Je ne sais pas pourquoi mais j’aime Montreux

IMG_0299Alexandre, un voisin de pas loin, m’a appelé de la Tour Eiffel et m’a dit : « donne-moi sans réfléchir deux lieux en Suisse magiques que je pourrais faire découvrir à une personne chère à mon cœur ? » Je n’ai pas trop réfléchi. Le sachant bien argenté, je lui ai suggéré sans y penser Montreux et Saint-Moritz. Je vous l’accorde, j’aurais pu lui proposer le Lötschental, l’abbaye de Rômainmotier ou la bibliothèque de Saint-Gall. Mais je ne vais pas me dédire, j’aime Montreux.

Par les hasards de la vie, je me suis rendu la semaine dernière à l’exposition du peintre russe Aparin à la Villa Murillo à Montreux. Je vous le dis, le lieu est magique, la maison de la fin du XIXème siècle est charmante avec un parc donnant sur le lac. De la gloriette du fond du jardin on y devine le centre ville, au loin Glion et Territet probablement. Assis sur le mur de clôture, au crépuscule, notre regard suivra la traversée d’un bâteau et notre esprit tentera de se fondre dans celui des cygnes esseulés au milieu de l’eau. La longue promenade au bord du Léman m’est toujours douce, comme si ce silence approchait le vrai.

 

Parmi les tableaux de l’exposition permanente, je retiendrai l’un ou l’autre d’Alain Bonnefoit, ce peintre de la nudité féminine dont les traits me deviennent bien connus. Aparin a choisi d’œuvrer sur le Lavaux, ses vignerons et ses murs en pierres sèches. Le peintre paraît être coté en Serbie et ailleurs. Il ne m’émeut pas.

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Après la visite et le raoût de circonstance, j’ai suivi mes guides et me suis retrouvé pour la première fois au restaurant du Montreux Palace. Les chambres, dit-on, y sont magnifiques. Nous avions peu faim. J’ai choisi en souvenir de mon enfance une salade de cervelas au « picotin’. J’ai interrogé le serveur : « c’est la salade que préparait Claude Nobs au chalet », m’a-t-il expliqué.   La soupe du même chalet choisie par mes compagnons aux petits légumes était sublime. Mais je n’ai pas regretté ce moment où les quelques morceaux de cervelas  entourés de trois tomates à la mode ancienne ont été arrosés d’une vinaigrette qui devait avoir pour effet, avec l’aide des photographies environnantes, de replonger les visiteurs dans l’ambiance musicale concoctée par Miles Davies ou Quincy Jones.

 

Alexandre m’a rappelé hier ; « Montreux, tu m’as dit, c’est bien ça ? Tu crois qu’il y a une église où on peut se marier ? Ça serait super. J’ai vu sur internet qu’il y avait un casino. Mon nouveau compagnon s’est fait interdire de jeu en France, on pourrait se marier là-bas, si un prêtre accepte de célébrer une cérémonie, et je lui offrirai une table de black-jack au dessert, t’en pense quoi ? »

 

Certains de nos voisins sont des briseurs d’atmosphère. Peut-être à la dernière minute choisira-t-il d’emmener son ami tatoué au sommet de la Jungfrau, je ne lui ai pas dit qu’il y avait pas loin tout bientôt la Montreux Tatoo Convention.

 

 

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, mention gestion d'entreprise, licencié en droit, avocat, notaire, je suis père de sept enfants et je travaille depuis plus de vingt ans à Sion comme avocat, après avoir été greffier cinq ans au sein du Tribunal cantonal. Je suis un ami de la psychanalyse, des livres, des journaux, du sport et de la justice.