
Le ministère public, comme l’a démontré L’1Dex depuis de très nombreuses années, a souffert de très graves dysfonctionnements sous la direction de l’ancien procureur général Nicolas Dubuis et sous l’ancien procureur général adjoint Jean-Pierre Greter. Ces défaillances et carences manifestes, longtemps ignorées par la dominance cantonale, ont été marquées notamment dès l’instant où étaient en cause les comportements et actes commis au sein de corporations de droit public, d’institutions ou établissements publics (État du Valais, commune de Bagnes, commune de Val de Bagnes, commune de Loèche-Les-Bains, commune de Vétroz, commune de Grimisuat, commune de Finhaut, Banque Cantonale du Valais, Caisses de retraite du canton du Valais, commune de Sembrancher, affaires IVV, Flaction, Giroud, affaire de l’A9 …).
Les liens extraordinairement étroits et claniques du Valais sont des freins très souvent à l’éclatement de la vérité lorsque sont impliqués des élus ou des gens « importants » de la Cité.
Il est aujourd’hui indéniable que le ministère public a besoin de ressources supplémentaires, notamment de personnes capables de poser des questions sensibles aux responsables et aux autorités pouvant être impliqués dans le drame le plus absolu auquel le Valais n’a jamais été confronté.
Béatrice Pilloud déjà débordée de par la situation que lui a laissée son prédécesseur doit être épaulée par un ou deux procureurs détachés à plein temps et totalement indépendants des pouvoirs locaux.
Car le travail à accomplir -déjà à court terme – est colossal si l’on veut VRAIMENT cibler la vérité matérielle et non seulement, comme dans tant d’affaires, une apparence de semblant de vérités tronquées.
Qu’y a-t-il donc notamment à entreprendre ?
Les moyens de preuve à administrer sont tous ceux qui permettent d’établir l’origine de l’incendie, la chaîne des responsabilités (exploitant, fournisseurs, autorités de contrôle, etc.) et les éventuelles infractions (incendie, homicide et lésions par négligence), dans le cadre des art. 139 ss CPP.
Cadre légal des preuves
• Le ministère public doit mettre en œuvre tous les moyens de preuve licites propres à élucider les faits, selon le principe de la recherche de la vérité matérielle (art. 139 CPP).
• Sont notamment admis: témoignages, documents/titres, expertises, inspections/constatations, enregistrements audio‑vidéo et renseignements écrits.
Constats matériels et techniques
• Inspection minutieuse des lieux par la police scientifique: photographies, plans, relevé des issues de secours, systèmes d’alarme, extincteurs, matériaux de décoration (mousses acoustiques, plafonds, etc.).
• Expertises techniques: origine et propagation du feu, comportement au feu de la mousse antibruit, rôle éventuel d’effets pyrotechniques, conformité des installations électriques et des dispositifs de sécurité.
Documents et pièces écrites
• Dossiers d’autorisation d’exploiter, plans de sécurité incendie, rapports de contrôle périodiques, correspondances entre commune, services du feu et exploitant.
• Contrats et factures relatifs à la fourniture et la pose de la mousse acoustique, fiches techniques, certificats de résistance au feu, rapports d’expertise privés ou d’assurances.
Témoignages et auditions
• Auditions des propriétaires, gérants, DJ, serveurs, agents de sécurité et autres membres du personnel, en qualité de prévenus potentiels ou de personnes appelées à donner des renseignements.
• Auditions des clients, victimes, proches, premiers témoins, ainsi que des policiers, pompiers et services de secours intervenus, pour établir le déroulement de la soirée, le moment du départ de feu et les réactions des responsables.
Enregistrements et données numériques
• Saisie et analyse des vidéos de surveillance du bar, des vidéos de clients (réseaux sociaux, smartphones) et d’images médiatiques montrant la propagation des flammes.
• Exploitation de données électroniques:
réservations, comptabilité de la soirée (capacité, nombre de personnes présentes), échanges de courriels ou messages entre exploitant, fournisseurs et autorités concernant la sécurité.
Normes et responsabilités
• Clarification, le cas échéant par expertise, des normes de protection incendie applicables (AEAI, droit cantonal, règlements communaux) et de leur mise en œuvre dans l’établissement.
• Vérification de la régularité des contrôles
anti‑incendie et de l’exécution des injonctions de mise en conformité, pour déterminer d’éventuelles violations fautives d’obligations de sécurité.
Qui pense SÉRIEUSEMENT que le ministère public cantonal dans son organisation institutionnelle actuelle est à même de remplir son rôle sans que des mesures immédiates et fortes soient prises par nos autorités ?
Qui ? Des faibles d’esprit, des fervents fans de la prescription favorisant leurs amis dans d’autres procédures laissées à l’abandon, des incompétents, des philistins formalistes ou des élus ou fonctionnaires administratifs adeptes du silence et de l’absence de curiosité comme instruments favorisant l’inéquité ou l’impunité ?
Le drame du Constellation Bar de Crans-Montana doit conduire le Valais à des actes de courage institutionnel, celui-là même qui lui a fait si souvent défaut.
Je n’y connais rien, mais le simple bon sens me dit qu’il faut évidemment se donner les moyens que la loi soit appliquée strictement et que justice soit rendue, ce qui n’est apparemment pas le cas dans d’autres affaires évoquées ci-dessus (Verbier, etc.) . L’horreur du drame devrait réveiller tous les responsables de cet état de fait. Si on peut faire appel au soutien d’autres cantons (et même d’autres pays) pour les problèmes médicaux, on devrait faire de même pour le judiciaire, si on n’a pas assez de compétences locales ou qu’on est débordé.
Constellations d engrenages infernaux indiquent une justice capable ! Et non une fibre venant du mot !
Le listing des opérations ci-dessus est très bien établi. Ça devrait être exactement la démarche à suivre. Si ajoutera évidemment aussi un groupe de soutien juridique et technique aux victimes.