Les beaux parleurs que sont les deux Valaisans Gabriel Bender et Slobodan Despot ont été confrontés ce dimanche sur la RTS à Léonore Porchet, excellente sur le sujet du harcèlement. Les deux hommes ont apporté une lumière décalée et sérieuse sur cet objet d’intérêt public.
Le sociologue fulliérain a mis l’accent sur la question de l’égalité homme-femme à l’intérieur de l’entreprise. La quantité d’hommes à des postes à responsabilité au sein d’une entreprise crée un déséquilibre qui provoque un excès de pouvoir sans contre-balancier féminin, ce qui va engendrer des comportements et attitudes non réprouvés par les collègues mâles les entourant. Un nombre plus important de femmes à des postes comparables à ceux des mâles dominants serait ainsi l’une des clefs normatives pour réduire les abus subis par les femmes.
Slobodan Despot a rebondi sur le syntagme des « ressources humaines » en appuyant sur la disparition de l’humain dans certaines entreprises ne cherchant que des ressources permettant de faire tourner la machine; à la chosification de l’homme devenu robot et aliéné au sein de l’entreprise répondrait l’objet femmes faisant disparaître le sujet et la relation humaine.
Les débordements de Darius Rochebin se sont précisément produits au sein d’une ligne hiérarchique exclusivement masculine du TJ 19.30 : Darius Rochebin, l’homme sans statut autre que celui d’une notoriété infinie dans notre petit monde médiatique, était « entouré », chouchouté et admiré par ces mâles dominants indomptables, Bernard Rappaz, Steve Bonvin, Pascal Crittin, Gilles Marchand et … Jean-Michel Cina (toujours présumé innocent dans l’affaire Dominique Giroud, dans laquelle il a fait l’objet d’une dénonciation pénale pour abus d’autorité et gestion déloyale des intérêts publics pour avoir fait preuve d’une extraordinaire magnificence bienveillante envers le plus grand fraudeur fiscal de l’histoire contemporaine valaisanne en lui accordant un facteur de pondération tel dans le processus de fixation de l’amende fiscale que celui-ci finalement rectifié à conduit le tribunal fédéral à le multiplier par 6).
Le cadet des soucis de ces mâles dominants s’entraidant n’était certainement pas de faire des vagues provoquées par des femmes trop sensibles ou sujettes à des crises d’hystérie qui ne méritaient d’autre traitement que celui de la feinte écoute mâtinée d’une dose éclairée de compassion inexistante. Inégalité et chosification seraient ainsi les deux mamelles principales du harcèlement psychologique, sexuel et moral en entreprise.
J’allais clore cet article en regrettant que l’émission des beaux parleurs de ce dernier dimanche n’ait pas fait état de la motion initiée par Oskar Freysinger et signée par 29 parlementaires fédéraux de tous les partis, requérant la pénalisation du harcèlement, lorsque j’ai reçu ce message d’une féministe activiste dans le champ de la prévention en santé publique : « Pourquoi légiférer au niveau pénal plutôt qu’améliorer la « prévention » par une meilleure application des règles en vigueur en matière de protection de la personnalité et santé psychosociale au travail? Pourquoi légiférer au penal quand de toute maniere le système judiciaire donne rarement justice? Les femmes veulent surtout que cela cesse tout de suite quand elles disent « non » ou qu’elles n’aiment pas comment on les traite (mais comme tout le monde). Luttons pour des mesures préventives pour qu’il n’y ait pas besoin de se battre au pénal pour être entendue sur nos limites individuelles. Il faut justement intervenir avant qu’une situation ne déraille au point d’arriver en justice comme l’a précisé le TF en 2012 sur le respect de l’art 6 LTr protection santé psychosociale au travail qui recouvre specifiquement l’harcèlement sexuel… ».
Ma réponse est la suivante : c’est une proposition de « bisounours » qui, non accompagnée par des mesures fortes incluant des sanctions individuelles sévères fixées dans le code pénal, ne sont que de la poudre de perlimpinpin juste bonne à justifier les paroles publiques d’hommes bienveillants qui ne font précisément presque jamais application des normes pénales pouvant aujourd’hui lutter contre les actes graves et répétés de harcèlement sur le lieu de travail au sein de ces entreprises précisément dominées par des mâles qui ont tant d’autres choses plus importantes à traiter que les débordements des cousins, proches ou lointains, de Darius Rochebin et de ses semblables. La paix dans le monde, c’est quand même plus important qu’une main posée sur les couilles de l’idole de Bertrand Monnard (1).
Bonjour à celles des 45 vertueuses qui, les premières, se réveilleront.
(1) Bertrand Monnard a signé le 8 octobre 2020 pour Paris Match l’un des articles les plus dithyrambiques en faveur de Darius Rochebin, assimilable à une sorte de chef-d’œuvre du poème complaisant, navrant et si … « léchant ».
