MARIANNE MARET, LA FEMME QUI N’AIDE PERSONNE ET QUI N’A RIEN A CACHER

6 septembre 2019

La politique valaisanne appartient au champ du n’importe quoi. C’est pas nouveau. Et c’est pas demain la veille que ça changera. Bon, d’accord, la politique valaisanne est plus proche des Pieds Nickelés que de Martine va à la plage. Mais, entre nous, avec l’épisode Marianne Maret, ça devient un roman d’enchanteresse écrit par Lagaffine et mis en scène par demoiselle « après moi la pluie ». Nous sommes dans le champ des mots qui ne veulent plus rien dire, des actes qui n’ont plus aucune portée, de l’irresponsabilité généralisée et assumée par toute la classe politique, un foutoir aux relents de parfums désabusés, de citronnette, de pétalettes de rosettes et de muscadette d’herbettes centripètes.

Oui, oui, vous avez compris, j’ai écrit n’importe quoi, pire peut-être, et vous ne savez pas sur quel pied je vais pouvoir danser pour rebondir sur Marianne Maret, la femme du titre, celle dont on va maintenant vanter les mérites en sémantique politique.

En pleine page de je ne sais quel journal, on peut lire que dame Maret n’a aidé personne et n’avait rien à cacher. Examinons : a) Marianne n’a jamais aidé personne et voudrait représenter le Valais à Berne. Mais, je ne sais pas  vous, mais moi, j’ai envie d’avoir à Berne une représentante qui va m’aider et non pas une dame, fut-elle bien fringuée, qui vient dire au bas peuple que jamais, au grand jamais, elle n’a aidé quelqu’un, puisqu’elle n’a jamais aidé personne; b) et puis, est-ce si bon d’avoir à Berne une femme qui n’a rien à cacher ? C’est pas sûr, parce que parfois il faut savoir cacher pour avoir un brin de chance d’obtenir un petit avantage pour ceux que l’on représente. Par conséquent, n’avoir jamais rien à cacher n’est pas forcément un signe de juste pouvoir. Ainsi donc, voter Marianne Maret, c’est choisir une femme qui n’a jamais aidé, c’est le journal qui le dit, et une femme qui n’a jamais caché. Bon, à chacun ses goûts, ses goûts politiques s’entend, mais les miens tendraient davantage vers quelqu’un qui ose dire qu’il veut aider et vers quelqu’un qui ose dire qu’il cachera lorsque viendra le temps de bien jouer avec ses cartes en main. Pourquoi, en effet, se dévêtir et aller tout nu quémander ce pourquoi on a été élu.

Je sens que les plus attentifs d’entre vous diront qu’aujourd’hui j’ai forcé le trait et détourné les mots, ceux de Marianne Maret, pour la faire apparaître comme ce qu’elle n’est pas, une femme qui n’aide pas et une femme qui sait cacher pour préserver les siens. Je l’avoue, je force un peu le trait. Mais cet aveu doit me permettre de vous obliger à vous replacer, vous, cher, lecteur, dans le champ du discours qui était celui de Marianne Maret au moment où elle disait à ce journaliste qu’elle n’avait jamais aidé personne dans l’affaire du mercure, c’est-à-dire qu’elle n’avait jamais contribué par ses silences à favoriser telle ou telle personne, et, simultanément, qu’elle n’avait jamais voulu cacher quoi que ce soit à qui ce soit s’agissant de pollution au mercure ou des dysfonctionnements allégués par Joël Rossier.

