Tous ceux qui connaissent réellement les dossiers des constructions illicites, du Parking des Marais Verts, des résidences secondaires et de la LFAIE à Bagnes savent qui sont les perdants et qui sont les gagnants. Le doute n’est simplement plus permis : les coquins ont perdu, et ils le savent.
Ils savent aussi que les citoyens et le public ne savent rien du tout. Alors, sachant que les institutions valaisannes, judiciaires, politiques et administratives, avancent à pas d’escargot, ces coquins, connus de tous, jouent la montre. Et ils savourent leur jeu du chrono.
En fait, ce jeu ne leur coûte aujourd’hui rien. Leur stratégie ? Ne rien faire, attendre, patiemment, et s’évertuer, avec entrain, à ne rien faire. Ils ne font donc rien, encaissent leurs dividendes, leurs jetons de présence, leurs salaires, leurs rémunérations et l’éloge de ceux qui, ne sachant rien, les croient courageux.
Le jeu du chrono n’est pas même risqué pour eux, puisque chaque mois ils bénéficient de la lâche paresse de ceux qui font semblant de les poursuivre. Mais, les adeptes du chrono savent que le ministère public lambine chaque jour; ils savent que le Conseil d’Etat veut les pousser jusqu’à la fin de la prochaine législature; ils savent que la justice ne craint pas de surveillance accrue, puisque le Conseil de la magistrature n’existe pas encore; ils savent enfin que les magistrats sont compatissants envers les dominants auxquels ils appartiennent encore.
Chaque mois, pendant que d’honnêtes gens s’évertuent à rechercher un emploi rémunéré, ces braves coquins sourient à leur tactique lucrative : ne rien faire, sourire au peuple qui les encourage à ne point être pleutres et se satisfaire de la qualité de leur bulletin de paie.
Jouer le chrono, ne rien faire et être presque convaincu qu’un jour on reconnaîtra la qualité de leur défense passive que certains oseront qualifier d’admirable.
Le Verbiergate, tout bien pesé, c’est le jeu peu risqué de la paresse institutionnalisée.
Ces braves coquins règnent sur le marché des constructions illicites depuis près de dix ans. Ils ont engrangé, ils ont pleinement participé à l’instauration de leur gloire locale et ils ont mené ce train de vie qui sourit aux audacieux, aux hors-la-loi et aux gredins chanceux.
Et l’Etat de droit, me direz-vous ? L’observateur scrupuleux vous répondra : « de quel droit parlons-nous ? ». Personnellement, je vous dirai : « pourquoi se plaindre ou se moquer dès l’instant où il n’y a plus d’Etat et et que chaque Bagnard accepte cette réalité ? ».
L’Etat du Valais ne fait pas même semblant de ne pas enquêter. Le ministère public travaille d’arrache-pied (rappelez-vous l’intense travail des procureurs Dubuis et Greter dans le cas du FC Sion !). La Cour de droit public utilise la technique délétère de la suspension de la procédure jusqu’à droit connu sur le sort de la procédure pénale; et la Chambre pénale ? Que dire de cette chambre de l’Evêque qui confirme ?!
Le jeu du chrono porte fruit bien souvent, il faut tout de même rappeler que dans bien des cas, jouer le chronomètre et se planquer derrière n’a pas suffi et ça a eu de conséquences fâcheuses.
Mais c’est si loin encore ce temps des vaches maigres que les coquins jouent encore aux malins.
Bonjour à tous ceux qui, comme moi, croient encore en l’Etat de droit !
Post Scriptum : il paraît, m’a dit mon premier lecteur, que je fais partie des pessimistes, parce que le jeu du chrono aurait porté vraiment du tort à ces coquins.
C’est tout simplement le clan maffieux qui protège les siens. Et qui, par ailleurs et sur la base du christianisme qui serait le leur, vous explique ce que doit être une famille honorable, un couple honorable, des parents honorables, des citoyens honorables.