I
FAKE NEWS
Récemment, le Nouvelliste, avec l’aide de Nathalie Pignard-Cheynel, spécialiste en journalisme numérique, donnait des conseils pour échapper aux « Fake News ». On pouvait lire notamment sur le site du NF ce conseil de la dame, qui répondait à une question :
« Mais que peuvent faire les médias, concrètement?
Ils peuvent déjà rester vigilants et éviter de diffuser dans la précipitation de fausses informations. Quand ils se trompent, ils doivent aussi rectifier et dire qu’ils se sont trompés. Mais surtout, beaucoup de rédactions pratiquent le «fact checking» (la vérification des faits) pour décrypter les nouvelles qui posent problème. D’autres invitent leurs lecteurs à proposer des informations qui seront vérifiées. »
La RTS, dans ses derniers reportages, a véhiculé en Suisse romande deux mots, grotesques comme le sont ceux utilisés par Donald pour transmettre ses dogmes, « groupuscules » et « romantisme ».
II
GROUPUSCULES
Une journaliste de la RTS, reprenant, semble-t-il, une « information » parue dans 24Heures, a osé faire référence, pour décrire le mouvement indépendantiste catalan, à ces « groupuscules » qui seraient, en quelque sorte, la substance alimentant l’indépendantisme en Catalogne.
Après dix ans de luttes pacifiques dans les rues et la présence de millions de personnes chaque 11 septembre (entre 1 million et plus de deux millions), il fallait oser penser à l’échec du mouvement indépendantiste en raison du peu d’intérêts des gens du pays pour l’indépendance et en raison du fait que ces citoyens-là, certainement de seconde zone, et ne représenteraient que quelques groupuscules agités.
Nathalie Pignard-Cheynel promeut l’idée d’un « fact checking » vérifié par les médias. La RTS serait bien inspirée de l’engager pour déterminer ce qu’il eût fallu faire d’un point de vue journalistique pour éviter ce genre de bêtises abyssales, qui n’ont pour effet que de détourner encore plus le citoyen des médias traditionnels.
III
ROMANTISME
Le pire était à venir avec la présence matinale ce 18 octobre 2019 de l’Ambassadrice d’Espagne « confrontée » à un journaliste dépassé par la vérité et qui eût été bien inspiré d’avoir lu quelques articles de L’1Dex pour comprendre ce qui secoue l’agora catalane. Abonné certainement au Reader’s Digest, le journaliste a osé faire référence au « romantisme » des agitateurs catalans. L’Ambassadrice espagnole, qui n’est pas une conne, loin de là, a sauté sur l’occasion pour expliquer à ce brave terrien que ce « romantisme » était guerrier et que la fermeté espagnoliste était la garante de la paix.
Mais à quoi sert-il d’inviter sur les ondes de la RTS l’Ambassadrice d’Espagne si c’est seulement pour lui cirer les chaussures, lui passer le rouge à lèvres et l’inviter à exprimer toute sa fantaisie rhétorique contre la Catalogne.
Eussé-je été mandaté pour interroger cette femme de « haut vol », j’aurais pu lui poser deux questions très simples : a) dès l’instant où, selon les derniers sondages, les Espagnolistes l’emporteraient 48 % contre 44 %, pourquoi ne pas laisser les gens simplement voter et assainir ainsi la situation sans la moindre violence ? b) comment expliquez-vous que la Cour Suprême a confondu dans son jugement le ministre du Travail avec le Ministre de l’Education, condamnant celle-ci à neuf de détention pour avoir ouvert les écoles le 1er octobre, mais se trompant de personne, condamnant la Ministre du Travail (sic !); cet acte manqué proprement extraordinaire ne dit-il pas tout de la mentalité espagnoliste et du désir inconscient de l’Espagnol de briser les âmes de tous les Catalans, fussent-ils totalement innocents ?
IV
LA LIBERTE EN MARCHE
La position, globalement pro espagnoliste de la RTS, fait fi des monstrueuses manifestations, signes évidents d’une colossale démonstration de force civique, pour reprendre la terminologie utilisée par Carles Puigdemont :
« La llibertat en marxa. Colossal demostració de força cívica dels catalans. Aquest és el camí que neguiteja l’Estat i els seus aliats, i per tant el que no hem d’abandonar. Gràcies immenses per les #MarxesPerLaLlibertat i la #VagaGeneral18O. »
Les leaders européens, comme le dit Carles Puigdemont, s’expriment souvent sur le Brexit; les mêmes sont cependant extraordinairement silencieux (« étrangèrement silencieux », « strangely silent » sur le cas de la Catalogne, comme l’écrit The Telegraph.
Comme le dit Toni Comin, conseiller à la santé dans le gouvernement de Carles Puigdemont, « Un estat que converteix els drets bàsics, el dret de manifestació, la llibertat d’expressió.. en un delicte de sedició penat amb anys de presó, és un estat que col·lapsa. No us atureu, seguiu mobilitzant-vos en el marc de l’acció pacífica i no violenta ».
L’Espagne dépérit, convertissant les droits fondamentaux, de manifester, de s’exprimer librement, en un crime de sédition susceptible de peines de prisons outrageantes et honteuses.
Bonjour à tous les manifestants catalans !


L’ambassadrice elle est pas conne mais elle beaucoup bégayer au TJ et aussi à la RTS.
Vos convictions vous aveuglent, où vous ne comprenez pas le jeu des politiciens indépendantistes qui ont volontairement trompé une partie des catalans et les ont entraînés dans une aventure dangereuse, sans avoir même une majorité sociale.
Si vous ne le comprenez pas, c’est grave pour une personne possédant votre CV, si vous le comprenez, c’est encore plus grave, car vous participez à une imposture intellectuelle.
Philippe Foerster
La liberté d’expression, prônée par L’1Dex, autorise la publication d’immenses bêtises.
Ainsi, selon vous, des politiciens ont volontairement trompé le peuple catalan, celui-là même qui, depuis 2010, sans discontinuer, dit à l’Espagne qu’elle veut simplement voter. Pas plus. Pas moins. Alors que les « sondages » disent que les soutiens à l’Espagne seraient plus nombreux que les soutiens à l’indépendantisme, pour quelle raison l’Espagne n’apaise-t-elle pas cette crise en disant simplement, puor une fois, OUI ?
Par conséquent, puisque vous êtes convaincu que l’indépendance de la Catalogne n’emporte pas une majorité sociale, vous ne devriez avoir aucune peine à solliciter démocratiquement l’avis du peuple. Nous saurons alors combien de personnes, selon vous, ont été « trompées » par Carles Puigdemont et les siens.
Chiche ?