Un chanoine du Grand-Saint-Bernard accusé de viol sur mineure
7 avril 2022
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Le Nouvelliste enquête trente ans après les faits :
« Le Père Aristide [prénom d’emprunt], charismatique chanoine du Grand-Saint-Bernard, bibliste et guide de montagne, très connu et très apprécié dans la région, fait l’objet d’une plainte pénale pour viol sur mineure déposée en mars dernier. Une plainte canonique y est associée.
Les faits reprochés au septuagénaire remontent à plus de trente ans. Ils sont prescrits car l’imprescriptibilité pour ce genre de crime n’est entrée en vigueur dans le droit suisse qu’en 2008 et n’est pas rétroactive. Selon nos informations, la victime, adolescente d’environ 16 ans à l’époque des faits, est désormais une quinquagénaire résidant dans la région mais il ne s’agit pas de la fille du prêtre, lequel jouit toujours à ce stade de la présomption d’innocence. »
Le 8 novembre 2021, le NF publiait ce qui suit en relation avec le fait que ce prêtre était aussi grand-père :
« La nouvelle est tombée lundi matin: un prêtre de la prévôté du Grand-Saint-Bernard est devenu grand-père. C’est ce que disait un communiqué diffusé par le prévôt Jean-Michel Girard, en accord avec l’évêque de Sion.
Ne désirant pas s’exprimer de prime abord, Jean-Michel Girard a finalement répondu à nos questions. Il explique notamment pourquoi il a décidé de communiquer cette nouvelle alors que rien de tel n’avait été entrepris lorsque le chanoine est devenu papa. «Nous avons décidé de communiquer aujourd’hui, car le confrère concerné s’est mis à en parler plus à sa famille et a souhaité que tous les membres de la communauté le sachent. Il en a d’ailleurs parlé ouvertement un jour où nous étions tous réunis. Cela s’est connu plus largement et on m’a conseillé, vu les circonstances, d’anticiper en faisant un communiqué officiel», nous a expliqué Jean-Michel Girard.
Une nouvelle prise avec beaucoup de clémence de la part des autres religieux de la congrégation. «On ne lui a pas jeté la pierre à l’époque et c’est encore le cas aujourd’hui», confirme le prévôt. »
On ne doute pas qu’un journaliste d’investigation interrogera aujourd’hui la Congrégation et l’Evêché pour déterminer le degré de volatilité de la clémence religieuse et la « forme de pardon » à laquelle il a été fait référence s’agissant de l’infidélité évoquée jadis par le prévôt Jean-Michel Girard, alors en plein accord avec l’Evêque de Sion (cf. Le Nouvelliste du 8 novembre 2021, cliquer ici).
L’infidélité au voeu de chasteté accompagnée d’un refus de reconnaissance d’un enfant est-elle de nature « similaire » à un viol d’une mineure pour un homme d’église présumé innocent ?
Bonjour à tous les spécialistes du droit canonique !
Quelle hypocrisie! Pour qui nous prennent-ils ces donneurs de morale?