Le truc, c’est que le discours de Marianne Maret, même pour ses plus chauds supporters, devient inaudible. En effet, comment peut-on admettre, que l’on connaisse ou non le contenu du rapport de Joël Rossier, qu’une présidente d’une commission du Grand-Conseil ne fasse pas suivre, pendant dix-huit mois, un rapport à l’évidence d’intérêt public, dans le champ organisationnel ou dans le champ environnemental ? Personne, absolument personne de bonne foi, ne pourra venir soutenir que ce silence dans la transmission de ce rapport fût un tant soit peu approprié, car il ne l’est tout simplement pas. Au moment où elle exprime le fait que jamais elle n’a voulu favoriser quelqu’un en retenant le rapport, elle est coincée par le fait que le destinataire de ses mots ne peut que perdre pied face à une telle innocence, puisque lui, simultanément, au moment même où ces paroles irréfléchies sont prononcées, pense qu’il n’est ni sage, ni propre, de cacher quoi que ce soit en matière environnementale. En ces temps de transparence, il est paradoxal de soutenir en même temps que la transparence droit primer, que les informations doivent circuler et qu’il ne faut pas permettre aux dominants de laisser imaginer la vérité aux citoyens, alors même qu’on garde bien caché dans un coin, de son jardin ou de son bureau, des éléments d’information nécessaires pour d’autres prises de décisions.

Marianne Maret, en jouant à cache-cache bourricot, s’est mise dans une position extraordinairement inconfortable. Elle va devoir ramer, ramer et ramer encore, pour éviter que le sourire ne pointe trop vite chez ses concurrents ou chez les journalistes qui l’intervieweront. Je ne vais pas proposer au PDC de changer de candidate dans la dernière ligne droite, mais je vais simplement faire observer à ses adversaires que s’ils n’emportent pas le siège PDC au Conseil aux Etats, c’est qu’eux-mêmes auront été redoutablement inefficients dans leur campagne politique.

Marianne Maret, qui n’est pas sans QI, doit tout de même se rendre compte que la disparition de sept pages dans un rapport, lié au fait que ce même rapport est resté dans sa sacoche pendant dix-huit mois, sans qu’elle n’ait suspecté un seul instant qu’elle pouvait apparaître comme quelqu’un voulant retenir des informations essentielles, peut irriter plus d’un. Marianne Maret sait aussi que ce rapport, qu’elle a dû lire, pouvait être un instrument permettant d’améliorer ce gros jouet qu’est – pour elle et pour d’autres – l’Etat.

Cet épisode étonnant a réservé une autre surprise, Marianne Maret obéit avec aisance : il a suffi qu’un tiers, un  haut fonctionnaire, Joël Rossier, lui dise de garder ce rapport pour elle pour la convaincre de changer drastiquement de positionnement, et de devenir non pas une représentante du peuple, mais un officier d’Etat voulant montrer qu’elle sait garder un secret (au fait, pourquoi ne pas poser cette simple question à Joël Rossier : pourquoi avoir exigé de dame Maret une quelconque confidentialité ?).

Marianne Maret est certainement une bonne chrétienne, une excellente citoyenne, une amie attachante, une électrice respectable et une élue qui n’a pas triché. Mais, toutes ces vérités étant dites, Marianne Maret est aussi une citoyenne entrée en politique pour être un peu plus ferme, moins volatile et, surtout, plus soucieuse du bien commun. Les arrangements entre petits copains, ça suffit, Madame Maret. Il n’est pas sûr que sur ce coup la dame du PDC ait marqué des points sur le ring de la vérité.

Bonjour à tous ses supporters.

 

Post Scriptum I : Marie-Claire, oui, toi, Marie-Claire Pont, tu peux aller voter sans souci pour Marianne Maret : elle mérite les honneurs bien plus que toi.

Post Scriptum II : Certains diront que le trait est un peu vache. Ils se trompent. Il est doux, car : a) Mme Maret a eu connaissance avant d’autre du rapport Bender & Veuthey sur Bagnes,qu’en a-t-elle fait ? b) Mme Maret a eu connaissance, avant d’autres, de multiples notices sur le problème de la statistique en Valais, qu’en a-t-elle fait ?

Post Scriptum III : Que le lecteur n’oublie pas que la présidente d’une commission maîtrise l’ordre du jour !

