VERBIERGATE. DU CRIME ORGANISE AU PRIX NOBEL DE MEDECINE

5 novembre 2018

I

EXTRAITS D’UNE CERTAINE IDEE DE LA JUSTICE DE DICK MARTY

 

[Une justice de classe?] Curieusement, lorsqu’un s’attaque à la criminalité des collets blancs, on rest rapidement étiqueté soit de procuratore d’assalto (procureur d’assaut), soit de gauchiste. Comme si s’en prendre aux délinquants qui sont le mieux intégrés dans la société et qui nous ressemblent le plus par leur style de vie constituait une intolérable atteinte à l’ordre social. S’il nous arrive de poursivre des politiciens, on n’échappe pas à l’accusation de harcèlement et de persécution partisane.

[Une presse libre face à la CIA?] Dans le classement de l’indice de liberté de la presse, Haïti précède nettement l’Italie, par exemple, alors que Cuba est juste un peu mieux que la Chine. Mais combien d’Haïtiens profitent vraiment de cette liberté de la presse? La question mérite detre posée: dans un environnement international aussi hostile et menaçant, l’Etat cubain aurait-il pu assurer une telle protection de sa population avec un système de partis et une presse libre? La question peut paraître blasphématoire, mais j’avoue me l’être posée. Le rôle de la CIA en Amérique du Sud est bien connu: par le biais de financements de médias, de partis et de mouvements en tout genre, elle a contribué à renverser des régimes qui ne lui convenaient pas. L’agence américaine dispose notoirement d’un budget colossal pour conditionner l’opinion publique?

[Lumumba, Sankara et autres combattants pour la liberté assasinés en Afrique.] Pourquoi est-ce que je raconte tout cela? Parce que ces personnages ont eu une certaine influence sur mon mode de penser, ils m’ont fait comprendre qu’il fallait être prudent avant de juger et de se laisser entraîner par la pensée dominante qui veut toujours représenter les faits comme une confrontation inéluctable entre le bien et le mal, entre les gentils et les méchants. C’est aussi de cette façon, par exemple, qu’on présentera les conflits dans les Balkans ou en Syrie.

[La corruption, menace n° 1] Je considère que la corruption est la principale menace pour les sociétés démocratiques. Oui, plus grave que le terrorisme. Ce dernier est une attaque frontale contre notre système socioculturel. L’Etat et la société se sentent menacés et réagissent, souvent surréagissent, un peu comme le corps humain qui mobilise ses anticorps en présence d’une agression bactérienne. La corruption est infiniment plus sournoise, elle s’insinue dans le tissu social en exploitant subtilement certains des penchants de ce dernier. C’est un virus qui occupe subrepticement l’organisme pour l’affaiblir et le détruire depuis l’intérieur. La corruption fait fonction d’incubateur pour le crime organisé et pour des trafics de tout genre et agit comme polluant toxique pour les institutions démocratiques.

— Dick Marty, Une certaine idée de la justice (éd. Favre)

 

 

II

VERBIERGATE. DU CRIME ORGANISE AU PRIX NOBEL DE MEDECINE

 

Je ne suis pas sûr que le livre de Dick Marty sera offert par le président de Bagnes aux nouveaux habitants de Bagnes ou aux touristes les plus célèbres de Verbier.

 

La corruption, dit un homme proposé par Slobodan Despot comme Prix Nobel de la paix, est un incubateur du crime organisé et un agent polluant toxique pour les sociétés démocratiques.

 

Bagnes, en se laissant gouverner pour les constructions par une commission d’architectes largement conduite par un associé d’un Bureau d’architecture dominant, en acceptant que la commission des constructions soit dirigée par un entrepreneur inestueusement et économiquement attaché au même bureau d’architectes et de promotions immobilières, en admettant au sein de son conseil communal des hommes professionnellement arrimés à des requins immobiliers, a vendu ses institutions démocratiaues à des agents toxiques ayant pour seul objectif personnel de vivre financièrement de leur organisation de criminalité économique.

 

Les intérêts financiers différents de ces divers participants à ce que l’on doit immanquablement assimiler à une vraie mafia se sont rencontrés et ont fructifié en observant que leur escarcelle personnelle, à des échelles différentes, s’accroissaient et formaient chaque année une corbeille plus alléchante. Certes, les honoraires d’un architecte ou les bénéfices de promoteurs ne sont pas à comparer à la rémunération apprécisble d’un président ni à celle d’un secrétaire communal, mais ce bien-être collectif d’un petit groupe convenait à ces gens qui avaient peu à peu compris quelles étaient à l’intérieur de la corporation publique les places les plus lucratives pour tous.

 

Si l’institution cantonale ou confédérale leur avait permis de rendre la justice exclusivement sur terre bagnarde, il ne ferait aucun doute que le juge et le procureur seraient de leur camp et auraient été rémunérés à la hauteur de leur importance dans le groupe.

 

Bagnes a dérivé et a vendu son État de droit pour permettre à quelques happy few de donner libre cours à leur avidité infinie, à leur soif de belles voitures ou d’honneurs apparents et à leur cupidité inextinguible.

 

Cet organisme si articulé a été désagrégé par un anticorps prégnant, duquel il fallait se débarrasser. Cet anticorps puissant a un nom : Gabriel Luisier. Mais, même alléché par du miel de première qualité, l’Ours de Bagnes ne s’est pas laissé tenter par cette maigre carotte.

 

Si Dick Marty mérite le Prix Nobel de la Paix, Gabriel Luisier peut postuler avec ses compagnons de route au Prix Nobel de médecine pour avoir découvert l’agent destructeurs des polluants toxiques qui détruisent les sociétés démocratiques.

 

Reste à industrialiser le vaccin.

 

Bonjour à tous les criminologues désabusés !

 

 

POUR S’ABONNER A L’1DEX ET POUR LA DEFENSE DE LA LIBERTE D’EXPRESSION

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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