Carles Puigdemont, le juste, est enfermé 23 heures sur 24 dans une cellule de dix mètres carré. Il a droit aux visites de trois avocats, qui prennent en charge sa défense en matière d’extradition. Il écrit. Beaucoup.
Carles Puigdemont, le juste, a droit à deux visites par mois. Il les a déjà eues, avec la visite de son épouse, une ancienne journaliste roumaine, avec laquelle il aura parlé de leurs deux petites filles, qui ne peuvent plus parler à leur père, comme il le faisait chaque soir avant de se coucher depuis la maison qu’il occupait à Waterloo, près de Bruxelles.
Carles Puigdemont, le juste, est soulagé que son ami de trente ans, Jaimi, senor Josep Matamala, un entrepreneur de Girona, ne soit pas aux mains de la Guardia Civil espagnol pour crime d’amitié.
Carles Puigdemont, le juste, ne s’est pas étonné de la mise en accusation de l’ancien commandant des Mossos, senor Trapero, pour rébellion et participation à une organisation criminelle, car il ne s’étonne plus de rien venant du gouvernement espagnol.
Carles Puigdemont, le juste, reçoit parcimonieusement le courrier qui lui est envoyé du monde entier à la prison de Neumünster, en raison probablement de la nécessité de vérification. Ne sait-on jamais, pourrait s’y nicher la preuve de sa sédition et de toutes ses malversations
Carles Puigdemont est en bonne santé, il n’est pas anémique et il a les idées parfaitement claires. Il n’a pas voulu le moindre privilège par rapport au traitement accordé aux autres détenus qui l’ont accueilli en homme juste.
Carles Puigdemont, le juste, sait que l’issue de la procédure d’extradition est incertaine. Mais il sait aussi que de forts arguments plaident en sa faveur et que la cause qu’il défend, une cause juste, va bien au-delà que sa propre personne.
Carles Puigdemont ne peut pas imaginer l’Allemagne d’Angela Merkel extrader un homme juste vers l’Espagne qui a refusé à l’Allemagne l’extradition de deux membres de la Gestapo.
Carles Puigdemont, le juste, est un homme de paix, un non-violent, un démocrate, un Catalan qui a la confiance de ceux qui l’ont élu à la présidence de la Generalitat, que ne veut pas lui accorder l’autoritaire Espagne.
Carles Puigdemont, le juste, aime son pays, la Catalogne, aime sa langue, le Catalan, aime la démocratie et est un homme de paix.
L’Europe de Merkel et de Macron est-elle prête à perdre son honneur ?
Bonjour à tous les hommes de paix !

En 1975, j’étais en vacances à Majorque. Des patrouilles de l’armée, casquées et fusil en bandoulière, sillonnaient les rues de Palma de Majorque. Normal, Franco était au pouvoir.
En 2018, on emprisonne des gens qui ont voté démocratiquement pour l’indépendance de la Catalogne. Rien n’a changé en Espagne. Le fascisme a toujours pignon sur rue.
J’ai séjourné de nombreuses fois avec plaisir en Catalogne et plus particulièrement à Barcelone.
A part de devoir jouer des coudes pour remonter ou descendre la Rambla je n’ai jamais eu l’impression que les catalans étaient maltraités ou persécutés.
C’est particulièrement au niveau institutionnel:
– 2010: « démontage » de points essentiels de l’Estatut de 2006 par le TC. Une fois mis sous référendum un texte ne peut plus être modifié par la suite QUE PAR LE PEUPLE (dans lequel demeure la souveraineté). Un TC n’est plus compétent de changer ce pacte du citoyen avec son État. (Javier Pérez Royo)
– depuis 2011: 18 tentatives de dialogue avec « Madrid ». Rejetées toutes.
– 2017: concentration de 27’000 forces de l’ordre sur le territoire catalan
– 1er octobre 2017: violence policière lors d’un référendum (!) consideré « illégal » (pour la plupart des suisse incompréhensible…)
– art. 155 (depuis 2017): suspension d’un Parlement entier (!) au lieu d’imposer des mesures/normes ponctuelles comme prévu par la Constitution
– 2017: convocation d’éléctions par « Madrid » quand ça incombe uniquement au Parlement régional (violation de la voie constitutionnelle)
– 2018: neuf représentants du peuple catalan incarcérés pour avoir organisé un référendum (!) consideré « illégal » et menacés d’une peine de prison de 30 ans
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