Le FC Sion, la Commune de Sion et l’État du Valais surfent enfin sur la même vague

27 juin 2025

 

Il y a vingt-cinq ans, peu le savent vraiment, j’avais tenté l’impossible, faire coïncider les intérêts du FC Sion, de Christian Constantin, de la Commune de Sion et de l’État du Valais. Il ne s’agissait jadis que de permettre au FC Sion de survivre. Le président de la commune avait mis son veto, suivi par des moutons irréfléchis, ce qui n’avait pas suffi à mettre en bière le club sauvé in extremis par des créanciers non bornés et par le successeur d’André Luisier.

Christian Constantin, qui connaît les règles du jeu, du sport et de la finance, parfois non inscrites dans le marbre de la loi, a poursuivi son chemin, sa route aurais-je dû écrire, qui lui a apporté ainsi qu’à la ville et au canton des victoires qu’a même fêtées celui qui [pas moi !]eût voulu sa perte il y a vingt-cinq ans.

Le sauvetage concordataire puis les résultats sportifs subséquents furent bien moins difficiles à obtenir que les succès financiers de Christian Constantin qui a pu ainsi même dans des tempêtes administratives ou juridiques conserver le gouvernail du FC Sion. Convaincu que le système de gestion le plus efficace inclut un seul capitaine en chef, CC, – Cri Cri d’Amour pour les lecteurs de L’1Dex -, après peut-être des hésitations quant au cap à suivre, a choisi, même si tout est volatile en notre époque, de persévérer dans le professionnalisme, sachant que cette ligne de conduite imposerait inéluctablement la construction d’un stade répondant à certaines exigences d’exploitation.

Et c’est dans ce cadre qu’aujourd’hui, contrairement à hier, le FC Sion, la Commune de Sion, l’État du Valais et Christian Constantin annoncent un accord devant aboutir notamment à la construction d’un nouveau stade. Le budget projeté n’est pas rien, 450 millions de francs suisses. D’aucuns s’étonneront de la capacité de financement, d’autres diront que les riches savent emprunter, d’autres encore estimeront que les réussites passées réalisées par l’architecte-entrepreneur-promoteur sont des garants fiables pouvant convaincre investisseurs, financiers, banquiers et entreprises de s’inscrire dans un projet ambitieux : « l’idée est de créer un stade pour juin 2030. Son coût est estimé à 450 millions de francs. L’objectif est de se doter d’un projet modulable utilisable tant pour du football que pour des concerts, divers événements ou de l’hôtellerie «afin qu’il soit utilisable 200 jours par an ».

Les partenaires ont confirmé leur intention de développer à Sion une académie de football pour la formation de la relève d’élite, masculine et féminine. Son coût est estimé à 30 millions de francs pour la création de 7 à 8 terrains. Le Canton en financera le 25%, selon la Loi cantonale sur le sport.

Le 18 août 1968 eut lieu l’inauguration du Stade Tourbillon avec à la clef un match opposant le FC Sion au FC Zurich. A cet âge mon idole s’appelait René-Pierre Quentin qui venait d’être transféré du … FC Sion au … FC Zurich. Soixante ans plus tard, en 2030 espère-t-on, Christian Constantin organisera non pas une choucroute mais un spectacle, une grande messe souffleraient quelques mécréants, dont les facettes multiples illumineront le destin du FC Sion si étroitement attaché à un homme dont le conseil ultime aux jeunes est d’une simplicité confondante, « démerdez-vous ».

Dans ce torrent de boue et de diamants qu’est une vie de terrien, un enfant d’Ayent, égaré en Octodure, a su se démerder.

Il y a peu un journaliste éclairé me demandait en substance : « N’avez-vous pas tourné casaque vous qui à L’1Dex l’avait tant flagellé ? ». Devrais-je me contenter de lui rappeler qu’il est bon parfois de donner raison aux supporters sédunois qui, à un moment décisif pour la survie du club, n’avaient cessé de huer « Riand bouffon ». Un bouffon peut tout se permettre car si le roi incarne le pouvoir, la solennité, la règle, l’apparat, censé détenir la vérité ultime et gouverner sans contestation, lui est le seul à pouvoir rire de tout, y compris du roi. Il est le contre-pouvoir symbolique. Derrière ses grimaces et ses mots crus, il dit parfois ce que personne n’ose formuler. C’est le « fou du roi », sauf qu’il est souvent bien plus lucide que tous les courtisans réunis. Le bouffon sert au roi de soupape. Il est la voix de la vérité crue dans la cour. Il rappelle au roi qu’il est mortel, faillible, ridicule parfois. En retour, le roi lui offre une immunité relative pour ses insolences — tant que le bouffon ne dépasse pas la ligne rouge. Et il se peut même qu’avec sa dague, un signifiant, le bouffon ose sauver un roi, fût-ce contre l’avis d’un président.

Hop Sion !

 

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

3 thoughts on “Le FC Sion, la Commune de Sion et l’État du Valais surfent enfin sur la même vague”
  1. J’étais à Tourbillon ce 18 août 1968, cher Stéphane. J’y étais aussi tellement d’autres fois. Et toi tu sais exactement ce que je ressens aujourd’hui. Une sorte de mise à mort de valeurs auxquelles je croyais. Ce n’est pas la fin du Monde, non. D’autres sont en train de s’y essayer. Mais dans mon petit monde idéal, je ne sens pas que l’on m’a fait, un bb dans le dos, mais une belle équipe de quadruplés. Quel bisousnours je fais. Allez, Forza Toro et Viva Barça. La Vita è bella.

  2. Ce n’est qu ‘une lettre d’intention.Elle n’a aucune valeur juridique. Du grand CC qui arrive à faire croire aux valaisans qu’il va construire un stade à Sion comme il l’a fait à Collombey,Martigny et Riddes…

  3. Boss , bravo pour la famille du FC Sion !
    Méritant et mérité !
    Tu arrêteras de bosser quand tu seras à l église St Michel du Bourg à Martigny .
    Mais t arriveras encore , j en suis sûr , de trouver à faire un projet là haut !
    Respect !
    Ami depuis 53 ans !!! Christophe V

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