Le nom de Tarifa vient du nom berbère d’un commandant omeyyade de Damas, le général et émir d’Afrique du nord (Ifriqiya) Musa ibn Nusayr al-Lakhmi du VIIIe siècle, du nom de Tarif ibn Chaimoun (Siméon), un juif converti à l’islam, qui sera à l’origine de l’apparition des Banu Tarif qui prendront le nom de Barghawata, dans la région de Tamesna. Al-Bakri parle abondamment de cet épisode dans son livre masalik et mamalik.
La ville est par ailleurs connue comme un haut lieu de la planche à voile et du kite-surf en Europe en raison des vents forts générés par un goulet entre l’Afrique et l’Europe constitué par les montagnes situées de part et d’autre du détroit de Gibraltar (altitudes presque identiques ± 840 m) : les colonnes d’Hercule. Une faille de près de 1000 m constitue la partie la plus profonde du détroit au nord du rocher de Gibraltar. Un projet de tunnel passant un peu plus au nord-ouest trouverait des fonds plus accessibles ± 200 m mais risque de détruire un site romain antique (à Bolonia) situé juste derrière la première montagne d’une chaîne au nom rendu célèbre : « La bétis » par une fameuse équipe de football.
Deux types de vent soufflent sur la ville de Tarifa :
le « levante » (de la Méditerranée), vent fort… régulièrement entre 6 et 8 Beaufort allant parfois jusqu’à 10 (est-nord-est)
le « poniente » (de l’Atlantique), plus faible, en général de 4 à 6 Beaufort (sud-ouest).
L’île des Colombes (Isla de las Palomas), reliée à Tarifa par une digue, marque la séparation entre l’océan Atlantique et la mer Méditerranée. Elle est terrain militaire et ne peut être visitée. Elle constitue le point de départ d’une ligne bien visible depuis les hauteurs formée par la rencontre du très fort courant venant de la Méditerranée (8 nœuds soit 14 km/h) et son contre-courant créant une vague blanche déferlante caractéristique sur des kilomètres vers l’Atlantique.
Pendant la guerre d’indépendance espagnole, en 1811-1812, Tarifa est assiégée à deux reprises par les troupes françaises. En , des troupes hispano-anglaises venue de Cadix débarquent et occupent le petit port ; le général Godinot tente de les en déloger mais la route balayée par les boulets des navires anglais rend la chose impossible et il doit lever le siège. En décembre, le général Ballesteros reculant, le général Leval est envoyé pour prendre la ville ; elle est défendue par 3 000 hommes commandés par le général Francisco Copons y Navia pour les Espagnols et le colonel John Byne Skerret pour les Anglais. Le général Leval fait ouvrir la tranchée le et venir des pièces de siège de Puerto Real. Le , une ouverture est pratiquée dans la muraille mais les Français qui chargeaient se heurtent à des retranchements improvisés dans les rues et doivent se replier. Le , Leval reçoit l’ordre de lever le siège car les Anglais avancent en Estrémadure; le sol étant détrempé par les pluies, il doit abandonner les pièces de siège. Cet épisode vaudra au général Copons le titre de comte de Tarifa(es).