Liminaire de L’1Dex : Que les jeunes de chez nous lisent notamment Chochana Boukhobza, Les femmes de Auschwitz-Birkenau, Flammarion, 2024, ils comprendront la nécessité pour la justice de chez nous de ne pas craindre la sévérité nécessaire pour lutter contre l’inacceptable. Ce livre fut un coup de cœur de L’1Dex, un livre qui s’attache au vrai et aux destins multiples de ces femmes qui par leur lutte ont montré un chemin de justice que ne doit pas craindre de prendre dans un tout autre registre Madame Gaist, une jeune juge qui dire signer par ce jugement ce qu’à ses yeux doit être la justice en terre valaisanne.

Un procès à Sierre ravive la tension entre mémoire historique, justice et liberté d’expression. Un septuagénaire valaisan, René-Louis Berclaz, figure connue pour ses positions négationnistes, se retrouve une nouvelle fois face à ses juges.
René-Louis Berclaz, 75 ans, n’en est pas à sa première confrontation avec la justice. Son nom est désormais associé à une série de condamnations pour discrimination raciale et incitation à la haine, principalement en raison de ses écrits niant l’existence des chambres à gaz nazies et relayant des théories complotistes sur un prétendu « lobby juif » responsable de la guerre en Ukraine. Ces opinions, publiées dans un périodique qu’il édite lui-même, l’ont déjà mené devant les tribunaux du Valais et de Fribourg. Ce lundi, il comparaissait à nouveau devant le Tribunal de Sierre, qui l’avait déjà condamné en 2018 pour des faits similaires.
Des écrits sous le sceau de l’illégalité
Au cœur de cette nouvelle affaire : une série d’articles diffusés entre mars et mai 2022. Selon l’acte d’accusation, ces textes franchissent la ligne rouge fixée par la loi suisse, niant la Shoah et véhiculant des propos antisémites considérés comme illégaux. Le Ministère public a donc prononcé une ordonnance pénale : 180 jours-amende à 30 francs, sans sursis. Berclaz, bénéficiant de la présomption d’innocence, a fait opposition à cette décision.
Le débat sur la diffusion publique
L’audience a été marquée par la défiance du prévenu envers l’autorité judiciaire, provoquant deux suspensions d’audience. Son avocat a axé sa défense sur la question de la diffusion des propos incriminés : selon lui, le périodique n’aurait été lu que par une vingtaine d’abonnés et quelques institutions, toutes acquises à ces idées et n’ayant jamais dénoncé les faits. Peut-on alors parler de « publicité » au sens légal du terme ? La question reste centrale pour la défense, qui plaide l’acquittement.
Liberté d’expression ou incitation à la haine ?
Berclaz, fidèle à sa ligne, revendique une critique « licite des lois » et s’appuie sur la liberté d’expression pour justifier ses écrits. Il regrette que le débat historique soit, selon lui, interdit et rappelle que « les opinions sur l’histoire ne devraient pas être interdites », citant l’holocauste comme exemple. Pourtant, le droit suisse est clair : la négation de l’extermination des juifs par les nazis constitue une infraction pénale. La jurisprudence du Tribunal fédéral ne laisse aucune place au doute : il n’appartient plus aux tribunaux de « reconsidérer » la réalité historique de la Shoah.
Un cadre légal intransigeant
La Suisse, à l’instar de nombreux pays européens, a érigé la négation de l’holocauste en délit, estimant que la liberté d’expression ne saurait servir de prétexte à la propagation de discours haineux ou négationnistes. Le Tribunal fédéral rappelle que l’extermination des juifs par les nazis « n’est plus à prouver historiquement » : la justice n’a donc pas à se substituer aux historiens pour juger de la réalité des faits.
Un verdict attendu, un débat persistant
À l’issue d’un monologue d’une vingtaine de minutes, Berclaz a déploré que « le droit d’être entendu n’a jamais été respecté dans les procès des révisionnistes ». Le verdict sera rendu prochainement. En cas de condamnation, le prévenu pourra faire appel devant le Tribunal cantonal, comme il l’avait déjà fait en 2018, affaire qui avait alors été portée jusqu’au Tribunal fédéral, sans succès pour le révisionniste valaisan.
Ce procès illustre, une fois de plus, la tension permanente entre liberté d’expression et devoir de mémoire, dans un contexte où la justice suisse entend rappeler que certaines limites ne sauraient être franchies, au nom de la cohésion sociale et du respect des victimes de l’histoire.

RLB ou le dénialisme niais
Le poids de ses mensonges tord la vérité,
Nie les cris de l’histoire des supplices,
Brandit l’illusion d’un vrai droit dévoyé,
Recouvre d’opprobre un abîme d’injustices.
Les camps muets portent encore trace,
Vies arrachées et brisées sans retour,
Dans son délire nie l’horreur et l’espace,
Où l’innocence s’est tue pour toujours.
Ses mots abjectes rouvrent les blessures,
Son fiel menteur versé en fausse mémoire,
Ne pourra éteindre les infâmes brûlures,
Feu d’atrocités marquant à jamais l’histoire.
Malgré ses erreurs muées en condamnation,
S’enferme à jamais en ses propres ténèbres,
Car nier l’évidence est aussi trahir la raison,
Et se vouer soi-même en discrédits funèbres !