JUSTICE VALAISANNE. BLACK JACK A LAS VEGAS

La justice valaisanne est un casino. Un lieu où pourraient se royaumer les bookmakers londoniens. Un espace de tombola. Une table à black jack où il serait même impossible de compter. Un champ de courses pour labradors fatigués. Vincennes avec des obstacles invisibles. Divonne avec une roulette trafiquée. 

Si quelques-uns doutaient encore de la pertinence du fait que le Palais de justice de l’Avenue Mathieu-Schiner est le miroir sociétal d’une loterie fantôme, l’acquittement de l’accusé à la hache aura permis de lever tous les doutes. Et plus encore. 

 

Bref résumé. Une dame de 78 ans est agressée à la hache par un quidam qu’elle reconnaît derrière une vitre sans tain entre quatre ou cinq personnes (statistiques de réussite aléatoire = 25 % ou 20 %) et qu’elle reconnaît encore parmi 36 photographies proposées  (l’histoire ne dit pas si, dans l’esprit de la presque octogénaire, la reconnaissance portait sur la personne reconnue derrière la vitre sans tain ou sur le forestier humain). Pour corser la situation, il faut savoir, c’est ce que j’ai compris, que l’enquête avait révélé que le prévenu avait averti son médecin de son désir de hacher un être humain. 

Le dossier a convaincu un procureur et trois magistrats de districts de condamner l’homme en préventive à 7 ans d’emprisonnement pour 13 coups de hache. L’intime conviction de ce beau monde était absolue : il n’y avait pas de place pour le doute. Ouf, l’État du Valais ne devra pas indemniser le criminel !

Puis, patatras : les juges du Tribunal cantonal se mettent à douter et acquièrent la certitude que la présomption d’innocence est à respecter. Leur doute doit profiter à l’accusé. On sourit – tristement – à tous ces dossiers dans lesquels le doute a été exclu par une construction de faits proche de la magie africaine et qui avait cette vertu de ne pas ridiculiser toute l’institution (dans le dossier Ignace Rey, la preuve absolue de l’innocence a été écartée du raisonnement : pour comprendre cette vérité, encore faut-il vouloir lire le dossier avec le doute chevillé au corps et non pas à travers le mouvement d’une pupille droite trop mobile).

Le lecteur doit ici comprendre que même le greffier le plus mauvais de la planète judiciaire eût pu transformer ce doute en une intime conviction absolue, en se référant à la parole de la victime, à la reconnaissance de l’auteur par la lésée à deux reprises, complétée par la parole subséquente du médecin sur le désir du déséquilibré de hacher menu son prochain. 

Le jugement final, rédigé par le plus brillant des greffiers de l’Ouest de la Vallée du Trient, appuyera sur le doute théorique qui saisit celui qui n’était pas là au moment des faits. Et voilà le condamné transformé alchimiquement en innocent. 

Cerise sur le gâteau pour l’amateur psychique de coups de hache (à distinguer de l’amoureux réel de paix et d’harmonie), l’État du Valais lui versera 120’000 francs pour le seul tort moral. 

On devrait faire un effort supplémentaire : n’y a-t-il pas lieu d’enfermer cette vieille dame qui n’accepte pas de recevoir des coups de hache et qui désigne le mauvais criminel ? Non mais, vite une expertise neurologique pour déterminer le déraillement des neurones de la dame !

Lorsque j’ai lu le journal en première instance, j’avais eu cette terrible réflexion devant une dame : « aux Etats-Unis, l’accusé aurait été immanquablement acquitté au bénéfice du doute ! ». Il m’a été répondu : « quelle horreur ! heureusement qu’en Valais, la justice fonctionne bien. » La pauvre, que doit-elle penser aujourd’hui ?

La morale de l’histoire ? Seuls les joueurs devraient avoir accès au Palais de justice.

Peut-être est-ce pour cela que l’accès à la justice valaisanne est si cher ?

Bonjour à tous les croupiers judiciaires ?

