ETAT DU VALAIS, TRIBUNAL CANTONAL. DE L’IRRESPONSABILITE COLLECTIVE

8 décembre 2020

Quatre juges du Tribunal cantonal ont choisi de donner simultanément leur démission pour profiter d’une retraite dorée. Nés avant les années 1960 (1956-1959), Ève-Marie Schmidt, Jacques Berthouzoz, Stéphane Spahr et Jean-Pierre Derivaz partiront, bientôt suivis par Jean-Bernard Fournier, âgé lui de 68 ans, qui semble apprécier sa fonction au-delà de l’âge de la retraite. Cinq magistrats sur 11 (dans l’ancienne composition, soit 45,45 % de l’effectif), qui s’éloignent simultanément et ensemble du Palais de Justice et quittent leur Tour d’Ivoire pour des occupations plus conformes à leurs envies de moines ascètes ou d’épicuriens aguerris, ne fréquentant point ni le bas peuple, ni les auxiliaires de justice trop peu serviles.

Certains observateurs de la vie judiciaire croient y voir un signe de la chienlit qui règne sur les hauteurs dominant le Jardin public, d’autres une marque d’intérêt du calcul actuaire, les plus taquins une volonté de ne pas être soumis d’une quelconque manière à la curiosité du nouveau Conseil de la Magistrature.

Mon analyse personnelle est différente et plus sévère.

Le Tribunal cantonal a des retards si importants, un manque de célérité si dramatique, une absence de diligence si stupéfiante, que cette désertion massive et simultanée est un acte d’irresponsabilité collective d’un degré étonnant. L’intérêt collectif de la Cité passait par l’incorporation étalée des prochains magistrats et non par un renouvellement à la mode coup de sac d’un loto aléatoire. L’intérêt individuel devait laisser le pas à l’intérêt collectif.

Et le Valais va donc aujourd’hui devoir laisser le soin à de nouveaux inconnus de tenter de résorber le gouffre des retards béants laissés par leurs aînés.

Mais tout ça n’est pas bien grave, me direz-vous, puisque les représentants du peuple, les députés, ceux notamment de la Commission de justice du Grand Conseil, se sont désintéressés au plus haut point du fonctionnement réel de notre justice depuis vingt ans, et que les plus irresponsables de la clique des oranges et des dominants parviennent même à imaginer qu’il faut sauver le Procureur général en le promouvant au Tribunal cantonal.

Seigneur Jésus-Christ, ils ne savent pas ce qu’ils font, mais laissons-les faire et élisons dans la joie leurs prochains clones.

Braves gens, continuons ensemble à imaginer qu’il y a toujours des magistrats qui croient encore que l’institution judiciaire est un service public et non un sac de noeud pour servir des intérêts très, mais alors très, très privés.

Bonjour à ceux qui croient encore que la justice peut être une passion et non un réservoir de carriéristes amers, jaloux, paresseux ou négligents.

 

Post Scriptum : sévère, me direz-vous ? Je vous renverrai à ce que dira dans un jugement à venir en fin décembre 2020 la Cour Européenne des Droits de l’Homme sur la qualité de la célérité de la justice pénale valaisanne.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

4 thoughts on “ETAT DU VALAIS, TRIBUNAL CANTONAL. DE L’IRRESPONSABILITE COLLECTIVE”
  1. Le Procureur général au Tribunal cantonal serait décrédibiliser gravement la Justice de ce canton.
    Une préretraite ne lui conviendrait-elle pas mieux ?

  2. Responsabilité …
    Certains d’entre eux ont-ils agi avec une once de responsabilité à en juger par certains jugements !
    Le seraient-ils aujourd’hui …. ?

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