« Le Principe de Hervé Falciani », le siffleur suisse

Hervé Falciani est manifestement le Edward Snowden de la place financière helvétique. Snowden est un « whistleblower » – un lanceur d’alerte; Falciani est un siffleur bancaire qui a dévoilé les pratiques nauséabondes d’une certaine partie de l’économie de la Suisse.

Christian Levrat approuve L’1dex et demande la démission des dirigeants du Credit Suisse

Le 4 mai 2014, L’1dex avait préconisé dans l’Affaire Credit Suisse à titre de première mesure salvatrice celle-ci : « Il faut démissionner au plus vite les quatre lascars qui ont joué les divas à Washington : qu’on les laisse patauger seuls dans la choucroute qu’ils ont cuisinée et que plus jamais ils ne s’expriment pour le Crédit Suisse ». Le président du Parti socialiste Christian Levrat va ce jour exactement dans le même sens et réclame la démission du président de la banque Urs Rohner, de son directeur général Brady Dougan, et également de son juriste en chef Romeo Cerutti. Qui donc oserait se prononcer dans un autre sens ?

La Suisse de la productivité fiscale et bancaire tremble

Nous, Suisses, nous sommes – dans le champ de la défiscalisation bancaire – les cousins du Liban, de Panama, du Liberia ou de Brunei. Nous ne répondons tout simplement pas aux normes internationales en matière de transparence et d’échange d’informations fiscales édictées par le Forum mondial sur la fiscalité organisé sous l’égide de l’OCDE. En d’autres mots : nous sommes des brigands dont les établissements financiers ne veulent pas récolter les informations personnelles de leurs clients ni les partager avec le fisc de leur pays ou d’un pays partenaire. A l’exemple du Luxembourg, nous faisons les poches de nos voisins pour accroître la qualité et la quantité de nos ressources financières. Nous sommes les Somaliens du piratage financier lié à la défiscalisation ou à l’optimisation fiscale.

Vérité et réconciliation bancaires made in Switzerland

Condamin-Gerbier a été incarcéré par les autorités suisses après avoir témoigné devant le Parlement et la justice française sur la fraude à grande échelle de banques suisses. Cet ancien banquier n’est assurément pas un modèle de haute vertu; probablement a-t-il été guidé aussi par quelque trait caché de sa personnalité. Un fait pourtant demeure, et l’avocat genevois Dominique Warluzel, revenu de l’enfer après un grave AVC, qui vit à Nassau, dans les Bahamas, l’a dit avant bien d’autres : les banques en Suisse ont réalisé leurs bénéfices par la grâce immaculée de l’évasion fiscale instituée en modèle économique.

Le début de l’été, la fin du feuilleton

20 articles pour parcourir la dérive constitutionnelle qui voulait parvenir à sauver les banques et à leur permettre d’oublier la loi. Le Parlement fédéral, qui fait les lois, a refusé, par la grâce d’un Conseil national éclairé, de suivre le Conseil fédéral et le Conseil aux Etats dans ce chemin fait de couardise, d’aveuglements et de faillite éthique : L’1dex, dans son mince habit quotidien, a participé au débat de la cité, l’a accompagné et parfois, en Valais, l’a précédé (on attend les vifs remerciements de Jean-René Fournier pour cette plage d’interview dans le NF qui suivait l’article de L’1dex du jour précédent, « l’ambassadeur sénatorial du Crédit Suisse »).

Mariage et embourgeoisement

Parmi les difficultés actuelles et triviales, il faut relever l’âpreté triste des enjeux politiques. « Le mariage pour tous » contre « un papa, une maman, un enfant » oblige à une certaine contorsion idéologique. D’un côté les droits des homosexuels à devenir des bons bourgeois (avec cabriolet et salon design) et de l’autre les hyper-réacs bondieusards de travail-famille-patrie (avec les jolis bastonneurs du Front national) Il n’est pas question de soutenir ces théocrates tendance patriarcale. Mais quand même, en arriver à soutenir l’institution du mariage comme un signe progressiste, ça n’est pas spécialement bon signe pour celles et ceux qui rêvent depuis longtemps de se défaire des chaînes capitalistes.

UBS, Union des Banques of Switzerland (19)

Le Grand Parrain de notre patrimoine national (au fait, est-il exact que 20 % du capital de UBS AG est en mains arabes et 30 % sous le contrôle des fonds de pensions américains ?!) s’est agenouillée, a demandé pardon et a versé la somme honorable de 780’000’000 € au fisc des USA. Après avoir, genoux encore en sang, commis un acte de contrition (trois « Je vous salue » et « deux Notre-Père »), puis versé l’obole, les braves gourous de l’UBS ont fait déguerpir de leurs îlôts bancaires helvétiques ces damnés américains de la défiscalisation mafieuse. Tous ces braves soldats de l’étranger ont été sommés d’aller voir ailleurs. Déconfits, mais toujours riches, les déserteurs de cette guerre économique interplanétaire n’allaient pas pouvoir rentrer au bercail : imaginez l’accueil qui leur aurait été fait chez Goldman Sachs, ces héraults de l’éthique fantastique ! Oh non, il fallait trouver une parade qui leur permettrait de ne pas alimenter les grosses caisses des Etats confédérés d’Amérique. On imagine sans peine les discussions dans les salons feutrés de la Banhofstrasse ou sur les bancs publics du Parc des Bastions : « nous nous sommes aimés pendant tant d’années. Que nous conseillez-vous de faire ? » Aucun banquier n’aura résister à ne pas donner de conseils : « Essayez donc nos doux voisins privés ou ceux d’une banque cantonale. Et puis évitez de conserver les mêmes coordonnées bancaires, ça vous aidera dans quelques années, ne sait-on jamais … ».

La Lex Ospel (18)

En ces temps de trouble de la pensée politique et constitutionnelle, en ces temps où les hommes de loi n’osent plus même s’exprimer avec force sur des principes démocratiques limpides et simples, en ces temps où la loi de la jungle domine les esprits les plus éclairés, il n’est peut-être pas inutile de revigorer notre âme par l’écoute attentive des bouffons de la république. Et à « L’Agence », sur la RTS, hier matin, un homme a éclairé notre entendement de manière plus incisive que ne le feraient le meilleur des constitutionnalistes ou le plus rusé des banquiers.

La FINMA, la fine magouille (17)

La FINMA, c’est une sorte de gendarmette de la finance bancaire.  Des gens, bien ou mal formés c’est pas vraiment important ici, qui doivent porter leurs yeux perçants sur les dysfonctionnements de tous ces chapeaux melons gomminés qui forment l’establishment bancaire made in Switzerland. Certains vous convaincront que ces policiers des banques peuvent être de vrais méchants et savent quand il le faut donner du fouet à ceux qui le méritent. On pourra me fournir maints exemples où sans la FINMA la voyoucratie technique ou matérielle eût conduit à des extrémités encore plus fâcheuses.