MOI, VIL PÉCHEUR, JE ME REPENDS D’AVOIR DIT DU MAL DE LA SAINTE POSTE !

(PAR PJ INVESTIGATIONS)

 

HOMÉLIE EN JAUNE   La Poste ? Tu ne te rends pas compte combien elle respecte sa mission de service universel. C’est son Credo. Son rapport annuel 2016 distille une Flamboyante Bonne Parole. Alleluia! Réjouis-toi ! Bientôt des drones tomberont du ciel pour t’apporter tes paquets, tels des Anges Épistolaires. Aaaammeeeennn !

Cela ne sert à rien de se focaliser sur le négatif – au moins 600 offices fermés, 1 200 pertes d’emplois – avec La Poste. Grâce au rapport annuel 2016, Susanne Ruoff (*) et Urs Schwaller (**) délivrent un Saint Message Positif. Plus proche du Dieu Client que tu (ré)incarnes. Lis, en ce dimanche 12 mars 2017, la Bonne Parole, telle qu’elle se présente dans les Écritures du Géant Jaune. Silence. Recueillement. À genoux sur le banc de ton église.

Sainte Susanne Ruoff monte en chaire.

Ouïs sa voix et ses voies. « Aujourd’hui, les services postaux sont opérationnels sept jours sur sept et, de plus en plus, 24 heures sur 24, notamment grâce au nombre croissant d’automates My Post 24 et au réseau de points de dépôt et de retrait couvrant tout le territoire, y compris les stations-service et les gares. » La gougoutte lacrymale pendouillant au bord du cil, tu lis ces chiffres officiels, autre part dans la Bible du Rapport 2016 : « Il existe actuellement quelque 3 800 points d’accès en Suisse – offices de poste, agences, services à domicile, points service tels que points de dépôt et de retrait ou encore points clientèle commerciale. À l’avenir, nous en compterons plus de 4 000. » 

Si tu ne comprends pas la portée immédiate de ce verset statistique, ne te mets par martel en tête. Il te sera répété plusieurs fois dans le Rapport. Car « La Poste entend mettre en place d’ici à 2020 un réseau de filiales moderne, proposant une vaste offre de points d’accès physiques et numériques (…) Nous sommes fiers de fournir à la population en Suisse les prestations du service universel postal à un niveau élevé de qualité. Nous continuerons de remplir cette mission, en prenant en considération les nouveaux besoins des clients. »

Comprends, comprends enfin, comprends sans récriminations que La Poste et Susanne Ruoff t’aiment, t’aiment sans retenue, t’aiment avec une abnégation frisant le suicide financier. C’est la Maman Pélikan qui s’ouvre le ventre pour donner ses entrailles en guise de petit-déjeuner à Ses Enfants. La Poste MODERNE, ce n’est plus cette poussiéreuse image d’Épinal, celle d’un office dans ton bled paumé. La Poste du XXIe siècle, ce sont des automates qui t’accueillent à bras ouverts (s’ils en avaient), toi, le Fils Prodigue, qui aura parcouru un long chemin de croix, un magnifique pèlerinage pour en dénicher un, suivant une Etoile Filante.

Attends, attends et entends: Sainte Susanne prêche plus proche de toi, l’Humain. « Nous voulons transposer nos compétences de base dans l’univers numérique, ce qui nous amène à explorer la thématique de la «smart mobility ». Nous testons de nouveaux modes de distribution, avec des robots ou des drones, ainsi que des solutions de logistique automatisées. Nous réfléchissons également au colis intelligent, qui trouve automatiquement son chemin car il sait où le client souhaite le recevoir. »

Aaahhh, je le vois comme si c’était demain, ce paquet parcourir la campagne sur ses petites roues, passer devant les vaches, comme un R2D2 helvétique, s’arrêter devant ta boîte aux lettres, glisser un avis de passage, et repartir vers l’automate car ses directives l’interdisent de grimper à l’étage. Quelle vision pastorale, bucolique, réjouissante.

O toi (ou plutôt moi), impie, qui osais déverser ton fiel acide sur leurs pratiques, ouvre à nouveau tes pavillons, récure tes tympans, voici qu’Urs Schwaller entame sur sermon. « Ce qui compte, ce n’est pas la forme d’exploitation mais l’accessibilité de nos services. L’office de poste traditionnel nous permet de moins en moins de répondre aux besoins du client d’aujourd’hui. La baisse drastique des volumes d’opérations effectuées au guichet – qu’il s’agisse des dépôts de lettres et de colis ou des versements – illustre parfaitement ce constat. »

Décrypte cette Parabole ! C’est par ton Péché Originel et peu Original, que La Poste ferme ce qui était à côté de chez Toi. Elle ne t’a rien de rien imposé, elle ne peut, rien regretter. Tu as payé, La Poste a oublié, elle se fout de ton passé. Tu n’as qu’à te repentir, Toi, Vil Judas de l’Oblitération, Torve Phénicien du Timbre, et sache que, dans sa Grande Commisération, La Poste ne t’en veut pas. Elle écoute ta confession : « Pour les évolutions à venir, la Poste aura à cœur d’engager le dialogue avec les cantons et leurs populations. Nous relions le monde physique et numérique et définissons de nouveaux standards par nos produits et solutions. Nous facilitons les opérations de nos clients dans un environnement complexe et leur permettons de gagner en liberté », professe le Rapport 2016.

Ita missa est et lève ton calice pour une (ré)conciliation avec Susanne Ruoff et Urs Schwaller.

Moi, j’espère m’en tirer par cinq pater et cinq ave en signe de rédemption de mes impies pamphlets qui osaient médire sur l’universalité branlante de la mission de service public.

Mea culpa, maxima culpa.

Joël Cerutti (humble journaliste pécheur)

La Bible 2016 de La Poste: http://rapportdegestion.poste.ch/16/ar/fr/

(*) patronne du Géant Jaune, 984 000 francs de revenus annuels

(**) président du CA, salaire non communiqué

Une pensée sur “MOI, VIL PÉCHEUR, JE ME REPENDS D’AVOIR DIT DU MAL DE LA SAINTE POSTE !

  • 13 mars 2017 à 7 h 03 min
    Permalink

    Très bien, Joël! Je me repens, dit à son confesseur l’homme qui vient de rater son suicide par pendaison.
    Va et repends-toi, lui répond le confesseur en guise de pénitence.
    Salut, Joël. Marianne B. attend de tes nouvelles.

Commentaires fermés.