FRANCE. UN THÉÂTRE POUR UN PRÉSIDENT

5 septembre 2026


L’1Dex propose de rendre le débat présidentiel aux citoyens

Les débats présidentiels français sont devenus des spectacles télévisés : deux candidats sur un ring, quelques journalistes vedettes, des petites phrases, des interruptions et, le lendemain, des experts chargés de désigner le meilleur comédien. La démocratie mérite mieux.

L’1Dex propose un dispositif radicalement simple.

Un théâtre. Cinq cents sièges. Cinq cents citoyens tirés au sort, représentatifs de la France dans sa diversité sociale, territoriale et générationnelle. Sur scène, un candidat — un seul — confronté non à ses concurrents, mais au pays qu’il prétend gouverner.

Chaque citoyen rédige librement une question. Soixante-dix-sept d’entre elles sont ensuite tirées au sort, sans sélection partisane ni filtrage complaisant. Aucun thème imposé, aucune question transmise au candidat, aucun conseiller tapi dans les coulisses pour lui souffler une formule.

Un journaliste, lui-même désigné par tirage au sort au sein d’un collège de professionnels, arbitre les échanges, fait respecter le temps et exige une réponse lorsque le candidat tente de s’évader dans le brouillard des éléments de langage. Il ne choisit ni les sujets ni les questions. Il modère ; il ne règne pas.

Chaque candidat bénéficie exactement du même dispositif, séparément, pendant trois heures, en direct et sans montage. Soixante-dix-sept questions en cent quatre-vingts minutes : un peu plus de deux minutes par échange. C’est bref, exigeant, parfois brutal. Gouverner l’est davantage.

Ce dispositif empêcherait les candidats de se réfugier dans l’invective mutuelle. Il les obligerait à répondre sur le logement, la santé, l’école, la justice, les salaires, l’immigration, la dette, l’écologie ou la solitude — selon les préoccupations réelles du public, non selon l’agenda des états-majors.

Le tirage au sort n’abolit pas la démocratie représentative. Il lui rend de l’oxygène. Il réduit le pouvoir des chaînes, des communicants et des candidats eux-mêmes sur l’organisation du débat.

La présidentielle cesserait alors d’être un concours de postures. Elle deviendrait, durant trois heures au moins, ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une reddition de comptes devant le peuple.

 

 

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.