M. Sánchez Melgar, nouveau Procureur Général espagnol - L'1dex

M. Sánchez Melgar, nouveau Procureur Général espagnol

Liminaire : L’1Dex publie aujourd’hui en exclusivité le premier texte de Gabriel Laflèche, un pseudonyme, mais un auteur connu de la rédaction, qui est notamment parfaitement informé de la situation catalane. Nul doute que nos lecteurs catalans, souvent très nombreux, liront ce texte, de libre accès à tous. Un document qui dit la fragilité de certaines démocraties en Europe. Madrid, c’est un peu l’anti-démocratie. Comment donc la France, même jacobine, peut-elle soutenir un tel régime ? Comment donc la Suisse peut-elle encore se taire ? Comment donc l’Europe ose-t-elle se réclamer de la démocratie en soutenant avec tant de lâcheté l’Espagne de Mariano Rajoy ?

 

(PAR GABRIEL LAFLECHE)

 

« Le Roi est mort, vive le Roi ! » Voilà ce qu’aurait pu dire Rafael Catalá, Ministre Espagnol de la Justice après le décès d’une probable maladie auto-immune de José Manuel Maza en Argentine. Mais il n’a pas osé invoquer le principe de dynastie héréditaire. Il a préféré la jouer fine en citant, devant le Congrès des Députés, l’application des règles prévalant dans un état de droit. Ces règles qui de fait sont un « sacre anticipé » du futur procureur général. Ces règles qui ne nécessiteront plus qu’un « acclamation des grands ».

On pourrait croire qu’il s’agit d’une farce si les personnes impliquées n’étaient pas aussi influentes et les conséquences moins funestes. Mais non, cette intrigue digne de la cour du roi Bobèche se déroule en Espagne.

Acte premier : Décès.

José Manuel Maza décède subitement en argentine de ce que les communiqués de presse appellent une « infection des reins ». A lire et relire ces mêmes communiqués, il s’agirait plutôt d’une infection auto-immune bien connue qui, en phase terminale, s’attaque aux reins. Elle est malheureusement connue, subite et frappe à mort en trois jours sans discernement les riches les pauvres les puissants et les faibles. Il n’en a pas fallu davantage pour que l’ancien procureur général espagnol, Ramiro Grau, surfant sur l’ignorance, accuse les juifs argentins et israéliens d’avoir assassiné Maza. Complot ?

Acte deux : procédure transparente et indépendante.

Les candidats sont choisis de manière neutre et objective par le Ministère de la Justice et le gouvernement (M. Catalá, M.Marchena et M.Rajoy entre autres) sur deux critères simples : ils doivent avoir plus de 15 ans d’expérience dans l’exercice du droit et jouir d’une notoriété reconnue. Dans le cas présent, seul M.Melgar a été retenu. Les candidats (un seul) sont ensuite proposés au Conseil Général du Pouvoir Judiciaire. Le CGPJ est composé de 21 membres : le Président, qui est aussi le président du Tribunal Suprême, et 20 autres membre élus par les chambres et nommés par le Roi. Le CGPJ avalise donc les candidatures (toujours une seule) pour qu’elles soient soumises aux Congrès des Députés. Le Congrès des Députés doit alors élire le futur Procureur Général. L’élu est ensuite nommé par le Roi.

Ainsi, si vous avez été choisi par le gouvernement comme seul candidat, vous êtes sûr d’être Procureur Général, car le CGPJ, composé d’élus du même camp que le gouvernement ne vont pas vous désapprouver et Le Congrès des Députés, comme vous êtes seul candidat et qu’il est composé majoritairement par des députés du même camp que le gouvernement, ne va ni voter pour un autre candidat, ni s’abstenir. Les dés sont jetés !

Acte trois : Qui est M.Malgar

M.Malgar est, à en lire la presse Espagnole, un exemple d’intégrité et de droiture. D’ailleurs il ne fait partie d’aucune association de magistrats ! Depuis plus de 15 ans qu’il vogue dans le marasme de la justice espagnole contre vents et marées en tant que membre du Tribunal Suprême. Il est annoncé comme le Lucky Luke de la justice.

Tellement droit, que ses anciens confrères du Tribunal Suprême et maintenant membres du CGPJ ne vont pas le « déjuger ».

Tellement juste, que Cour Européenne des Droits de l’Homme a débouté ses décisions en 2013 dans l’application de la doctrine Parot qui tendait à durcir les peines des délits graves liés aux indépendantistes basques. Les catalans n’ont qu’à bien se tenir !

Tellement raide, qu’il est arrivé au faîte de la magistrature de juge grâce à l’appui de M.Angel Acebes ancien coordinateur Général du Parti Populaire et Ministre de la Justice et aujourd’hui inculpé pour corruption et escroquerie dans l’affaire Bankia.

Tellement intègre, qu’il a été et sera toujours un l’ami et compère de promotion du Ministre de l’Intérieur Juan Ignacio Zoido. Influences ?

Ainsi, M. Sánchez Melgar, dont on vente le mérite d’avoir signé l’acte d’accusation disparu de l’affaire Gürtel est le candidat idéal pour devenir pour le compte de l’Etat Espagnol, le digne représentant de la partie civile, le parfait défenseur du droit face aux abus.

 

Rideau

 

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