PATRICE MARTINET, LE SNOWDEN DE CHEZ NOUS

PATRICE MARTINET NE CROIT PAS EN NOS INSTITUTIONS. AVAIT-IL TORT ?

 

Le ministère public, d’une extraordinaire célérité sur ce coup, soutient que le président de Leytron a commis une violation du secret de fonction en convoquant une conférence de presse pour évoquer l’affaire Cleusix. 

Ce procès a vite débordé sur le terrain politique. D’emblée, le juge Jean-Marc Wichser demande au président de commune : «le fait que M. Cleusix ait été nommé chef de service en décembre 2013 vous a-t-il incité à convoquer cette conférence de presse en janvier 2014? »

La réponse de M. Martinet : «Oui. Nous avons dénoncé cette affaire au Conseil d’Etat en août 2013. Et nous attendions une réponse du Conseil d’Etat depuis quatre mois. Voyant la nomination de Cleusix, nous nous sommes dit que nous n’allions jamais recevoir de réponse du Conseil d’Etat

Ainsi, un magistrat communal, nommé par le peuple de Leytron, dit publiquement son manque de confiance totale dans l’exécutif cantonal s’agissant de la transparence. La nomination de Cleusix lui est apparue si extraordinaire qu’il s’est dit que le Conseil d’État allait couvrir envers et contre tout ce nouveau chef du service de l’enseignement. Avait-il tort ? Sur le vu du contenu de la législature 2013-2017, bien hypocrite serait celui qui lui donnerait tort. 

Mutatis mutandis, la position de Martinet est la même que celle de Snowden dans le film éponyme de Oliver Stone. L’analyste de la NSA est-il un héros ou un voleur ? Martinet est-il un lanceur d’alerte ou un violeur de secret ?

Les pisse-froid serviles diront que ces deux gaillards sont à la fois criminels et honnêtes, comme si les coquins de la NSA et les filous de La Planta méritaient notre absolution. 

La responsabilité ne va pas sans éthique. Et ce que montre au Valais aujourd’hui Patrice Martinet, c’est le visage de l’éthique, dont on sait qu’il peut ne pas s’accorder toujours avec le formel du droit. 

Pourtant, en l’espèce, si l’on voulait aligner la loi sur l’éthique, on pourrait tout à fait raisonner avec un fait justificatif légal, celui de l’état de nécessité. Mais, pour ce faire, il faut trouver un juge courageux et novateur. En Valais, Patrice Martinet part avec un sacré handicap. On pourrait le comparer à Nijinski, sur lequel, au Prix d’Amérique, on aurait rajouté un poids de trente kilos. Ce cheval n’aurait pas remporté le Grand Prix d’Amérique, mais il serait demeuré dans l’esprit des turfistes comme un étalon magnifique et tenace. Honneur à lui dans la dernière ligne droite. Le nom du gagnant est déjà oublié, l’autre est entré dans l’histoire au moment même où l’UDC quitte le gouvernement. 

Bonjour à tous les parieurs du prochain tiercé !

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, mention gestion d'entreprise, licencié en droit, avocat, notaire, je suis père de sept enfants et je travaille depuis plus de vingt ans à Sion comme avocat, après avoir été greffier cinq ans au sein du Tribunal cantonal. Je suis un ami de la psychanalyse, des livres, des journaux, du sport et de la justice.

6 pensées sur “PATRICE MARTINET, LE SNOWDEN DE CHEZ NOUS

  • 5 avril 2017 à 4 h 25 min
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    Pareil pour ce journaliste de la RTS qui a réussi à prouver que l’on pouvait voter deux fois en matière fédérale et qui se trouve aujourd’hui condamné pour fraude électorale. Au lieu de lui dresser une statue, on le pulvérise dans le bac à sable. La politique de l’autruche a encore de beaux jours devant elle.

  • 5 avril 2017 à 6 h 13 min
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    La justice agit avec beaucoup moins de célérité avec le plus grand fraudeur fiscal du canton…

  • 5 avril 2017 à 8 h 21 min
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    Une manif’ devant le Palais de justice? A l’image de celle organisée face aux affiches d’Ensemble à droite? Faut arrêter les dérives de certains magistrats du Valais là! M.Martinet mérite du soutien populaire, la justice (pas au sens que lui donnent les magistrats) mérite un soutien populaire! Martinet a dénoncé une inégalité de traitement face aux impôts, le CE ne daigne pas répondre, et après ce serait lui le délinquant??? Qui maniant assez bien les réseaux sociaux pour organiser une manif’ de soutien face à ce grand n’importe et cette politisation de la justice de chez nous?

    • 5 avril 2017 à 15 h 34 min
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      M. Martinet… Je suis fier de vous et je serai là pour le dire !

  • 5 avril 2017 à 9 h 30 min
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    Il a de la chance d être attaqué , il est alors dans le registre des vivants . Il en est qui soient dans les registres de
    la mort .

    Comme la soie mortelle d un tissage de l eternité ! Mais l enfer existe . Au juste témoin , l existence noue le destin .
    du niveau inverse .

  • 5 avril 2017 à 19 h 36 min
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    Voici ce que l’éclairé (illuminé?) Despot avait écrit sur le Président de Leytron à l’époque dans le Nouvelliste.
    « Etourdi par la chaleur des projecteurs, le Martinet a trop agité ses ailes. L’oiseau n’a pas vu venir la vitre. Il a tapé dedans et maintenant il est mort. »
    Une superbe envolée lyrique inspirée par une intense lecture de Carambar…
    Maintenant juste imaginer de remplacer Martinet par Freysinger et vous verrez le côté prophétique du message…
    Courage Monsieur Martinet… La démocratie a besoin de gens comme vous pour faire face à l’A-justice valaisanne.

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