CATALOGNE. SUR LA ROUTE DU DÉSHONNEUR

6 avril 2018

Un juge du Schleswig-Holstein a donné une leçon de droit, de bon sens et de justice à l’Espagne, à Mariano Rajoy, à son gouvernement et à senor Llarena ce jeudi.

Ce magistrat allemand a tout d’abord expliqué, sous la forme d’un magistral camouflet, ce qu’est en pratique, dans un État démocratique, la séparation des pouvoirs. Les artifices diplomatiques, les manipulations policières (entraînant en Belgique des poursuites pénales contre l’Espagne) et l’utilisation criminelle du droit à des fins politiques ont été vertement tancés par la justice allemande. On comprend que Soraya A. n’ait pas voulu répondre aux média qui voulaient connaître sa réaction. Celle dont le grand-père était un franquiste, celle dont le père était un franquiste, celle qui se rêve présidente de la Generalitat en post-fasciste, est en état de colère silencieuse d’avoir été, avec quelques autres, fouettée sur la place publique devant le monde entier.

L’Allemagne a aussi donné une leçon de vocabulaire à l’Espagne autoritaire, qui avait la volonté de transformer le signifiant « violehnce » et de l’assimiler à toute contestation politique, fut-elle la plus respectueuse et la plus pacifique imaginable. Les manifestations organisées par l’ANC et par Omnium Cultural furent des modèles de combat démocratique calme et pacifique. La Catalogne n’a pas eu besoin d’imager le fossé existant entre la violence de la Guardia Civil et celle de la foule et du peuple citoyen.

L’Allemagne institutionnelle a également été remarquable dans ce champ délicat qu’est la célérité procédurale. Elle a démontré que la diligence judiciaire pouvait aller de pair avec le respect de la loi. La Suisse et le Valais peuvent s’en inspirer. Nul doute que la prochaine constitution catalane, celle de la république, saura imiter les qualités proposées hier par la justice du Schleswig-Holstein.

Les démocrates de tous les pays n’osent pas imaginer aujourd’hui que l’Allemagne extradera Carles Puigdemont en se fondant sur le délit imaginaire de malversation financière. Tous les obervateurs du processus d’indépendance de la Catalogne savent que cette construction juridique imaginaire n’est qu’une invention supplémentaire d’une justice espagnole aux abois qui n’a voulu être que la servile esclave adminustrative du gouvernement central, acceptant, pour lui plaire, de dégrader sa fonction au-delà de toute respectabilité.

Le processus d’indépendance de la Catalogne est irréversible. L’échec de la justice espagnole est celui de la « politique » gouvernementale menée par Mariano Rajoy. Il est temps maintenant de donner ses lettres de noblesse à la politique citoyenne.

Bonjour à Senor Llarena et à tous ceux, en Valais et ailleurs, qui ont fait du déshonneur leur route de vie !

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

4 thoughts on “CATALOGNE. SUR LA ROUTE DU DÉSHONNEUR”
  1. Vivre aujourd’hui en Catalogne sous la préssion de l’E.E. et quelque chose vraiment inimaginable par les pays de l’Europe Occidental et par extension du tout le monde. Cet un probleme de droits humaines basiques et peut virer jusqu’à un conflit social.La question c’est très dure. Qu’est que va faire ou pense fair l’Europe avec les 40M. d’espangnols qui resteront seuls quand les 7,5M de catalans soyons partis vers notre République ????

  2. L’accusation de malversation est assez curieuse étant donné que le président du gouvernement espagnol a assuré au Parlement qu’il n’y avait pas eu un euro utilisé pour la consultation du 1er octobre!

  3. Juridiquement il n’y a pas eu de viol de la Constitution.

    LA SUITE A LA UNE DE L’1DEX, EN ACCES VISIBLE POUR TOUS.

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