Post Scriptum IV : Qu’en a-t-elle fait ? C’est simple, la réponse est dans le titre de l’article.

 

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

11 thoughts on “MARIANNE MARET, LA FEMME QUI N’AIDE PERSONNE ET QUI N’A RIEN A CACHER”
  1. l exemple qui peut préciser que la politique est un danger , devant ce puissant magma devôt de reseaux sociaux , qu est le net ! Et qui fait la loi parfois . Quels dangers ! Le droit doit remettre le Valais sur les rails , et non d incessantes et comiques piéces de théatres mensongères de mauvais gout .
    richard pralong .

  2. Les théories de Marianne je crois plus personne. En tout cas je ne voterait pas pour ses yeux bleus.L’autre elle a finit d’arroser les géraniums, avec un investissement de 200.000 fr.Pas de retour sur investissementssssss. Elle n’a fait que 4 ans. Mais alors qui est SINCERE ,pour qui VOTER, ici le seul et unique en qui j’ai confiance c’est personne.Merci a L’1Dex d’ouvrir les yeux de toute les couleurs.

  3. Le beurre du Nouvelliste.RDV à Sierre le 9 sept. VENEZ NOMBREUX .Animer par V. F. Pourquoi pas par L’1Dex, ou par Le Temps, Le Matin. Le NOUVELLISTE, notre PRADA.

  4. Marianne Maret est une femme de trempe. N’en déplaise à l’1Dex et à son rédacteur en chef, Marianne Maret bien que n’étant pas du tout de mon parti est une femme qui en a revendre. C’est rare de nos jours, très rare, n’est-ce-pas ? Rien que pour cela je lui tire bien bas mon chapeau… Madame.

    Michel Rey

      1. 1 à zéro pour Me Riand, au niveau argumentation! M. Rey affirme sans rien démontrer. A ll’observation des évènements récents pourtant on pourrait rejoindre M. Rey, mais avec une interprétation légèrement différente: oui Mme Maret est une femme de trempe qui en a à revendre… dans le copinage et la protection du clan à tout prix

  5. Si les faits relatés par les médias se vérifient c’est pas génial !
    Si le Valais veut avancer il faut des personnes courageuses qui sachent se démarquer, ceux qui marchent systématiquement dans les pas de leurs prédécesseurs

  6. n’apportent rien d’intéressant, ça continuera avec une ribambelle de rapports et encore des rapports mais qui non traités sur le fond n’aboutiront à rien, le changement c’est pas ça.
    Il faut intégrer que le canton doit changer, des,autrooiLe changement c’est essentiel pour ce canton il ne peut plus continuer ainsi c’est

  7. sûrement quelqu’un de bien en tant que personne cette dame mais cette soumission au parti, voir à la mérule qui paralyse tout notre canton et qui l’empêche de ne poser ne serait-ce que le début du petit orteil droit dans le champ de la décence, de la transparence, voir dans celui du rapport évident que chaque humain devrait avoir avec cette partie de l’être qui s’appelle le sens du devoir et du bon contact avec sa conscience morale, rapports et contacts qui lorsqu’ils sont sains, clairs, nets et exempts de déni, de refoulements voir d’occultation de la réalité vraie permettent à tout un chacun d’éviter la surconsommation de médicaments voir l’abus d’alcool, drogue aujourd’hui largement répandue et acceptée dans nos magnifiques contrées.
    sûrement une dame bien cette personne sans aucun doute, mais que ces personnes elle comme beaucoup d’autres cessent d’oublier qu’ils sont élus pour et par le peuple, qu’ils sont au service du peuple uniquement et non pas au service d’intérêts ou de personnes dont l’âme est aussi noire que l’obscurantisme intellectuel dans lequel ils se plaisent à végéter. Députés courageux faites votre travail, questionnez, investiguez, révélez et nettoyez il est grand temps.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.