ON VOUS DIT TOUT SUR L’ANTISÉMITISME GENEVOIS

9 octobre 2026
LIMINAIRE DE L’1DEX :Selon que vous serez fan du Hamas ou supporter de Bibi, on nommera cette séquence neutralité active helvétique ou entrisme islamique dans la Cité de Calvin. À L’1Dex, qui n’affectionne ni Jordan Bardella ni Mathilde Panot, on simplifie la séquence par ce syntagme, « C’EST LA HONTE ABSOLUE ». Tell me everything Sylvie Cachin, êtes-vous cousine de Soral ou de Chatillon ?

J’aimerais bien connaître l’opinion de Regelegorilla et de Yasmina, deux amoureux du cinéma, sur cette remarquable séquence helvétique.

Un film israélien qui raconte une histoire de famille, d’identité et de secrets dans le Tel-Aviv des années 1980 ne sera finalement pas projeté au festival Everybody’s Perfect, à Genève. Les organisateurs ont annulé les deux séances prévues de Tell Me Everything, réalisé par Moshe Rosenthal, après avoir subi des pressions de plusieurs organisations pro-palestiniennes.

Le festival, consacré au cinéma queer, avait notamment reçu un courrier du festival palestinien genevois Palestine, Filmer C’est Exister, qui menaçait de le boycotter. La branche locale du mouvement BDS et un collectif étudiant de l’Université de Genève avaient également demandé le retrait du film.

Avant de prendre leur décision, les organisateurs ont demandé au réalisateur de préciser sa position sur le gouvernement israélien et la guerre à Gaza. Moshe Rosenthal et la société Green Productions ont répondu qu’ils ne représentaient pas le gouvernement et ne produisaient pas de films destinés à défendre sa politique. Cette réponse n’a pas suffi.

La direction du festival reconnaît pourtant que le film n’a aucun rapport avec le conflit actuel. Sa directrice artistique, Sylvie Cachin, a expliqué que l’annulation visait à éviter une polémique à quelques jours de l’ouverture de l’événement. Dans un message adressé aux producteurs, les organisateurs ont présenté leurs excuses pour avoir cédé aux pressions.

Les producteurs israéliens contestent cette décision. « Un film ne représente pas un gouvernement et les cinéastes ne doivent pas être tenus responsables de sa politique ». Ils s’interrogent également sur le traitement réservé aux artistes israéliens : demanderait-on aux réalisateurs iraniens ou américains de se prononcer sur leur gouvernement avant d’accepter leurs films ?

Grand lauréat des derniers prix Ophir et sélectionné pour représenter Israël dans la catégorie du meilleur film international aux Oscars, Tell Me Everything suit un garçon de douze ans qui découvre un secret concernant son père, dans les années 1980, alors que l’épidémie de sida suscite peur et incompréhension.

 

Ce n’est pas la première fois qu’un cinéaste israélien se retrouve écarté d’un festival européen. En juin dernier, le FIDMarseille avait renoncé à la participation du réalisateur Nadav Lapid à son jury, bien que celui-ci vive en France et critique ouvertement la politique du gouvernement israélien.

 

À Genève, le film n’a donc pas été écarté pour ce qu’il raconte, mais en raison de la nationalité de ceux qui l’ont réalisé.

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