Le procureur fédéral extraordinaire Stefan Keller doit abdiquer – son travail a-t-il eu trop de succès?
Selon des informations fiables, le procureur fédéral extraordinaire Stefan Keller a déclaré mercredi à la commission des affaires judiciaires que la présence d’une cinquième personne à la sinistre réunion secrète du «Schweizerhof» de Berne avait été corroborée par ses enquêtes précédentes. On était en train d’éclaircir l’identité de la personne en question.
Aucun des participants ne peut se souvenir de la réunion de juin 2017, qui est en cause ici.Le président de la FIFA Gianni Infantino et son ami d’enfance Rinaldo Arnold, le premier procureur du Haut-Valais, figurent parmi les participants, de même que le procureur fédéral de l’époque Michael Lauber et le chef de l’information du ministère public de la Confédération André Marty.
Le «cinquième homme»: membre du groupe de travail de la Task Force du ministère public suisse ?
Jusqu’à présent, le ticket de l’addition du «Schweizerhof», qui répertorie cinq collations, a indiqué la présence d’un cinquième participant.Cela a également été conforté par le fait que l’abréviation du nom d’Olivier Thormann, alors responsable de la criminalité en col blanc au ministère public de la Confédération, a été notée dans l’agenda de Lauber.C’est lui qui a ouvert une procédure pénale contre Michel Platini et le prédécesseur d’Infantino Sepp Blatter à l’automne 2015.
Les observateurs soupçonnent que le «cinquième homme» était membre du groupe de travail du ministère public qui a dirigé les procédures de la FIFA.Si tel fut le cas, alors il y eut des accords secrets entre les procureurs et la partie civile, la FIFA. Toutes les procédures pénales relatives à la FIFA seraient compromises.
Thormann, désormais un homme fort de facto au Tribunal pénal fédéral, nie avoir assisté à la réunion.Les procureurs Thormann [recte : Thormann-Vertrauen], Cédric Remund (qui a dirigé la procédure prescrite pour la Coupe du monde 2006) [1] et Joël Pahud sont toujours considérés comme des participants potentiels.Certains observateurs voient des motifs possibles derrière les magouilles du «Schweizerhof» [Schweizerhof»-Kungeleien]: Infantino voulait éliminer des adversaires comme Platini ou Blatter.Lauber, à son tour, cherchait des munitions pour la procédure pénale de la FIFA, qu’il avait annoncée au monde du football.Mais, bien sûr, prévaut toujours la présomption d’innocence.
Le délai de prescription menace
Les enquêtes de Keller progressaient en conséquence, l’étau, apparemment, se resserrait.Donc, d’autres investigations étaient annoncées, dit-on, mais elles vont probablement tomber maintenant à l’eau.Parce que Keller a entre-temps été déclaré partial dans une décision très controversée de la Cour pénale fédérale.Le parlement fédéral doit nommer un nouvel enquêteur spécial.
Et le camp Infantino peut désormais, conformément à la loi, exiger que tous les actes officiels auxquels Keller a participé soient «annulés et répétés».Et la prescription est menaçante.
Que de nombreux experts considèrent que la décision de récusation est manifestement erronée et partiale n’aide pas Keller.
La décision ne peut pas même être attaquée.
[1] Rémi Dupré, dans Le Monde du 23 avril 2020, indique Cédric Remund affirme ne pas avoir été présent lors de cette réunion secrète (cliquer ici).
Référence : la chronologie de l’affaire publiée à L’1Dex le 21 août 2020 (cliquer ici)
Il s’agit d’un très malheureux malentendu. Le procureur extraordinaire aura pensé que sa mission était de travailler dans le sens d’un Etat de droit. En conséquence il a été remercié par ceux considérant évident qu’il s’agit de couvrir les infractions.
C’est fou le peu de mémoire qu’ont ces grands dirigeants.
J’espère qu’ils n’oublient pas de toucher leurs prébendes.
Il s’agit d’un très malheureux malentendu. Le procureur extraordinaire aura pensé que sa mission était de travailler dans le sens d’un Etat de droit. En conséquence il a été remercié par ceux considérant évident qu’il s’agit de couvrir les infractions.