
Un ami de L’1Dex nous transmet l’article du Temps consacré aux fuites du dossier du Constellation et aux poursuites visant des avocats et des journalistes. « Certains avocats doivent jouer un drôle de jeu », écrit-il.
Peut-être. Mais gardons-nous de laisser les seconds rôles occuper toute la scène.
À nos yeux, une double diversion se dessine. D’abord, on déplace le regard des causes du drame et des responsabilités vers la circulation des pièces. Ensuite, on absorbe l’attention dans les querelles entre avocats, les poursuites contre les journalistes et les conséquences possibles de cette agitation sur les peines. Pendant ce temps, la question essentielle pour les victimes demeure : quelle réparation financière, et à la charge de qui ?
Combien pour les soins futurs, les handicaps, les pertes de revenus, les vies professionnelles brisées, les proches endeuillés ? Quels débiteurs devront répondre de ces dommages ? Exploitants, propriétaires, collectivités publiques, assureurs : il faut examiner chaque responsabilité, chaque couverture, chaque limite de garantie. Sans désigner prématurément les obligés, mais sans laisser personne disparaître derrière un écran de fumée.
Une peine pénale, même sévère, ne finance ni une vie de soins ni des décennies d’assistance. Les victimes ont besoin d’une réparation à la hauteur de leurs préjudices, de débiteurs solvables et de paiements effectifs. Pas d’une compassion à crédit.
Les fuites peuvent poser de vrais problèmes. Elles ne doivent pas devenir le sujet qui dévore tous les autres. Quant aux avocats, leur boussole devrait être limpide : défendre les intérêts de leurs mandants, jusqu’à la réparation.
Qui doit combien, à qui, et quand ? Voilà le débat décisif. Tout ce qui sert à l’escamoter relève de l’enfumage médiatique.