Patatras. « J’appelle la police ! » (77)

24 mars 2019

(Par la « Bonne Maman » connue de la rédaction)

 

Silencieuse au volant ; je me blinde pour les moments à venir : La bouffée d’amour liée aux retrouvailles de nos petits placés, s’ensuit toujours d’un vide immense.

A peine arrivée au foyer, je lance un coup de phare : les garçons sont dehors ! Le plus grand accourt vers la voiture dans un sourire triomphal ; quant au plus jeune ; l’éducateur le tire par le bras en le traînant à terre. Le moteur du véhicule aura étouffé cris et commentaires ; mais ce que nous avons vu suffit.

 

L’ambiance est à la répression. Je m’arroge le droit d’embrasser mes enfants agglutinés dans une salle d’attente hypersécurisée. Quelques secondes… avant de me faire happer par l’éducatrice.

RDV dans la grande salle habituelle pour me faire sermonner :

Je n’avais pas le droit de faire réfléchir les éducatrices sur l’étroitesse de leur métier : certaines d’entre elles, en effet, gâchent leurs compétences humaines et intellectuelles pour les vendre à un système étatique défaillant qui ne cherche qu’à faire du chiffre et des statistiques. D’autres, en revanche, sont là parce qu’elles peineraient à trouver une place ailleurs et que l’omerta de ce genre d’endroit leur permet de faire (à peu près) tout et n’importe quoi.

L’exemple a été donné en ce qui concerne la violence exercée sur les enfants. Mon fils qui a été tiré de force par l’éducateur a aussi été blessé par une éducatrice.

 

Que ressent-on ? de la colère ! De l’impuissance !

Mais il faut les réprimer… au nom de la bienséance !

Pendant l’entrevue, dans l’impossibilité de remettre les choses dans leur contexte, je me tais.

J’entends que notre heure hebdomadaire sera déplacée et nous fera rentrer tard ; ce qui ne m’arrange guère. Ne nous propose-t-on des points-rencontre ? Mon mari rétorque : pour nous le faire payer, c’est NON !

Au milieu de cela, on nous sermonne ; qu’il faut respecter les règles de l’établissement, bla-bla-bla… Je me lève et je pars. Après tout, je suis là pour voir mes enfants ; pas pour entendre leurs jérémiades.

Je pars, donc. Et là, le directeur me vole dessus : « Si vous rentrez dans les parties communes, j’appelle la police ! ».

A ce moment-là, j’hésite à le défier. « Les bleus ? Appelez-les, qu’ils m’embarquent ! Que je serve de monnaie d’échange à mes enfants et qu’ils SORTENT D’ICIIII !!! »

 

Mais j’ignore tout de la loi et il est trop tard pour que je gêne mon avocat à l’orée du week-end.

Alors… Je me tais.

Mon échappatoire : La porte. Je sors et décompresse en prenant mes enfants dans mes bras. Les minutes perdues avec ces gens-là ne me seront pas restituées avec mes enfants. J’aurais perdu du temps. Trop de temps.

 

On est sortis de là, dégoûtés. Pieds et poings liés par le système.

 

NOUS N’AVONS PAS LE DROIT de remettre en cause leur règlement ; mais eux peuvent se permettre d’éclater nos vies !

 

Et si nous n’avons pas le droit de dépasser de leurs lignes imaginaires ; vous imaginez bien que je n’ai pas le droit de divulguer ce qui se passe dans ces prisons de haute sécurité… Alors, si je suis reconnue et que je suis réprimée par la loi ; vous saurez que nous sommes dans un pays totalitaire et qu’à cet instant-là, je n’aurai peut-être pas le droit au coup de fil à mon avocat !

 

Remarque au passage de mon mari : La répression s’exerce aussi quand on supprime le droit à nos enfants de nous donner une lettre et/ou de saisir le juge.

Ils demandent tous à rentrer à la maison.

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