Jean-Marie Bornet, l’inacquitté

Phil, c’est amicalement dit, un peu le prototype grandeur nature d’un lecteur lambda du Nouvelliste, un mec qui lit L’1dex sans penser aux cailloux, qui cligne d’un oeil en croyant que Jean-Marie Bornet avait vraiment tremblé et jamais fait semblant, en imaginant que le héros de Sierre avait failli être envoyé en Sibérie et en priant chaque soir pour la libération sans condition de cet innocent décervelé. Oui, Phil, est bon public.

De l’attribution des départements au sein du Conseil d’Etat

On ne dira pas tout. Mais que ceux qui ont essayé sachent que L’1dex sait. On ne dira pas tout, car la lumière nécessite parfois un peu de claire obscurité. On ne dira pas tout, mais L’1dex ne se tait pas. Se taire serait sur ce point de détail trahir l’esprit qui a pu guider certains à créer L’1dex il y a très exactement deux ans, le 1er mai 2011.

La troupe contre le troupeau

Il arrive que la police doive rendre compte de ses agissements. C’est assez rare et devrait devenir un indicateur de démocratie ; moins les policiers et policières sont justiciables, plus l’état est totalitaire. A Lausanne, au milieu de l’été, une agente a été acquittée par le Tribunal de police. Elle avait giflé une femme menottée et couchée à terre, soupçonnée de vol, cette dernière devait être fouillée en présence de quatre policières. Trois n’ont pas trouvé le geste adéquat et une aspirante l’a dénoncé à sa hiérarchie. Le chef a transmis, par devoir réglementaire, le dossier à la justice. Le juge, après avoir entendu les experts décrire ce qu’était une « frappe contrôlée », a déclaré la gifle adéquate et proportionnée, et assuré que l’agente n’avait « pas agi dans l’intention de nuire ». Si les faits ne sont pas contestés, un enregistrement vidéo rendait la chose difficile, l’on en revient encore à l’intentionnalité du geste. Le juge n’a pas tiqué quand, devant le tribunal, la policière a déclaré que la suspecte n’était pas une inconnue, « elle faisait partie du troupeau qu’on voit à Chaudron ou à la Riponne ». (Ces deux places lausannoises sont des lieux de rencontres des marginaux) Le juge n’a pas trouvé opportun de questionner un peu cette qualification de troupeau ; parce que la justice achoppe sur ce qu’elle appelle des faits, tout en glosant sur les intentions. Si l’aspirante a trouvé la baffe excessive c’est, disent les experts, qu’elle est novice. Le problème est bien que, quand on routinise l’usage de la force, il faut bien compter sur les nouveaux pour dire les excès et mettre en débat les pratiques. L’article 10 du code de déontologie de la police lausannoise disait ceci : « Le policier témoin d’agissements contraires au présent code engage sa responsabilité administrative, sous réserve de poursuites pénales éventuelles, s’il n’entreprend rien pour les faire cesser et s’il néglige de les porter à la connaissance de sa hiérarchie. » Il a été abrogé la semaine passée.