BERNARD HERITIER. QUAND LA MUSIQUE HABITE LE MONDE

23 mai 2019

Dans une cathédrale de Sion pleine à craquer, en l’absence du cofondateur, Roger Sauthier, aux Etats-Unis, et de Christophe Darbellay, qui n’ont pu se libérer, mais en présence de Léonard Gianadda et d’un parterre colorié par tous les âges (beaucoup de jeunes et plusieurs rédacteurs de L’1Dex), eut lieu le 35ème concert du Choeur des Collèges de Sion, le Requiem de Mozart.

En 1984, Bernard Héritier avait chois la Missa Brevis de Mozart. En 2019, achevant un cycle de vie éducative, le chef d’orchestre lança ses élèves, dont certains au début de l’année n’avaient jamais chanté dans un choeur, sur le chemin du Requiem de Mozart.

Tout simplement époustouflant.

De l’Ave Verum, saluant l’immolation sur la croix d’un vrai corps né de la Vierge Marie (1), jusqu’à l’Agnus Dei et au Lux Aeterna, cette centaine de chanteurs nous firent, l’espace d’une soirée, comprendre comment la musique peut habiter le monde et laisser derrière elle un peu plus de joie, à l’exemple de celle ressentie par cet homme de nonante-cinq ans qui, les larmes à l’oeil, remercia Bernard Héritier après le concert de ce mardi à l’église de Chippis.

Lors du dernier rappel, le Kyrie fut majestueux par la joie qu’il dégagea, ce qui n’est pas une mince affaire … dans un Requiem. Le motif du Kyrie, nous explique Bernard Héritier dans le livret remis à l’entrée, est le signe de croix, utilisé également par Bach et Haendel. Il faut avouer qu’à son écoute, l’auditeur a presque envie de prendre par la main Narcisse Praz et de le conduire, « des étoiles dans les yeux », vers plus de joie et plus de beauté.

J’ai aimé ce moment où Bernard Hériter a lu cette lettre d’une jeune choriste remerciant Bernard Héritier pour leur avoir appris, à travers le chant, à s’entraider et à s’épauler. Et puis, il y eut cet instant de vérité où l’assemblée a compris que ce qui a touché ces jeunes, représentés dans cette lettre, était que leur chef leur avait donné « plus d’amour que de règlements ».

Bernard Héritier, avant de remettre un très beau chèque aux deux recteurs de La Planta et des Creusets pour récompenser les quinze prochaines années un jeune méritant dans l’art choral, dit, avec la simplicité et la générosité qu’il dégage ces mots simples qui émurent : « Chers parents, sachez que, ces jeunes, je les ai beaucoup aimés ».

Une plaquette, « Gratitude et Reconnaissance », fut remis à l’entrée de la cathédrale qui rappelle la ligne du temps parcourue du mois d’août 1984 au mois de mai 2019 par Bernard Héritier,  de la Missa Criolla à Puccini, de Carmina Burana aux Beatles, en passant par Bernstein, Haydn, Monteverdi, Borodine et la musique de la renaissance.

Trois minutes d’applaudissements ininterrompus pour saluer et remercier Bernard Héritier.

Une standing ovation méritée pour un homme qui a vécu la musique pour mieux habiter le monde.

https://youtu.be/j_s-MbAtzQo

 

 

 

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

4 thoughts on “BERNARD HERITIER. QUAND LA MUSIQUE HABITE LE MONDE”
  1. « Quand la musique habite le monde » Il y a Bernard Héritier que je connais pas (encore) et… les 3 Ténors dont j’ai eu la chance d’assister à l’un de leur concert mémorable : Luciano Pavarotti, Placido Domingo et José Carreras.
    Il y a Sion, le Valais, la Suisse et……le Monde.

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