PREMIER MILLESIME DE SIERRE GRAND CRU

(PAR PAUL VETTER [VALAIS DU VIN])

 

Les responsables de Sierre Grand Cru, emmenés par leur président Dominique Rouvinez, ont présenté ce jour à Sierre leur premier millésime (2015). Un jour très attendu puisqu’il aura fallu 13 ans pour parvenir à franchir tous les écueil de la mise sur pied de cet unique Grand cru intercommunal valaisan.

Six caves, neuf vins pour une première.

 

 

 

 

 

Pour cette première édition, six caves ont vinifié neuf vins répondant au cahier des charges Sierre Grand Cru: trois Petites arvines, trois Marsannes blanches, deux Syrahs et un Cornalin. Soit au moins un de chacun des quatre cépages choisis par l’associations comme l’autorise le règlement cantonal. Au total, ce sont quelque 17’000 litres qui ont été mis en bouteilles de 75 cl ou en magnum (1,5 lt). Des vins issus de 4 hectares situés sur le territoire de l’une ou l’autre des communes partenaires de Sierre Grand Cru (Sierre, Crans-Montana, Lens, Miège, Venthône et Veyras).

Quelque 18 mois ont été nécessaires depuis la vendange, pour mener à terme l’élevage des ces crus. Les blancs sont déjà en vente depuis quelques mois (septembre 2016). Et dès maintenant, les rouges sont eux aussi proposés à la clientèle.

La Cave Caloz à Miège propose une Petite arvine labellisée Sierre Grand Cru. Pour Jean-Marie Pont à Corin/Sierre, c’est une Marsanne blanche et un Cornalin, présentés en magnum uniquement. Les Domaines Rouvinez à Sierre commercialisent trois Grands Crus:  une Petite arvine, une Marsanne blanche et une Syrah. On trouve encore une Petite arvine chez Vocat et Fils à Sierre, une Marsanne blanche chez Serge Heymoz à la Cave les Sentes et une Syrah à la Cave Sinclair à Loc.

La dégustation a permis de constater que ces premiers vins de Sierre Grand Cru sont de très belle qualité, alliant structure et typicité. Exercice réussi donc pour ce premier millésime.

Commentaire
La région donnant droit à l’appellation Sierre Grand Cru représente plus de 100 ha de vignoble AOC. Le premier millésime ne concerne que 4 ha. Ça paraît assez léger, même pour un début.
Difficile de dire combien de caves pourraient élaborer des vins correspondant au cahier des charges restrictif donnant droit à ce label. Mais certainement une bonne cinquantaine. Six caves pour ce lancement, ça peut aussi sembler un peu maigre.
Mais on attendra pour porter un jugement. Dominique Rouvinez a bon espoir de voir bien des collègues se laisser entraîner dans ce mouvement. Ce sera le cas s’il s’avère après quelques millésimes que la démarche est porteuse. Il est logique d’attendre quatre ou cinq ans avant de se prononcer sur le succès de l’opération …

L’autre question qui se pose concerne le choix des cépages. Avec quatre variétés (le maximum autorisé par le règlement cantonal) plutôt exigeantes, quatre spécialités considérées parmi les plus qualitatives cultivées dans le canton, Sierre Grand Cru se distingue. Les autres Grands Crus du canton ont tous opté pour l’un ou l’autre des cépages dits courants (Fendant, Gamay ou Pinot noir).  On imagine que les débats ont dû être vifs lorsqu’il a fallu faire ces choix ambitieux.
Si une cave comme Rouvinez  possède de grands domaines de Syrah et de Marsanne dans la zone Sierre Grand Cru, c’est loin d’être le cas pour beaucoup d’entreprises de taille modeste. Pour celles-ci, il ne pourra être question de réaliser une Arvine ou un Cornalin Grand Cru en plus de la bouteille traditionnelle. Ce qui entraînera souvent des modifications de prix à expliquer à la clientèle… A moins de renoncer purement et simplement à participer à la démarche Grand Cru. C’est un risque que les professionnels de la région sierroise ont accepté de courir…