LE PRÉSIDENT DU GOUVERNEMENT VALAISAN, ROBERTO SCHMIDT : « LES RÉSEAUX SOCIAUX SONT DEVENUS DES TRIBUNAUX POPULAIRES » (2)
Le chef du département des finances sur Rhône FM
Avant d’expliquer ce peu d’engouement de Roberto Schmidt, notre président, pour les tribunaux populaires, je veux faire observer qu’il est faux en soi de distinguer un tribunal populaire d’un juge institutionnel, car l’institution et le peuple peuvent parfois se réunir en un jury si la constitution le fixe. D’ailleurs, la nouvelle constituante pourrait tout à fait introduire en Valais le principe du jury pour les affaires pénales. Les avocats devraient alors convaincre, de l’innocence ou de la culpabilité d’un homme, non plus un juge professionnel, mais des hommes et des femmes, de simples citoyens, lors d’un procès public.
En Valais, la classe dominante empêchera cette nouveauté, la contestera, dira que même Genève a abandonné la chose, et que la garantie du droit exige la professionnalisation des magistrats, suggérant ainsi que le droit est une science (1) si difficile à acquérir que seuls des professionnels de la chose juridique auraient les qualités nécessaires et suffisantes pour préserver la droiture de la magistrature institutionnelle.
Bullshit.
Si Sir Roberto se pose en garant de l’institution formelle contre ce qu’il nomme les tribunaux populaires, c’est qu’il a une vue très précise des intérêts de sa caste. Ceux-ci seraient bien moins protégés si l’on devait compter sur le hasard d’un tirage au sort dans les affaires sensibles sur les plans politiques ou financiers. Le bon sens populaire est à bannir dès l’instant où les intérêts des dominants sont en jeu. Il suffit de parcourir la rubrique « Justice » de L’1Dex depuis près de neuf ans pour comprendre que de braves citoyens tirés au sort n’auraient pas osé, ne serait-ce que d’envisager, dans maints dossiers, les solutions finalement adoptées par l’institution judiciaire de chez nous. Il a été démontré que, dans des domaines très différents, le droit, procédural ou matériel, et le bon sens pouvaient être bafoués à des hauteurs incommensurables. Jamais, ou presque, des citoyens informés, des pièces ou des témoignages, n’accepteraient de telles compromissions avec la vérité.
Les audiences publiques et les jurys populaires limiteraient grandement certains comportements, des juges ou des avocats, odieux, en séance. Qui pourrait par exemple penser que des tribunaux populaires accepteraient de ne pas considérer comme un abus d’autorité crasse l’acte d’un procureur lisant dans le mouvement de la pupille d’un prévenu ses mensonges, alors même que son interrogatoire sur les faits de la cause n’a pas encore commencé ? Comment même avoir osé traiter de menteur, sans l’entendre, un homme déjà menotté et sans défense que l’on va envoyer en geôle !
Dans certaines affaires hautement sensibles (constructions, environnement, barreau, statistique, transparence, protection de l’enfance,…), l’État du Valais est aujourd’hui si embourbé qu’il préfère exclure tout risque de mise en avant des tribunaux populaires, proposant un conservatisme, qui n’est en fait que le filet de protection de criminels, cravatés, bien-pensants et proprement malhonnêtes. Seuls aujourd’hui des citoyens disséminés et des tribunaux populaires, anarchiquement organisés à travers les réseaux siciaux, sont à même de montrer à certains puissants quel est le chemin à suivre vers le rail d’une élémentaire justice (2).
Et nous allons bientôt comprendre pourquoi il est essentiel que Roberto Schmidt ressente un peu la pression de ces tribunaux populaires que tout son être déjàsd exècre.
Mais, ne savez-vous pas, Monsieur Schmidt, qu’il ne faut point trop craindre la vérité, si difficile à distinguer du mensonge le plus absolu, comme le savent les pervers et les pratiquants du déni absolu.
Bonjour à toutes les femmes qui tentent quotidiennement de pratiquer la justice dans leur foyer, de Châteauroux à Montélimar, de Porrentruy à Loèche-Les-Bains, des terres berbères aux alpages d’Anniviers, et qui savent peut-être mieux où se peu se nicher l’équité que certains « professionnels » dont l’amateurisme sidère (3) (4) (5).
(1) Tout au plus une discipline
(2) C’est bien le qualificatif d’élémentaire qui a été choisi ici
(3) Je songe à cetaines affaires dans le champ de la protection de l’enfance et dans le domaine de la comptabilité des entreprises (un bonjour ici à l’APEA de Hérens et à Marie-Claire).
(4) Je laisserai à chacun le soin de distinguer l’incompétence la plus sidérale avec la malhonnêteté la plus abyssale.
(5) Demain, peut-être, les abonnés de L’1Dex sauront pourquoi Roberto Schmidt ne veut pas de tribunaux populaires
S’ABONNER A L’1DEX, C’EST VOULOIR UN PEU PLUS D’EQUITE DANS LE MONDE DE LA JUSTICE DE CHEZ NOUS