Etat du Valais, FC Sion. Du boycott du Nouvelliste au boycott du procureur général

15 mai 2021

Vincent Fragnière est prudent. Il préfère aujourd’hui exprimer le fond de sa pensée sur le FC Sion que sur la « réélection » du procureur général. Il sait qu’une sorte de fatalisme de l’indifférence plane sur le sort du club cher à notre enfance, alors qu’un bouillonnement peu lisible a saisi le monde judiciaire et politique valaisan. La circonspection est donc de mise pour le sujet le plus brûlant.

Cela posé, il ne peut échapper à quiconque qu’une relégation du FC Sion, même si elle fait revivre un instant dans notre imagination le fantastique Aziz Bouderbala, n’aura aucun effet réellement dramatique dans la Cité. Certains se réjouiront des malheurs passagers de Christian Constantin, d’autres laisseront couler une larme de désespoir momentané, mais l’un dans l’autre la Cité sportive du canton ne s’effondrera pas.

Dans le réel de la vie judiciaire et sociale, le maintien dans sa fonction de procureur général provoquera des dégâts autrement importants : l’ambiance délétère de la Rue des Vergers ne faiblira pas; la confiance policière dans la qualité du ministère public sera tout autant brinquebranlante ce qui n’est jamais un signe de santé pour le fonctionnement de l’ensemble institutionnel; le parlement n’arrivera pas à oublier rapidement ce moment désolant; le sentiment d’impunité clanique croîtra; le copinage ciblé indélicat prospèrera; la méfiance dans les décisions judiciaires pénales s’intensifiera; les révélations surgiront du passé avec une force renouvelée; l’avenir du Conseil de la Magistrature souffrira de ce moment inaugural peu glorieux.

Le choix entre le passage, de longue durée ou non, du FC Sion en Challenge League et l’éventuel effondrement psychique du ministère public cantonal, est vite fait. La priorité est à donner par le quatrième pouvoir, celui de la presse, à la stabilisation affirmée, volontaire et franche, du troisième pouvoir, le judiciaire.

Je crois que les députées et les députés ont compris les enjeux et sauront bientôt remercier leur collègue Jérôme Desmeules d’avoir pris ce rôle peu agréable mais nécessaire de hérault de la démocratie de chez nous.

Et que Vincent Fragnière : quel que soit le nom du prochain et nouveau procureur général, il n’y aura pas de boycott du Nouvelliste, car Christian Constantin ne sera  pas l’élu du Grand Conseil. Le Valais peut s’en réjouir.

 

Référence : Vincent Fragnière, NF du 15 mai 2021

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

2 thoughts on “Etat du Valais, FC Sion. Du boycott du Nouvelliste au boycott du procureur général”
  1. Les millionnaires ruraux d’Octodure sont plus soucieux de leur succès à la place Centrale grâce aux jantes alu de leur bolide et à la qualité de l’abricotine qu’ils consomment.
    Vincent est plus démuni. Servir le prince n’est pas original, du moins en Valais et ailleurs en fait. Les courbettes et sourires des aficionados vous propulsent sans doute au sommet de la reconnaissance clanique et des postes à responsabilité mais ne vous procurent pas de grandes joies intellectuelles et philosophiques. Lécher les bottes est plus terrestre et du registre du caniveau que de des grandes options religieuses et philosophiques. On fait ce qu’on peut. Pas toujours évident d’être un homme sincère, encore moins un grand homme. Finalement d’être un homme. Mais quand vous choisissez et acceptez d’être un homme en vue, faut jouer ce rôle, courageusement, sincèrement.

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