POLICE. TRISTE BOULETTE, A SION, LE JOUR DE NOËL - L'1dex

POLICE. TRISTE BOULETTE, A SION, LE JOUR DE NOËL

Sion, place de la Planta. Le 24 décembre. Le jour de Noël. Les trois compères, le Rasta, l’Indien et le Grand Blanc, un peu éméchés par le vin chaud, décident de prendre l’ascenseur, d’appuyer sur le – 4 et de rejoindre, au dernier sous-sol, leur petite cachette. Le parking est vide. Une ou deux voitures. Les gens sont chez eux, qui à préparer le sapin, qui à fourrager la dinde, qui à jouer aux cartes avec ses enfants, qui à « galipailler » son amour. La fête doit être belle. Mais le Rasta, l’Indien et le Grand Blanc préfèrent être entre eux, oublier ensemble leur tristesse et vagabonder dans les sous-sols sédunois. Avant de pénétrer dans l’ascenseur, l’Indien dit au Grand Blanc : « s’il te plaît, passe-moi ta boulette, je la fumerai chez moi ce soir ». Son pote lui refile son plaisir prochain. Les trois amis se calfeutrent derrière un mur en béton pour fumer une petite tête de weed. De petites tirées de cannabis qui leur feront du bien, là au sous-sol, bien loin de la vie du dessus et du jour de Noël.

Mais, sans crier gare, voilà un policier et sa camarade de service qui s’approchent. L’Indien, au regard plus vif, décide de s’emparer des herbes de cannabis et de les jeter au loin. Personne ne s’apercevra de sa manoeuvre. Le pauvre, il a oublié de se débarrasser de la boulette. Contrôle d’identité. Le Grand Blanc qui se dit qu’il aurait dû éviter le Rasta et l’Indien, dont les mines d’anarchistes ne plaisent déjà pas dans la rue. Les cartes d’identité sont présentées. Et la fouille corporelle commence. Rien chez le Rasta. Rien chez le Grand Blanc. Et, la boulette chez l’Indien.

« S’il vous plaît, Monsieur l’Agent, Madame l’Agente, c’est Noël, oublions cette boulette, éviter de m’amender ». Que nenni ! Tu choisis, petit Indien, tu veux la dénonciation ou tu acceptes l’amende ? Ces deux potes partis, l’Indien décide de jouer encore les fiers à bras. « Je n’accepte pas l’amende ». « Alors, dit la gentille « fliquette », suis-nous au poste pour la dénonciation. Ascenseur et quelques pas dans la rue. « OK, Monsieur l’Agent, j’accepte l’amende ». Surtout ne pas être une fois encore dénoncé. Amende distribuée.

Que fit alors l’Indien ? Direction l’ascenseur. Au – 4. Au dernier sous-sol. A quatre pattes, ou presque, pour retrouver la petite tête de weed. « Oh, super, voici mon trésor ». Joyeux Noël ! Ascenseur, bouton de la sortie, le 0. Et hop, en direction du kiosque, tenu par une si gentille dame. La porte s’ouvre. Et qui voit-il, le petit Indien ? « Devinez, me dit-il ? ». Je donne ma langue au chat. « Ben, le flic et la fliquette ! ». Fouille. Tête de weed. Nouvelle amende ? « Non, parce que j’ai dit qu’elle ne m’appartenait pas, ou quelque chose comme ça. » Confiscation du cadeau de Noël de l’Indien.

Un 24 décembre ordinaire. Un Rasta, un Indien, un Grand Blanc. Une boulette. Du haschisch. Une tête de weed. Du cannabis. Une fête entre trois potes dans le sous-sol d’un parking.

Au même moment, à Verbier, près du parking des Marais-Verts, des promoteurs escrocs, connus de la police et du procureur général, apprécient le champagne Moël & Chandon, un Davidoff et un foie gras de canard entier des Landes mi-cuit au jurançon moelleux.

Cherchez la boulette, la vérité surgira.

Bonjour à tous les marins d’eau douce !

 

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Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, mention gestion d'entreprise, licencié en droit, avocat, notaire, je suis père de sept enfants et je travaille depuis plus de vingt ans à Sion comme avocat, après avoir été greffier cinq ans au sein du Tribunal cantonal. Je suis un ami de la psychanalyse, des livres, des journaux, du sport et de la justice.

2 pensées sur “POLICE. TRISTE BOULETTE, A SION, LE JOUR DE NOËL

  • 10 janvier 2018 à 20 h 19 min
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    De nos jours, on risque moins de se faire virer pour avoir amendé pour des boulettes, qu’avoir amendé des escrocs de plus grande envergure, mais qui ont un meilleur réseau … non ?

    Répondre
  • 11 janvier 2018 à 16 h 27 min
    Permalink

    je ne crois pas que l’on puisse faire de rapprochement alors qu’il y a deux vitesse,
    les petites gens ammendés par les petites gens. LES GRANDS…………

    Répondre

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