ENCORE « L’ISLAM DE FRANCE » !

imans010_converted(PAR ROBERT CHAUDENSON)

 

« On nous ment ! » comme chantaient naguère les uns ; « On ne vous dit pas tout ! » comme soliloque l’une de nos plus connues humoristes ! La vérité finit toutefois toujours par éclater ! Notre Premier Ministre vient ainsi de découvrir enfin qu’il y a des Musulmans en France (cinq millions grosso modo !) ce qui lui avait jusqu’à présent échappé, tout maire d’Évry et tout Ministre de l’intérieur qu’il ait été dans le passé. Manuel Valls en effet vient de constater que « l’Islam a trouvé sa place dans la République face à la montée du djihadisme ».

Conclusion immédiate car il n’est pas homme à tergiverser : il y a, « urgence » à « bâtir un véritable pacte » avec la deuxième religion de France, à travers une « Fondation pour l’islam de France », déclare-t-il le 31 juillet dans Le Journal du dimanche. « L’islam a trouvé sa place dans la République», formule dont la répétition même dans tous ses propos témoigne de la pertinence évidente. Il fait par là appel à « un devoir de lucidité face à la montée de l’islamisme et du djihadisme mondialisé avec sa vision apocalyptique », qui prend « en otages de nombreux Musulmans de France ».

 

Il nous faut certes en effet être lucide devant cette situation, surtout à la suite des attentats récents qui risquent fort de faire succéder à un antisémitisme latent un anti-islamisme avéré et militant auquel les événements actuels fournissent les fondements objectifs qui pourraient encore lui manquer. Il serait toutefois bon et même indispensable de ne pas entendre, en la circonstance, la voix de la seule lucidité que prône si fort notre Premier Ministre ; il faudrait aussi, en rompant avec une amnésie quasi générale, se souvenir de ce qui s’est passé dans notre beau pays dans ce domaine depuis près d’un demi-siècle et plus précisément depuis 1975-6 , date de la réforme instaurée par le Président de la République Valéry Giscard d’Estaing (élu en 1974) qui marquait un changement social capital par la politique du regroupement familial des travailleurs immigrés (maghrébins en particulier).

 

La plupart des responsables politiques de l’époque (et au premier chef bien évidemment, VGE lui-même !) semblent avoir totalement oublié qu’avant 1975, tous les travailleurs maghrébins immigrés en France y vivaient seuls, qu’ils soient célibataires ou que leurs femmes et leurs enfants se trouvent dans leur pays d’origine (ce qui avait aussi pour conséquence économique la fuite au pays d’une bonne partie de leur masse salariale). On avait même prévu à cette époque pour les loger des bâtiments spéciaux et des institutions adaptées qu’ils étaient seuls fréquenter.

 

Les aspects économiques et surtout démographiques n’étaient sans doute absents des choix de VGE ; le souci de faire monter le taux de démographie français a conduit à instaurer alors le regroupement familial dont il est facile de faire apparaître dans les statistiques démographiques l’effet rapide et puissant (le département français qui a le taux d’accroissement le plus important est, vous l’aurez deviné, le 93 !). Une telle politique était après tout défendable si on l’avait accompagnée des mesures d’intégration et d’adaptation indispensables.

 

Il n’en a évidemment rien été, au plan scolaire tout particulièrement, alors que ce secteur était évidemment le premier pour ne pas dire le seul à prendre en compte de façon totalement massive et prioritaire.

 

Un seul fait pour illustrer cet aspect ; les CEFISEM, alors créés, (CEFISEM est un acronyme dans lequel les lettres finales E et M sont pour « enfants de migrants » !) se préoccupaient dans la vie scolaire des enfants de migrants, d’évaluations et d’actions dans toutes les disciplines sauf … (et je vous jure que c’est vrai, je les ai suffisamment combattus sur ce point) LE FRANÇAIS. L’enseignement de cette langue aurait dû pourtant être la priorité absolue, même au prix du sacrifice provisoire, une année durant, de tous les autres enseignements puisque l’appropriation de la langue de l’école était la clé unique de la réussite d’une pareille entreprise. Une fois de plus on a appliqué le sacro-saint et inepte principe selon lequel enseigner EN français équivaut à enseigner LE français. J’ai tant écrit sur cette question que je pourrais vous tartiner deux ou trois blogs sur le sujet, ce qui me paraît inutile tant les faits sont évidents (sauf pour les « experts » et les hiérarques de la Rue de Grenelle bien entendu !).

 

Le second point (l’usage de « second » doit écarter de votre esprit la menace d’un troisième point) tient à la question de la religion. Nos responsables politiques de l’époque (toujours aussi informés, avisés et clairvoyants !) se sont alors secrètement réjouis de l’aide que nous offraient des Etats musulmans (en particulier les émirats et royaumes arabes) qui nous ont généreusement proposé, sans contrepartie et pour la plus grande gloire de l’Islam, de prendre en charge l’envoi et la rémunération d’imams de leurs pays (et même, puisque le sujet est sur le tapis (de prières ?) par M. Valls, la construction de mosquées !). Ces imbéciles idolâtres nous offraient le beurre et l’argent du beurre (sans y ajouter toutefois bien entendu la crémière !). Nous ne pouvions que nous réjouir, en douce bien entendu, de leur naïveté et de leur sottise puisque nous préférions évidemment voir les jeunes, immigrés ou issus de l’immigration, (musulmans ou devenus musulmans) aller prier à la mosquée plutôt que de faire le commerce du shit et de brûler nos voitures ! Vous connaissez la suite et je vous l’épargne donc !

 

Il n’est sans doute pas mauvais, comme notre Premier Ministre entend le faire, de créer sur l’Islam de France une nouvelle « Agence » (Une de plus direz-vous, mais nous n’en avons même pas 500, même en comptant celle, à peine éclose, « de la langue française en lutte contre l’illettrisme » si heureusement confiée dès janvier 2017 à l’ex Secrétaire Général de la CGT au chômage qui, chacun le sait, a la passion et la spécialité de l’illettrisme) ; il serait toutefois sans doute bien plus utile et efficace de se remémorer toutes les erreurs commises depuis 1975-1976 pour essayer (mais sans doute en vain) de ne pas les reproduire.