Post Scriptum : c’est pas beau le respect de la présomption d’innocence ? mais à tous les amateurs de cette beauté procédurale, je dis ceci : que pensez-vous de ce procureur qui, sur le vu d’un mouvement de pupille d’un prévenu, s’est levé sur son pupitre et a hurlé (oui, oui, hurlé !!!!) : « Monsieur Rey, vous êtes un menteur, un  menteur, un menteur ! ». Oui, je vous le dis, c’est beau la présomption d’innocence !

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, mention gestion d'entreprise, licencié en droit, avocat, notaire, je suis père de sept enfants et je travaille depuis plus de vingt ans à Sion comme avocat, après avoir été greffier cinq ans au sein du Tribunal cantonal. Je suis un ami de la psychanalyse, des livres, des journaux, du sport et de la justice.

22 pensées sur “JUSTICE VALAISANNE. BLACK JACK A LAS VEGAS

  • 2 février 2017 à 8 h 30 min
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    Les interêts des interêts parmis l addiction du miroire politique ou non . Il faut faire installer une confesse ambassade
    dans un coin de mur en trompe l oeil ! A la rue des vierges à pommiers , Jardin D Eden ! Tu ne mangeras pas la pomme !
    Et le fruit defendu . Sinon tu te verras nue vêtue et tu ressentiras la honte . Voici pourquoi Eve sors le matin d ici . Et Adam
    ce promène en plume d Autriche ! D un partenariat avec le Diable . Vive la république ! Aprés cette nudité l intelligence est
    t elle la pomme ?

  • 2 février 2017 à 8 h 48 min
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    Après le casino, le delirium tremens !!!

  • 2 février 2017 à 9 h 55 min
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    Et qui va payer ces 120000 francs pour tort moral ? Le couillon de contribuable.
    Ne devrait-on pas faire passer à la caisse (partiellement ou totalement) celles et ceux qui l’ont faussement condamné la première fois ?

    • 6 février 2017 à 9 h 54 min
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      evideament le contribuable,mais celui qui vas l’encaisser ce n’est pas la malfrat qui a quitté la suisse ca sera son avocat sans aucun doute,c’est la justice des copains

  • 2 février 2017 à 12 h 52 min
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    De toutes façons, plus encore que les 3 autres pouvoirs (qui eux pourraient éventuellement se prévaloir d’une certaine utilité quant à amener de l’harmonie dans la Cité… …s’ils n’étaient pas complètement pourris corrompus… et débiles…), la Justice est, elle, une authentique nuisance. (pour cette Cité, son harmonie…).

    Et la solution ? L’anti Système.

    oui c’est un peu court mais je peux pas écrire non plus un bouquin ici = alors je ne mets que le titre.

  • 2 février 2017 à 12 h 54 min
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    Ce n’est pas simplement en valais que les pratiques les plus dégueulasses des tribunaux se repetent souvent aux mépris de nos citoyens qui voient le crime passé sans réagir.le tribunal de police du canton de vaud suivi par les autres instances judiciaire mafieux ont aquittés 2 architectes pour laisions corporelle grave par négligence et violation des regles de l’art de construire par négligence sur un dossier deja prescrit,en disant le doute profite a l’accusé , surtout la ou le doute n’existe pas. ce doute a eté fabriqué par le juge et le procureur car l’etat prefaire indemniser les accusés et laisser le crime passé,le blessé n’a qu’a mourir debout s’il le faut,et n’aura auqu’un droit a etre indemniser pour un accident ou il est pas responsable.ce pays franchement et logiquement consideré comme un etat de non droit.les politiques le savent et ferment les yeux puisque le justiciable est un rien dans cette societé,c’est vrai il est tombé mais son accident est banal,la preuve que l’A.I.a rejeté sa demande.

