ROBERTO SCHMIDT. MAIS QUI DONC PROTÈGE-T-IL ? - L'1dex

ROBERTO SCHMIDT. MAIS QUI DONC PROTÈGE-T-IL ?

Roberto Schmidt a donc voulu manipuler l’opinion publique en créant une pompe à brouillard pour que plus personne ne veuille savoir ce dont il s’agit. Il a choisi de faire croire au Valais que des cachalots étaient des tournesols et que Dick Marty s’était déjà intéressé au rôle joué par le Service Cantonal des Contributions et par le chef du département. Mais tout ce qui a été diffusé dans le public, par la grâce de Gilles Berreau et du NF, était faux.

En effet, un cachalot n’a rien à voir avec un tournesol. Dois-je aller interviewer un professeur de biologie ou quelque Prix Nobel pour convaincre que l’assimilation d’un gros poisson à cette fleur est une tromperie ? Je ne le pense pas.

Le citoyen valaisan se rappelle que Dick Marty était venu en Valais pour traiter les cas de Beda Albrecht, de Maurice Tornay et de Nicolas Dubuis. De quoi s’agissait-il ? Du fait que le procureur général s’était débarrassé du dossier de Giroud vers le canton de Vaud en refusant de traiter la fraude fiscale la plus massive de l’histoire du Valais contemporain; du fait que Tornay avait pu jouer un rôle dans le traitement fiscal privilégié du contribuable Giroud qui avait bénéficié d’un allègement remarquable de son revenu qui avait fondu, passant de quelque 600’000 fr. à 250’000 fr.; et du fait que Beda Albrecht avait « couvert » ces joyeusetés. Dick Marty, pour ces faits et pour rien d’autre, avait rendu une ordonnance de classement, indiquant notamment pour le procureur général que son manque d’empressement ou son excès de précipitation étaient constitutifs de négligence et n’étaient pas intentionnels. Ne souriez pas, tout est vrai. Dont acte.

Dick Marty ne s’était donc occupé que de champignons, point du tout d’élevages de lapins.

Après des hésitations, lors du déclenchement de l’Affaire Giroud, Maurice Tornay avait été contraint de se récuser : il ne traitera donc plus, a-t-il juré, du cas Giroud. On le croit sur parole : l’ancien chef du département des finances ne s’est dès lors plus occupé du tout de ce dossier qui lui aura coûté son troisième mandat. Ce n’est donc pas lui qui a pris en charge, avec Beda Albrecht, la procédure de fixation de l’amende fiscale prononcée contre Giroud. Il est complètement innocent de ce délit de gestion déloyale des intérêts publics et d’abus d’autorité.

À l’éooque, pressentant que les coquins n’en avaient pas fini de favoriser Dominique Giroud, j’avais écrit au Conseil d’État pour savoir quel facteur de pondération avait été utilisé pour sanctionner Giroud. J’avais également précisé à L’1Dex que je ne pouvais pas imaginer une autre pondération que le facteur maximal de trois, l’amende fiscale devant alors correspondre à trois fois l’impôt éludé (3’600’000 fr. x 3 = 10’800’000 fr.). Interrogé, le président en exercice du Conseil d’État, Jean-Michel Cina, m’avait répondu que cette information relevait du secret fiscal, ce qui est une pure aberration. Ne pouvant obtenir ce renseignement, j’avais fait appel à mon intelligence pour déduire des comptes de la ville de Sion que les services de l’État avaient utilisé de manière illicite le facteur de pondération de 0.33 en lieu et place de 3, ce qui avait pour effet de réduire sensiblement l’amende fiscale (3’600’000 fr. x 0,33 = 1’200’000 fr.).

Nous venons d’apprendre qu’au final l’État du Valais avait osé effectivement faire application du facteur de pondération de 0,33 et qu’il avait été durement tancé par le Tribunal fédéral, qui avait imposé l’utilisation du facteur de pondération de 2. L’amende fiscale de Giroud passait ainsi de 1’200’000 fr. à 7’200’000 fr. (3’600’000 fr. x 2 = 7’200’000 fr.). Dominique Giroud avait donc ainsi bénéficié d’une réduction illicite et déloyale de 6’000’000 fr. Six millions de francs suisses !

On a pu reprocher à Beda Albrecht et à Maurice Tornay d’avoir en 2009 employé leurs talents, conjoints ou non, pour obtenir une diminution étonnante du bénéfice net de Giroud, qui avait passé inopinement de 600’000 fr. à 250’000 fr. Nous étions alors dans de petites affaires, des broutilles, assimilables à de la cueillette de fraises des bois. Mais, aujourd’hui, avec cet extraordinaire cadeau de 6’000’000 fr. , on a passé dans le champ de la production industrielle de baobabs.

Nous sommes d’accord, cher lecteur, je n’ai pas besoin de te convaincre encore qu’un baobab n’a rien à voir avec la cueillette de fraises des bois.

Tu veux savoir qui était aux manettes de cette opération d’enfumage de la fiscalité et de détournements indirects de fonds publics ? Ce n’était assurément pas encore l’enfumeur Roberto Schmid, qui rongeait son frein, aux côtés de Géraldine, amie du orocureur, sur les bancs du parlement fédéral. L’article 219 LF nous dit que la décision de fixation de l’amende fiscale doit être prise par le chef du Service Cantonal des Contributions (SCC) et, sur réclamation, par le Chef du département des finances.

Le chef du SCC, on le connait, c’est Beda Albrecht.

Et qui a donc suppléé à Maurice Tornay, l’auto-récusé ? La réponse est donnée par le communiqué transmis aux média par la chancellerie le 1er mai 2013, portant sur la répartition des départements et sur la désignation des remplaçants.

Le remplaçant de Maurice Tornay est un grand ami de la viticulture valaisanne, celui-là même qui a voulu me cacher le facteur de pondération utilisé, le président du Conseil d’État !

Bonjour, Monsieur Jean-Michel Cina !

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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