
A l’occasion des 40 ans du Centre Suisses-Immigrés, Véronique Borgeat-Pignat, Aline Mabillard et Geneviève Levine-Cuennet ont écrit un livre, La traversée en solidaire, en langage non inclusif pour favoriser les personnes en apprentissage du français parcourant l’histoire d’une association née le 20 septembre 1984.
Comme le soutient la présidente actuelle de l’association, Madeline Heiniger, il valait la peine de jeter un coup d’oeil sur le chemin parcouru. Et c’est ainsi que le lecteur accompagne ce faisant presque les missions du CSI, accompagner, Intégrer, S’indigner, Témoigner.
Dans la partie « S’indigner », l’avocat que je suis ne peut qu’approuver chaque mot, ne sachant que trop comment les immigrés reçoivent les dispositifs des décisions qui, le plus souvent, leur donnent des sueurs frodes, même aux plus chanceux. Renvoi et refoulement sont le pain quotidien des membres du CSI. La phrase-clef de la section est celle-ci : « En effet, la non-obtention d’un titre de séjour « transforme » en criminels des personnes se trouvant simplement du mauvais côté d’une ligne, dont on est forcé d’admettre qu’elle est IMAGINAIRE. Du point de vue de l’intentionnalité, de la nuisance à autrui, ces personnes n’ont rien à se reprocher ».
On découvre que l’Accord de Dublin s’accorde plus avec une partie de ping-pong qu’avec une discipline que devrait être le droit.
Et puis, finalement, que penser d’un pays qui reconnaît comme criminels des réfugiés malheureux et angoissés et qui n’entreprend aucune procédure pénale contre les nantis du Crédit Suisse qui, recevant en primes 38 milliards de francs suisses, laissent la banque pérécliter avec des pertes de 33 milliards de francs.
Le mot de la fin est celui du caractère émotionnel de la question des étrangers : « la dignité humaine n’est pas un droit à défendre, la dignité, c’est l’essence même de l’humain quelle que soit son origine, et le CSI est là pour veiller à ce que cette valeur subsiste malgré les crises toujours plus aigües.
M’incrustant dans une tentative de résolution de la question éthique sous-jacente à l’accueil des étrangers, je crois que Alain Badiou, le philosophe, a raison lorsqu’il soutient d’un point de vue général que le choix des immigrés réfugiés à accueillir devrait se faire par tirage au sort.
Et non pas sous le couvert d’une loi que l’on veut faire croire exacte alors qu’il ne s’agit que d’arbitraire et d’imaginaire. Mieux vaut alors faire ouverte du droit ce qu’il est, un casino.
En tous les cas, un grand bravo à toutes celles, les plus nombreuses, et à tous ceux qui, à travers le CSI, contribuent à limiter l’horreur si souvent corrélée à l’immigration.
Eh Georges, qu’en penses-tu ?
Petite explication : Open Society 🙂
Sinon, Charles Gave l’explique très bien.