et il n’est pas le seul dans ce cas au conseil d’Etat. C’est cette incapacité à communiquer de façon ouverte et moderne qui sème le doute dans l’électorat et qui contribue au succès de l’UDC!

  • 3 mars 2017 à 8 h 20 min
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    Au Canada, on dirait de Melly et de Tornay qu ‘ils sont des « taiseux ».
    C’est le modus operandi typique des PDC d’autrefois.

    • 3 mars 2017 à 10 h 13 min
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      Très finement observé. Les psys diraient qu’ils souffrent du syndrome de culpabilité si caractéristique de notre culture judéo-chrétienne. Ce qui explique par ailleurs le succès de la congrégation d’Ecône et le fait que certaines de nos élites de la politique et de l’économie ( par exemple et au hasard de l’économie vini-viticole…) vont y battre leur coulpe chaque dimanche. La grosse machine à laver les péchés des institutions judicaires et religieuses fonctionnent à plein rendement. Homo lave deux fois plus blanc!

  • 3 mars 2017 à 15 h 16 min
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    Fanti quitterait son poste? Serait ce une bonne nouvelle enfin? Et le remplacer par quelqu’un de moins people et plus libre de ses pensees pourrait il etre la suite du reve?

  • 3 mars 2017 à 20 h 38 min
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    pourtant l’UDC devrait bien être renseignée sur les dossiers LONZA vu qu’entre 1997- et 2001 le patron s’appelait Christophe Blocher

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