Mercure. Melly responsable devant la Cité - L'1dex

Mercure. Melly responsable devant la Cité

Si le mot politique avait une signification vraie dans la Cité, le Mercurygate deviendrait immédiatement le Mellygate. Dit autrement : si le signifiant « responsabilité » avait une portée en politique valaisanne, le chef du département de l’environnement du canton du Valais, accessoirement président du Conseil d’État, devrait quitter sa fonction, assumant ainsi une pleine et entière responsabilité politique de par sa fonction.

 

Que l’on ne se méprenne pas sur la cause de ce nécessaire départ. Jacques Melly, la personne de Jacques Melly, n’est pas responsable du déversement du mercure. Jacques Melly n’a pas infecté les sols valaisans. Jacques Melly n’a pas intoxiqué les Valaisans atteints, légèrement ou plus gravement, par le mercure toxique. Mais Jacques Melly est le successeur de tous les précédents conseillers d’État qui savaient et l’actuel chef du gouvernement et du département de l’environnement qui a choisi délibérément et en parfaite connaissance de cause une politique d’intransparence, une politique d’obscurité, une politique d’opacité, une politique de contre-vérité dans ce champ si sensible de la santé et de l’écologie.

 

Comment aujourd’hui le Grand-Conseil, le peuple, les citoyens pourraient-ils accepter que leur interlocuteur dans ce dossier soit l’actuel chef de l’environnement ? Dans un État de droit et dans une Cité politique mettant en exergue la responsabilité de tous les organes politique, est-il seulement imaginable que les citoyens et leurs représentants acceptent d’être dirigés par cet homme-là ? La réponse est NON.

 

Réagissant à l’article « Bye, bye, Frère Jacques », Jérôme Desmeule a réagi ainsi : « Jacques Melly, qui est pourtant quelqu’un que j’apprécie humainement, devrait regarder ce que l’opacité a coûté à Maurice Tornay. L’époque a changé, heureusement, et les citoyens veulent désormais la transparence, toute la transparence, pas seulement quand ça arrange les autorités…. ». L’auteur anonyme de la lettre adressée dans L’1Dex Mag numéro 2 du 1er décembre 2017 a réagi ainsi : « Excellent résumé de la situation, et le désabusement de la classe politique est vraiment trop réel. Même les membres du PS ne veulent pas trop bouger.. Esther soutient Melly. Probablement pour protéger Thomas Burgener. Fanti est clairement le seul espoir concret dans cette affaire avec également des journalistes, aussi au Nouvelliste, qui avancent dans cette affaire. Je croise les doigts pour que l’investigation historique soit publiée ».

 

Contacté ce dimanche, Jean-Pascal Fournier, président des Verts, a choisi de ne pas réagir. Barbara Lanthemann, présidente du PS, a fait, selon moi, beaucoup plus fort : « Ah. Diantre une lettre anonyme. Je n’aime pas, décidément, je n’aime pas la veulerie, la couardise. Que celui ou celle qui a quelque chose à dire se lève et parle. » Et Gaël Bourgeois lui emboîte le pas : « Que l’anonymat reste quelque chose d’inacceptable quand on attaque de front des personnages publics. Aussi longtemps que L’1Dex prendra en compte et publiera des courriers ou textes anonymes, je n’ai plus aucun commentaire à formuler ».

 

Confronté à ces propos « socialistes » (à chacun d’apprécier la valeur de ces guillemets), un haut personnage de l’Etat du Valais s’exprime ainsi : « Lamentables. Le PS fait dans son froc pour Burgener et Esther, car c’est désormais une affaire de santé publique ».

 

Plus fin, un ancien candidat au Conseil national fait valoir ses connaissances cinématographiques : « J’ai lu le texte dans un bistrot de Viège, au Napoléon. Et, comme dans la scène où Erin Brockovich tend un verre d’eau à son interlocutrice qui le repose en apprenant que le liquide vient des environs de l’industrie incriminée, je regarde celui qui accompagne mon café avec un air … vicié ? ».

 

Oui, Anonymous a raison : « le désabusement de la classe politique est vraiment trop réel ».

 

Bonjour à tous les idéalistes pragmatiques !

 

POUR COMMANDER L’1DEX MAG NUMERO 2 

 

 

Post Scriptum : je propose à Barbara Lanthemann et à Gaël Bourgeois de lire L’1Dex Mag numéro 2, plus particulièrement mon article sur « Les lanceurs d’alerte » ! Au fait, ces deux éminents membres du Parti socialiste savent-ils que les médias travaillent très souvent avec des sources dont ils ne révèlent pas l’identité ? L’ont-ils oulbié ou feintent-ils de ne pas le savoir ?

5 pensées sur “Mercure. Melly responsable devant la Cité

  • 20 novembre 2017 à 10 h 24 min
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    Quel panache ce PS!
    C’est accessoire la question de l’anonymat, le problème est ailleurs, c’est du fond qu’il faut parler et … réagir.

    Un vieux réflexe valaisan, ne pas trop se positionner, faudrait pas prendre des risques, sait-on jamais!
    Un problème récurrent, le conflit d’intérêt !

  • 20 novembre 2017 à 10 h 59 min
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    Il est urgent que les cantons romands mettent en place une plateforme permettant aux lanceurs d’alerte de dénoncer, de façon anonyme ou non (à choix du lanceur d’alerte), les faits qui mettent en péril la santé des citoyens ou les finances de la collectivité ou …. Genève vient d’inaugurer ce nouveau service. Quand sera-t-il disponible en Valais ?

  • 21 novembre 2017 à 8 h 39 min
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    L’anonymat est très difficile à gérer. Il y a quelques années, j’ai été victime d’une dénonciation anonyme, on dirait aujourd’hui par un lanceur d’alerte. Certains y ont cru. Ce fut terrible pour ma famille . Mes vitrines ont été brisées mes véhicules, dont un authentique taxi anglais, furent vandalisées, avec descente de police chez moi, puis des  »copain » m’ont tourné le dos. Certes, certains ont été condamnées, mais le mal est indélébile.
    Même ici au Verbiergate, certaines dénonciations ne se justifiaient pas, mais que d’ennuis et de retards causés inutilement! Alors soyons très réfléchis au sujet des lanceurs d’alertes anonymes.

  • 22 novembre 2017 à 14 h 46 min
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    L’exemple de la société Addax à Genève permet de comprendre pour quelles raisons les lanceurs d’alerte, par exemple à l’intérieur d’une entreprise, devraient pouvoir dénoncer des faits de façon anonyme. Sans cela ils sont licenciés …

    Il en va de même des alertes envoyées aux Autorités. Le lanceur d’alerte pourrait subir des représailles.

    Voilà l’article concernant Addax, qui va fermer ses portes pour n’avoir pas écouté les alertes:
    https://www.letemps.ch/economie/2017/11/21/addax-ecarte-lanceurs-dalerte-sombrer?utm_source=Newsletters&utm_campaign=63f7a5deab-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_56c41a402e-63f7a5deab-109955869

    Cet exemple montre aussi que le Conseil fédéral, qui ne soutient pas l’initiative « Pour des entreprises responsables » ignore la gravité de la situation.

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