Bon bein j’espère que mon commentaire sera publié car il ne va pas dans le sens agréable de la pensée unique qui ici aussi semble dominer. Probable séquelle de l’air Trumpiste, il semble que les journalistes perdent leur capacité à offrir un panel d’idées contradictoires, soit thèse et anti-thèse suivi d’une synthèse et in fine l’avis du rédacteur qui pourra alors s’autoriser à émerger.
La encore, derrière un verbiage choisi l’intention de faire haro sur le baudet se dévoile en fin d’article, mais dans le fond, c’est tout ce qu’on y trouve.
Je n’ai pas d’intention de défendre l’ami Darius mais l’instruction uniquement à charge de cet article comme celui du Temps insulte l’intelligence dont ils se prévalent.
Voilà les allégations (peut-être justes peut-être fausses, je n’ai pas, moi, la prétention de me faire juge) au sujet de Darius prises pour vérités. Hors les faits relatés par le temps, comme semblent dire ses avocats, ne semblent pas être pénalement répréhensibles. Si la morale réprouve, je n’ai pas lu de notion de contrainte ni que Darius ait insisté d’une manière inadéquate dès lors qu’un refus lui ait été opposé. La drague n’est pas pénalement répréhensible et même si l’histoire des comptes (si elle est avérée) et tout à fait glauque, il va falloir mettre en taule une bonne partie des ados qui sont coutumiers de ce genre de pratique…
Rappelons que lesdites « victimes » n’ont pas porté plainte, ce qui est partiellement défendable, mais leurs collègues et collaborateurs qui s’offusquent parfois près de 15 ans après, n’ont apparemment rien dit non plus. Les amoncellements de « la direction ne pouvait pas l’ignorer » à force d’être répétés tendent d’une part à prouver le supposé crime et d’autre part légitiment les taiseux dans leur silence. Mais commence donc la complicité ?
Encore une fois je suis peu à l’aise d’avoir à jouer l’avocat de Darius, excellent journaliste par ailleurs, et c’est bien pour ces compétences-là qu’il est à apprécier et à juger publiquement, mais la condamnation unilatérale, morale et quelque peu obscurantiste me pousse à en prendre le contre-pied afin de rétablir un semblant de dialectique.
Espérons en tous les cas que cette condamnation journalistique est justifiée car Darius, coupable ou innocent, et bel et bien dores et déjà condamné publiquement, familialement et professionnellement, quoique le verdict de la justice en dise après-coup (et j’imagine volontiers que ces interactions peu morales entre des adultes consentant n’iront nulle part au niveau pénal).
Mais là où cet article bien-pensant perd pied complètement, c’est que voulant surfer à la fois sur la vague de contestations justifiées contre les abus et sur celle de l’inégalité des sexes, il condamne le harcèlement sexuel HOMME DOMINANT -> femme dominée pour expliquer l’ambiance délétère qui a permis au « Monstre » Darius de commettre ses exactions (en oubliant que ce sont des allégations à ce stade), alors que l’essentiel des propos rapportés dans l’article concerneraient des relations entre Darius et des hommes, jeunes mais majeurs (le plus jeune avait atteint l’âge de la majorité sexuel).
Je ne vois pas bien dès lors le rapport entre les hommes dominant et les femmes dominées…
Cela dit le rapport de domination des sexes décrit me paraît tout à fait intéressant. De là à l’appliquer tout azimut pour condamner d’emblée et quelque soit le sexe des protagonistes…
Enfin l’auteur ci-dessus, voulant s’assurer d’une belle fin, propose que nous mettions à mort également un certain Monnard (que je n’ai pas perdu de temps à lire) qui aurait encensé les capacités journalistique de Darius. Evidemment Monsieur Monnard aurait bien dû s’abstenir de dire que Darius était un bon journaliste, car il ne pouvait ignorer le recueil de ouï-dire, que le Temps allait publier 3 semaines plus tard… C’est absurde.
Comme le dit une mère d’ados que je connais. « C’est dure d’avoir des garçons par les temps qui courent. » Homme présumé coupable ! Ce sexisme-là existe aussi. Ce n’est pas parce que l’on né garçon que l’on est condamné à devenir oppresseur et abuseur. On a aussi le droit d’être correct, de draguer d’y obtenir des succès et des rebuffades, qui n’autorisent évidemment nullement les comportements de mâles frustrés lorsqu’ils apparaissent (mais c’est loin d’être une occurrence systématique). Il me semble que l’approche de votre messagère féministe sus-citée est nettement plus productive que les appels à la sanction suprême au risque de détruire auteurs et victimes dans un processus long et peu productif.
Conscient que je déclencherai probablement l’ire de ces gens qui adulent l’aire du temps et la pensée unique, je ne renonce pas à tenter de faire survivre un bout de sens critique, quand l’information ou l’opinion se veut jugement et moral de surcroît.
BRAVO Monsieur, j’aurais tant aimé avoir écrit votre “pensée”.
J’espère que d’autres auront eux aussi le courage et l’honnêteté intellectuelle d’exprimer une pensée à contre courant!
Bravo Bravo…j’ai rėsiliė mon abonnement au Temps…