REVUE DE PRESSE : TRICHERIES EN VUE ?

(PAR PAUL VETTER [VALAIS DU VIN])

 

Les vignerons valaisans craignent des tricheries. Pourquoi cela ? Si on en croit certains d’entre eux, la suppression de la globalisation des acquits les inciterait à mélanger les raisins dans les caissettes avant de les apporter chez leur acheteur de vendanges.  Enfin, je vous laisse d’abord lire l’article du NF…

Franchement, la lecture de ce compte rendu m’a laissé très perplexe… Il faut savoir que l’Association faîtière, l’Interprofession des vins du Valais (IVV), a approuvé cette nouvelle manière de faire. C’est elle aussi qui réclame, depuis ce que l’on a coutume d’appeler « l’affaire Giroud » (sic), une tolérance zéro en matière de fraude. Or, voici qu’on agite la menace de tricherie pour éviter une mesure qui contribue à apporter un surcroît de crédibilité à nos vins AOC.

Et oui, pour celles et ceux qui l’ignoreraient, jusqu’à présent, on pouvait globaliser… C’est-à-dire, compenser avec un cépage ce qui manquait pour l’autre. Un exemple ? Vous produisiez 800 gr/m2 de Cornalin (au lieu du quota de 1,2 kg autorisé), vous pouviez produire 1,6 kg/m2 d’Humagne rouge… Votre parcelle de 1000 m2 d’Ermitage avait entièrement gelé, vous pouviez produire le double 2,4 kg/m2 sur une parcelle équivalente de Petite arvine… Ce ne sont bien sûr là que des exemples extrêmes, mais tel était bien le principe… peu crédible de notre AOC.

Le nouveau principe – un cépage, un acquit – ne permet plus ce transvasage… et c’est tant mieux. Si certains sont désormais tentés de tricher, C’est qu’ils ont une âme de tricheur et ils fraudaient probablement déjà d’une manière ou d’une autre avec l’ancien système. Plusieurs caves – et non des moindres – ont déjà été punies pour des délits plus ou moins sérieux. Les tricheurs ont toujours existé et existeront toujours. L’argument de certains vignerons ne tient donc pas la route et ne peut susciter qu’une seule réponse: des contrôles accrus de la part des acheteurs de vendanges qui seraient les premiers touchés, et de l’Etat qui doit veiller à l’application des règlements.

4 pensées sur “REVUE DE PRESSE : TRICHERIES EN VUE ?

  • 18 avril 2017 à 7 h 23 min
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    Ils peuvent pas arrêter d’emmerder ces vignerons avec cette paperasse. Déjà qu’ avec la globalisation. il n’était pas possible de compenser une faible récolte avec une plus importante l’année suivante… La nature se règle toute seule. Il y a rarement 2 grosses récoltes consécutives. Avec ce nouveau gag, je pense qu’en plus des tricheries, les prix augmenteront forcément et le vigneron replantera des cépages à gros rendement pour ne pas perdre son revenu, et oui le revenu, car un vigneron indépendant à aussi droit à un revenu. Si les vignerons sont juste là pour entretenir le paysage il faut planter du gazon, il y a moins de boulot et donner un statut de fonctionnaire à ces péouzes.

  • 18 avril 2017 à 7 h 35 min
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    Excellents produits, grands millésimes, grand crû, médailles d’or par ci, médailles d’or par là, etc…AOC, AOP, ÂNE,…

    Les théories des vignerons en cravate sont fabuleuses, on devrait leur donner le prix Pulitzer. Savent-ils seulement ce qu’est une salopette et des tricounis ?

    Des contrôles pour les vignerons, encore des contrôles. A quand des contrôles stricts pour les marchands ?

    Les acheteurs de vendanges veulent un tri strict, pas de tricheries ?

    Que l’on commence à payer le prix de la vendange déjà de manière décente pour que le vigneron puisse vivre, après on parlera médailles, grand crû et grand millésime. Il n’y a quasiment plus rien à redire sur la qualité de la vendange, alors qu’on la paie au juste prix. Après on discute…

    • 18 avril 2017 à 13 h 11 min
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      Tout a fait d’accord avec votre commentaire. Qu’on arrête de prendre les vignerons pour des retraités à moitié bénévoles ! Comment détourner les problèmes liés aux caves riches comme Crésus vers les pauvres vignerons, basta !

  • 18 avril 2017 à 15 h 45 min
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    Il y a 30 ans environ il a été décidé de supprimer le droit de ouillage, bonne idée a dit mon père encaveur. Nous allons planter du diolinoir … 3 ans plus tard, contant de sa première récolte il apprend que le droit de ouillage est rétabli… 2 3 illuminés l’ont décidés.

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