Discours de ANC Suissa lors de la manifestation devant le Palais des Nations à Genève. Manifestation de soutien aux prisonniers politiques

27 mars 2018

Chers amis,

 

Tout d’abord, au nom de l’ANC Suisse, un grand merci pour votre présence.

Merci  aux  représentants  des  autorités  législatives  et exécutives d’être présents à  titre  personnel et

montrer ainsi leur soutien à notre cause.

Merci à solidarités et au CUP de Genève d’être là avec vous,

avec nous, pour dire notre solidarité aux prisonniers politiques en Espagne et clamer notre  indignation

face à le répression judiciaire permanente de l’Etat Espagnol sur d’innocentes personnes.

Il y a dix jours à peine, nous avons reçu ici à Genève le Président Puigdemont.

Genève et la Suisse lui ont réservé un accueil bienveillant et lui ont permis de présenter la cause de

l’indépendance Catalane devant les institutions.

C’était une occasion rare de comprendre exactement ce qui se passe en Espagne et de mieux connaître celui qui a été démocratiquement élu pour la deuxième fois par la majorité des catalans pour diriger et représenter la Catalogne.

 

Vous l’avez vu : un personnage simple et droit, profondément démocrate et républicain. Dont le seul souci est d’accomplir au plus près de sa conscience, et dans le respect de chacun, le mandat pour lequel il a été élu.

Il a réitéré, dans le cadre de ses conférence au Festival International des Droits Humains de Genève et au Graduate Institute Geneva, la volonté du peuple catalan de résoudre son différend avec le gouvernement de Madrid de manière pacifique, dialoguée et politique. Il a clairement exprimé le souhait des catalans d’agir comme en Suisse : dans le respect de l’autre et avec intelligence.

Mais le gouvernement espagnol n’accepte pas de dialogue.

Le gouvernement espagnol ne veut pas de solution démocratique et se refuse à tout compromis.

Le gouvernement espagnol piétine la volonté du peuple en refusant que soit respectées les résultats des urnes.

Le gouvernement espagnol continue d’user de la force physique et la manipulation judiciaire pour terroriser la population et les élus.

Mais quand allons-nous reconnaître que cette attitude est digne d’une dictature ?

Mais quand allons-nous reconnaitre que de voter, agir de façon démocratique et revendiquer le respect

de nos droits n’est pas un délit ?

Car c’est de ça qu’il s’agit : criminaliser le droit d’exister.

Car en Espagne, donner son avis, défendre son droit de manière pacifique, réclamer le respect, critiquer les agissements des institutions en place est un crime ! Un crime passible de 30 ans de prison ferme !

Alors je vous le demande : où sommes-nous ? En Europe ? Dans le berceau de la civilisation ? Ou sommes-nous encore devant notre grotte à régler nos comptes à coups de gourdin ?

Le gouvernement espagnol se sert de la justice et revendique le respect des lois.

Mais alors, que fait-il du traité de Lisbonne qu’il a signé ? Ce même traité dont les signataires s’engageaient à donner le droit d’autodétermination à leur population.

Mais alors, que fait-il de l’application d’une mesure tutélaire arbitraire comme l’article 155 ? N’est-ce pas

là un acte digne des régimes les plus totalitaires ? Un coup d’état ?

Car avec cette mise sous tutelle, le peuple ne peut plus donner son avis, les médias sont censurés, les institutions démantelées et la démocratie réduite à une grotesque pantalonnade.

« Oui, votez ! Mais votez ce que l’on vous dit de voter. Vous pouvez élire qui vous voulez, mais

voici les noms de ceux qui doivent gagner les élections. »

C’est ça la démocratie ?

Aujourd’hui en Espagne, si vous êtes mécontent, retraité, chauffeur de taxi, artiste, rappeur, clown,

fonctionnaire, ouvrier ou élu politique,

ne dites rien !

Si vous exprimez ou manifestez un mécontentement vous êtes traité comme un criminel.

 

Pouvez-vous imaginer qu’aujourd’hui, en plein 21ème siècle, près de 900 maires élus démocratiquement ont été mis en accusation pour avoir permis des votations ?

Pouvez-vous imaginer qu’aujourd’hui en Espagne, Jordi Sanchez et Jordi Cruixart, son en prison sans procès depuis près de 6 mois pour avoir organisé des manifestations PACIFIQUES ?

D’autres exemples : Carme Forcadell présidente du parlement catalan mise en accusation pour avoir PERMIS le débat en plénum sur l’autodétermination au parlement catalan. Oriol Jonqueres, Joaquim Forn, Raul Romeva, Josep Rull, Jordi Turull et Dolors Bassa sont mis en accusation et emprisonnés pour différents faits liés à l’organisation du référendum du 1er Octobre 2017.

Ah, comme elles sont belles ces lois que l’on tord pour pousser Toni Comin, Clara Ponsati, Lluis   Puis,

Meritxell Serret, Anna Gabriel et Marta Robira à l’exil.

Et notre Président Carles Puigdemont, élu démocratiquement, attendu par son peuple, contraint lui aussi

à l’exil et poursuivi par la police comme un assassin ou un terroriste. Pourquoi ?

POUR AVOIR RESPECTE LA VOLONTE DES GENS QUI L’ONT ELU. POUR AVOIR EU LE COURAGE D’AFFRONTER PACIFIQUEMENT LA BRUTALITE ESPAGNOLE !

Au nom de vous tous, Au nom de NOUS tous,

Je voudrais ici saluer leur courage, leur sacrifice et leur dire qu’ils ne sont pas seuls. Toute personne qui chérit la démocratie est avec vous !

Avant de terminer, permettez-moi, ici, devant le Palais des Nations Unies de parler de justice et de droits humains au lieu de parler de lois. Je voudrais citer Amnesty International :

Les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique de partisans de l’indépendance de la Catalogne ont fait l’objet de restrictions disproportionnées. Des dizaines de personnes ont été poursuivies en justice pour « apologie du terrorisme » et « humiliation des victimes » sur les réseaux sociaux. Des responsables de l’application des lois ont eu recours à une force excessive contre des manifestants qui protestaient pacifiquement contre une décision de la Haute Cour de justice de Catalogne empêchant la tenue du référendum sur l’indépendance de la région. L’Espagne n’a pas accueilli autant de demandeurs d’asile qu’elle s’était engagée à le faire au titre du programme de relocalisation de l’UE. Elle n’a pas non plus tenu ses engagements en termes de réfugiés réinstallés. Cette année encore, des milliers de personnes ont été expulsées de chez elles. Les autorités ont continué de clore des enquêtes sur des crimes de droit international commis pendant la guerre d’Espagne et sous le régime de Franco.

 

Aujourd’hui j’ai le cœur lourd. Très lourd…

Mais je ne vais pas céder.

Je ne vais pas passer sous le joug.

 

Par respect pour nous tous et pour moi-même. Par amour pour ma langue.

Par amour pour ma terre. Par amour du dialogue.

Par amour pour une Europe qui a des valeurs auxquelles je crois et qui maintenant se tait.

Par amour pour tous mes amis espagnols qui voient, eux aussi, comment le rêve de démocratie  après

Franco, c’est évaporé.

Par amour pour la VRAIE justice.

Ces faits, cette situation vous font mal ? Alors prenez le droit de pleurer pour exulter votre peine. Mais ne cédons pas.

Restons dignes.

Et continuons, tous, main dans la main à avancer pour la justice.

Continuer épaule contre épaule pour que tous les prisonniers politiques et exilés retrouvent leur liberté et leurs droits.

Merci encore pour votre présence.

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.