  • 2 février 2017 à 13 h 14 min
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    Dans un dossier penal.il y’a un juge un grffier un procureur,un accusé un justiciale des expertises des temoins ect….ect,,,
    le tribunal siege pour juger pour trouver un arrangement soit a l’amiable soit un jugement tout en respectant les lois.
    Comment un juge trouve la solution pour l’accusé et oublie le justiciable.Donc le jugement est erronné,faut et inacceptable

  • 2 février 2017 à 15 h 33 min
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    Ce qui est le plus singulier c’est que le Juge Emonet a fait libérer le prévenu au bénéfice de plusieurs nationalités avant qu les parties aient reçu le jugement… vous me suivez?
    Donc le prévenu quitte la Suisse pour la France et oups si le TF admet le recours du Ministère public ou de l’avocat de la partie civile, on ne peut plus l’extrader…
    Une affaire Légeret guette la justice valaisanne.

    Dans Légeret, il y a léger non?

    • 2 février 2017 à 17 h 03 min
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      c’est plutôt ultra-conformiste que singulier……………. du moins par rapport à l’état dans lequel se retrouve notre Etat…….. et quand cela devient la norme appliquée……………vous me suivez aussi ?

    • 2 février 2017 à 17 h 22 min
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      Etait-il possible de maintenir le prévenu en prison alors que le tribunal l’a acquitté ?

      • 2 février 2017 à 18 h 29 min
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        Non.

        • 2 février 2017 à 20 h 01 min
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          Faux.

          • 2 février 2017 à 20 h 25 min
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            Pragmatiquement vrai.

            Je ne connais aucun cas en Valais dans lequel un accusé lourdement condamné en première instance, en détention pendant le procès en appel, acquitté par la dernière instance cantonale, a été maintenu en cellule jusqu’à droit connu sur le sort d’une éventuelle procédure de recours devant le TF.

            Et y en a-t-il un nombre significatif dans d’autres cantons ? J’en doute.

            Mais je peux admettre que la théorie vous donne raison.

            Ce qui me fait penser à devoir encore rédiger un article sur la question du respect du principe de la légalité en droit pénal (en lien avec votre position – correcte – sur le viol).

            Hélas, d’autres tâches m’attendent. Mais je ne vous publie pas.

            Bonne soirée.

        • 9 février 2017 à 13 h 50 min
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          A maitre Stephanne Riand.
          En droit penal,quel est le delai exact de la prescription d’un dossier.4.5.6,ou 7ans,ou plus.
          Merci de repondre

          • 9 février 2017 à 15 h 27 min
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            Cela dépend de l’infraction !!

  • 2 février 2017 à 16 h 11 min
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    Ben si c’est pas ce français qui a fait le coup, c’est qui ???? Il faut continuer à chercher le coupable!
    Et s’il décidait d’assouvir son fantasme confessé à son médecin? Que penserait le tribunal?

  • 2 février 2017 à 17 h 20 min
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    La justice c’est comme Dieu, faut y croire mais personne ne l’a jamais vue.

  • 2 février 2017 à 18 h 42 min
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    Et moi vous m avez vue , rire . Comment savoire sans dècortiquer les enquètes ?

  • 2 février 2017 à 21 h 15 min
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    Les prisons sont remplies de gens innocents. Ils y sont tous victimes d erreurs judiciaires. Le coupable c était sans doute le père Noël.

  • 3 février 2017 à 12 h 17 min
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    Les erreurs judiciaires sont souvent commis par les juges,et ce n’est pas simplement lourd,sur le registre judiciaire c’est aussi tres lourd sur l’etique et la morale.le citoyen reste perplexe,fauché dans sa dignité par des hommes non responsables

  • 4 février 2017 à 19 h 39 min
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    Les juges et les procureurs tous diploés de la faculté de droit.
    les profs n’enseignent plus le droit,c’est le non droit

  • 5 février 2017 à 15 h 12 min
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    Il est urgent de créer un organe indépendant capable de vérifier le sérieux des décisions de justice en appliquant un audit de qualité comme les audits réalisés dans l’industrie. Ce que demande cette pétition.

    Voilà le lien de la pétition réclamant un contrôle du travail de la justice:

    https://www.change.org/p/le-grand-conseil-des-cantons-suisses-et-mme-s-sommaruga-controle-du-travail-de-la-justice-en-suisse

    Merci d’avance pour votre signature.

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