VERBIERGATE. A POIL POUR DE LA BEUH

12 mai 2019

Je promenai à petits pas ma chienne Loup, lorsque celle-ci décida de faire ses besoins en un lieu approprié, pas loin d’un parking sur lequel étaient garées – illicitement – quelques voitures. Je m’informai du résultat à la mi-temps du match Brighton – Manchester City (1 – 2), lorsque voici qu’un jeune homme sortit d’une vieille Mustang rafistolée (1) et m’interrogea : « Stéphane, j’ai une question pour toi qui me tarabuste depuis quelque temps : comment se fait-il qu’en Valais, lorsque tu es chopé pour deux grammes de beuh, tu finis à poil au poste de police, alors qu’à Saint-Gall, pris avec deux grammes d’héroïne, on te confisque la marchandise et on te laisse partir ? ».

Je m’aperçois un peu tard que le choix pour la comparaison entre ces deux lieux éloignés de la Suisse est peut-être dû au fait que le FC Sion tente ce jour d’éviter la relégation en s’imposant à St-Gall. Peut-être ou peut-être pas.

Je lui dis : « il y a peut-être plusieurs réponses à ta question. Tu veux que je t’en serve une ? »

« Oui, si tu le peux ».

« Vois-tu, Arthur (2), il y a un certain nombre de policiers en Valais. Ceux-ci doivent travailler un certain nombre d’heures. Il convient donc de les occuper durant leurs heures de labeur. Et, en haut lieu, on a pensé qu’il était préférable de contrôler les amateurs de cannabis, plutôt que les clients et les amis de l’architecte sédunois qui construit des constructions illicites à Verbier en profitant des bonnes grâces illégales des autorités de là-haut ».

Conscient que ma réponse, qui a plu au jeune homme, était lacunaire, j’ai appelé immédiament l’Ours du Châble pour connaître sa réponse. Gabriel Luisier, microphone ouvert, répondit au garçon : « Ce sont les joies du fédéralisme ».

Si l’on était un brin plus sérieux, quoique ces réponses sont d’une grande pertinence, je dirai que le procureur général en charge de la politique criminelle dans ce canton n’est pas désigné par le peuple et n’a pas besoin de définir une quelconque politique criminelle. Alors, celle-ci est laissée quotidiennement à l’appréciation de fonctionnaires de police qui définissent les priorités au gré de leurs humeurs personnelles du moment.

Cela étant posé, l’expérience aidant, j’ai le sentiment que ces braves jeunes hommes, qui estiment être contrôlés à l’excès, ont un point commun avec les autorités bagnards et certains promoteurs ou architecte(s) : ils exagèrent !

Mais moi, qui ne suis ni fumeur d’herbe, ni maquignon des alpages, je ne sais certainement pas de quoi je parle.

Le simple citoyen ne peut alors que faire confiance aux mecs de la Rue des Vergers.

Et c’est là que mon expérience crée une autre difficulté éminemment subjective : je ne leur fais absolument pas confiance.

Mais bon, c’est pas grave, tous les autres citoyens valaisans sont convaincus de la qualité de nos institutions.

Alors, mon cher petit Arthur, je le dis : arrête de fumer.

Quant aux gars de Verbier et de là-haut : persévérez dans vos actes illicites, il semblerait que personne ne veuille vous poursuivre. Mais jusqu’à quand : telle est la question !

Bonjour à tous ceux qui ont eu la chance, comme moi, de ne jamais commencer à fumer !

 

 

 

(1) La marque de la voiture est imaginée pour éviter tout contrôle ultérieur de police

(2) Le prénom est imaginé pour éviter tout contrôle ultérieur de police

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

4 thoughts on “VERBIERGATE. A POIL POUR DE LA BEUH”
  1. Bonsoir Me Riand! En suivant vos commentaires, je commence à comprendre pourquoi nous attendons depuis bientôt deux ans un jugement concernant une succession ( toute simple) du tribunal de l’Entremont. Ce tribunal de l’Entremont qui est complètement submergé par toutes ces petites querelles de millionnaires qui encombrent le tribunal !!!!!! Avez-vous une solution pour nous ? Très bonne fin de soirée. Manuela Wipfli Gagliardi

    1. La solution légale prévue pour les institutions est assez simple, comme vous le diront tous les avocats, sans pourtant agir dans ce sens : il faut former une plainte pour déni de justice auprès du Tribunal cantonal.

      Ce qui aura pour effet la plupart du temps … de rallonger la procédure.

      Lors de l’entrée en vigueur du prochain Conseil de la Magistrature, vous pourrez imaginer que cette autorité servira à quelque chose dans le réel et vous vous plaindrez, lascivement ou non, auprès d’elle de l’avancement à pas d’escargot de votre noble cause.

      Et puis, sachez que, contrairement à vos énoncés, cette affaire de succession, que je ne connais pas du tout, est très complexe : la complexité invoquée a ceci de remarquable qu’elle excuse tous les pas d’escargots,ce qui est dès lors très bon pour les paresseux (il y en a tout de même quelques-uns, même si dans l’Entremont, à ma connaissance, le Tribunal de District n’a pas pour habitude de faire l’éloge de ladite paresse.

      Bonne journée.

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