Liminaire : le titre est de la responsabilité de la rédaction, ainsi que les mises en caractères gras et le choix de l’illustration
(PAR ISABELLE VUISTINER ZUBER)
Mesdames,
Messieurs,
Il m’arrive parfois, comme aujourd’hui, de me dire que seul un événement bien sanglant, un fait divers tel que le drame de Vex ou cette famille, en territoire vaudois, où l’inceste paternel a décimé psychologiquement toute une famille, pour que les médias réagissent.
Régulièrement, les radios et les TV locales, la TSR parfois, différents journaux traitent le sujet, de façon souvent superficielle à mes yeux et sans jamais faire de lien entre les différents cantons, comme si les problématiques étaient locales, cloisonnées, et vouées à continuer indéfiniment – que peut-on y faire ?
C’est pourquoi, juste avant de m’adresser à nouveau au monde politique valaisan, dans le but d’aboutir à une nouvelle initiative ou un nouveau postulat, ou, tout au moins, à une interpellation du Grand Conseil valaisan qui déboucherait sur de vraies investigations, avec de vraies propositions adaptées, je vous sollicite à nouveau. Je remercie ceux qui ont déjà médiatisé mes démarches, mais j’espère également une réaction de votre part sous forme d’enquête ou de plateau avec échanges entre le grand public et les autorités ou n’importe quoi qui ferait parler, en profondeur, de la situation de la protection de l’enfance en Suisse romande.
Il y a des nuances selon les cantons, mais celle-ci se porte relativement mal partout, lorsqu’on se trouve dans le cadre de fausses accusations d’un parent contre l’autre ou de signalements de maltraitance qui parviennent aux autorités de protection, signalements traités de manière aléatoire en fonction de paramètres qui nous échappent à tous, et par « tous » je désigne les parents concernés et les individus qui, comme moi, les assistent, soit comme thérapeute, avocat, représentant d’association.
Il y a beaucoup à dire, beaucoup à faire, les solutions sont là, mais on n’en prend pas le chemin. Avec très peu de modestie et encore moins d’intérêt personnel d’ordre pécuniaire ou de renommée, j’ose prétendre que quiconque déclare s’intéresser et connaître la situation de la protection de l’enfance en Romandie et n’a pas lu «Protection de l’enfance, lettre ouverte à tous ses acteurs », paru en avril 2019, se fourvoie.
Chaque semaine, Mesdames, Messieurs, de chaque canton, je reçois, entre autres, des messages de parents à bout de force qui songent à s’ôter la vie ou à s’en prendre à celle d’autrui et c’est tout à fait insupportable. Je pense que les médias ont un rôle à jouer, non seulement en tant que relais d’informations mais également dans une analyse plus en profondeur de notre société.
« Protection de l’enfance, lettre ouverte à tous ses acteurs » livre une analyse tout aussi fouillée, documentée, rationnelle, que le rapport de l’ancien juge Rouiller sur la situation de la famille vaudoise, avec des parents incestueux. Lu par les parents qui se sentent reconnus dans ce qu’ils vivent, par les professionnels concernés, principalement les psychothérapeutes et médiateurs, comme ma renommée est moins grande que celle de Claude Rouiller, il est parfaitement ignoré par les décideurs.
Dans mon livre, il y a la situation d’Ana, qui, dans la réalité, s’appelle Léa. C’est avec son autorisation que je vous écris et que je vous adresse plusieurs pièces jointes concernant sa situation. Personnellement, le fait qu’une suspicion d’attouchement sexuel sur un petit enfant soit traité comme il l’est m’empêche régulièrement de dormir. J’aimerais que cette situation-là, et toutes les autres, analogues, rendent insomniaque le monde politique tant que la protection de l’enfance, ses assistants sociaux et ses autorités dites de protection, ses juges aussi, ne prennent pas les mesures qui s’imposent.
La teneur de mes échanges avec le Département des institutions (il y en a eu un certain nombre), telle qu’illustrée dans les documents ci-joints, montre à quelle langue de bois on fait face, dans un manque de vrai dialogue patent.
Si vous-même ou les médias pour lesquels vous travaillez n’êtes pas à même de couvrir ce sujet, peut-être pouvez-vous me mettre en contact avec d’autres journalistes.
Je crains presqu’en permanence que d’autres drames surviennent, pour tant est qu’il faille mort d’homme pour parler de drame.
En vous remerciant d’avance pour votre prise de conscience de l’ampleur du phénomène, je vous remercie également de m’avoir lue et vous autorise, ainsi qu’Ana-Léa, à relayer tels quels les documents ci-joints, si vous le jugez opportun.
Meilleures salutations,
Isabelle Vuistiner-Zuber
Thérapeute et facilitatrice en développement personnel
Fondatrice et présidente du Mouvement Suisse pour la Coparentalité Responsable
Membre de l’Association des Recueilleurs et recueilleuses de Récits de Vie
Références :
Lettre au Département des institutions valaisan
Lettre au Département des institutions
Mme Isabelle Vuistiner
Vous m’accusiez d’être trop violent et de créer des problèmes parce que je parlais de barbarie en face des barbares, mais j’ai l’impression que vous êtes en train de rejoindre ce que je défends dans les Patatras depuis le début.
J’ai aussi écrit que les problèmes OPE-APEA n’étaient que la pointe de l’iceberg de plusieurs dérives sociétales, politiques, étatiques et professionnelles largement évoquées dans les Patatras…et vous me rejoignez ?
Bien sûr, bien au-delà du Valais de la Suisse. J’ai relaté des cas vaudois et neuchâtelois.
Est-ce que vous pensez toujours qu’il faut résoudre les problèmes avec ceux qu’ils les entretiennent, contrairement à moi qui pense que certains d’entre-eux devraient être envoyés au classement des archives ? Et que les Valaisans choisissent en connaissance de cause pour qui ils votent !
J’ai relu votre livre Lettre ouverte, (toujours sans les témoignages).
Je suis réservé sur sa nécessité de la lire pour se pencher sur la problématique des Patatras.
En particulier, il manque une réflexion de base : comment en est-on arriver là ? Sans se donner la peine d’éclaircir les causes multiples dans des situations aussi complexes, il me semble très prématuré de croire qu’on a trouvé les solutions.
De plus, en évitant de nommer les responsables, on biaise la réflexion dans chaque canton.
Pour l’instant, au vu des situations scandaleuses rencontrées, on a plus besoin de citoyens honnêtes, mûrs et modérés, qui s’expliquent, plutôt que de spécialistes de tous bords.
Si les discours thérapeutiques étaient aussi miraculeux que présentés dans votre lettre ouverte, les dégâts APEA-OPE seraient déjà réparés.
Votre texte a néanmoins le mérite d’alerter l’opinion.
Pierre-Hervé Tavelli, Sierre
Canal 9 et Le Nouvelliste ont fait un reportage élogieux sur le foyer de Champsec.
Les Patatras et l’îlot de Port-Valais ne semblent pas avoir existés. Y a-t-il un journaliste d’investigation a Canal 9 ou au Nouvelliste ?
Pierre-Hervé Tavelli, Sierre