CRANS-MONTANA. ENTRE DÉSESPOIR ET VÉRITÉ

1 janvier 2026

Il y a un truc qui me désespère sur les réseaux sociaux, et dans la vraie vie,  c’est notre incapacité commune à déterminer et à apprécier la qualité des sources d’information. Plus personne ne veut savoir qui dit vrai, qui fabule, qui imagine, qui tronque le vrai, qui ment, qui informe, qui travestit, qui trahit, qui honore ou non sa parole. Et cette méfiance généralisée, cette instrumentalisation de la confiance, cette défiance érigée en dogme, cette incapacité à savoir d’où parle notre interlocuteur, pourquoi il s’exprime, d’où surgit son discours et quel est son intérêt à dire le vrai ou à dispenser son mensonge provoque dans la Cité du grand n’importe quoi.

Prenons cet exemple récent et dramatique par sa fausseté ou par sa véracité. Un agent de sécurité est décédé au Constellation Bar. Est-ce vrai ? Faux ? Y avait-il des agents de sécurité ? Combien ? En suffisance ?  À l’intérieur ? À l’extérieur ? À quelle fin ? Pour quel service ? Bien formés ? Sans formation ? Courageux ? Paresseux ? Impliqués ? Motivés ? Désabusés ? Conscients de leurs devoirs ? Bien payés ? Bénévoles ? Au chômage ? Aimant leur job ? Travaillant pour survivre ? Happé par les règles ou relâché sur les normes à respecter ? Je pourrais continuer la liste des interrogations jusqu’à plus soif et tenir l’antenne sans difficulté comme le fait CNews ou BFMTV  pendant des heures. Mais à la fin du bout, mon propos a-t-il quelque valeur ou n’est-il arrimé qu’à une volonté de dire n’importe sur n’importe qui sans souci de savoir ce que peut produire chez autrui des mots inventés ou sus et assimilés ?

Depuis le 1er mai 2011, date de création de L’1Dex jusqu’à aujourd’hui, et bien auparavant dans mes écritures judiciaires ou dans des articles de libre opinion retenus, je me suis exprimé sur bien des sujets, notamment de justice, de police, de politique, de procédure. Pour quelle réception ? Je dirai que j’ai été extraordinairement accueilli par le silence institutionnel transformé parfois en colère de magistrat bien peu contenue. Ignorer mes écrits n’a jamais eu pour effet de détruire le réel qui toujours à un effet de renforcement de la chose que l’autruche voulait cacher. Des exemples judiciaires, je pourrais vous en servir jusqu’à plus soif, par exemple en vous entretenant des heures durant sur les 37 classeurs déposés en vrac par ma collaboratrice dans mon bureau de l’affaire du Verbiergate. C’est proprement magique les conneries – j’utilise ici sciemment un terme doux pour ne point vous choquer – auxquelles j’ai été confronté depuis dix ans, serinées par des avocats menteurs, des greffiers fainéants, des magistrats débordés, des procureurs mauvais et des fonctionnaires malins. Je peux vous dire qu’à l’exception de l’Ours du Châble personne n’est capable ou n’accepterait de débattre, – de débattre pas de déconner -, en argumentant vraiment sur les choses que l’on veut cibler pour atteindre la véracité des faits. Alors on refuse le débat, on se cache derrière le dilatoire, le procédural et l’arbitraire, pour ne pas avoir à avouer que la sincérité de l’équité et du vrai n’a jamais été une cible privilégiée.

Alors à tous ceux qui ne savent pas encore s’il faut classer le responsable de L’1Dex dans le camp des gueux, des paresseux, des sourds, des négligents, des orgueilleux, des filous, des aigrefins, des débiles, des méfiants, des menteurs, des pervers, des clowns, des fats ou des cancrelats, je leur dis avec simplicité pensez par vous-même et vérifiez par vous-même si L’1Dex se moque des héros et – par accident – de leurs proches ou s’il pointe des éléments qui doivent éclairer le débat mené sur la place publique par des in transparents si peu avides de clarté de par les exigences de leur semblant de fonction.

Moi, je dis simplement à ceux qui se reconnaîtront, sachez être courageux et vrais,  sachez exercer votre métier avec entrain et sérieux, et éviter les gens qui vous sont toxiques.

Et assumez donc votre putain de responsabilité, la mienne n’étant pas la vôtre.

Post Scriptum :

Être proche des victimes, proche des détectives ou proches des gouvernants : that is the question. À chacun selon sa sensibilité et sa subjectivité. Moi, je suis quelque part au milieu de ce cambouis et je n’aime pas ceux qui sont convaincus que les mécaniciens n’ont jamais besoin de se laver les mains s’ils font correctement leur métier.

Test de compréhension et d’efficacité : ce chien s’appelle-t-il oui ou non Mao ?

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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