VERBIERGATE. Le député Moreno Centelleghe (PLR) : « L’affaire de Verbier est un véritable scandale d’Etat »

22 septembre 2019

Ce que L’1Dex assène, jour après jour, depuis la fin de l’été 2015, semble enfin avoir crapahuté jusqu’aux neurones les plus efficaces du parlement cantonal : le député Moreno Centelleghe (PLR) a reconnu, dans Le Matin Dimanche, au journaliste Julien Wicky, que le Verbiergate « est un véritable scandale d’État ». Il ajoute, ayant peut-être lu et relu L’1Dex que « depuis des années, rien ne se passe, on se perd en rapports et en analyses », financés par le contribuable, alors qu’ils devraient être financés totalement par les criminels économiques, ceux qui se sont gavés et ceux qui ont trahi leur mandat d’élus politiques, sans parler des fonctionnaires principaux qui ont collaboré activement à ces actes honteux attentatoires à la démocratie et à l’État de droit. Le député Centelleghe s’insurge : « Et avec cela, il y a un sentiment d’impunité qui s’installe, ce n’est pas tolérable ». La confiance des citoyens dans le fonctionnement des institutions s’étiole, disparaît même. On punit par amendes salées le citoyen qui anénage une mezzanine un peu trop haute, et on favorise à coups de millions des architectes et des promoteurs pourris jusqu’à la moëlle. Les fonctionnaires cantonaux et les employés communaux le savent, ne bougent pas, participent même à ces actions contre l’État de droit, auxquelles souscrivent des organes communaux dépourvus de la plus élémentaire éthique. Plus grave encore, on se débarrasse d’un employé communal qui met à jour ces excès et qui croyait que certains élus pourraient contribuer avec lui à un juste « nettoyage » des lieux.

L’exécutif cantonal n’est pas en reste : il protège des fonctionnaires ayant commis des actes inadmissibles (chef du SAIC, chef LFAIE,…), balance au Grand-Conseil des réponses « vagues et partielles », fait fi de toute transparence sérieuse. Même le caméléon Fanti devient un allié objectif des dysfonctionnements en retenant des informations essentielles (p. ex. : annexes au rapport Bender & Veuthey démontrant le caractère pénal des actes commis), en soutenant l’existence d’une procédure pénale, qui reste bloquée faute du courage rédactionnel devant aboutir à une mise en accusation multiple des responsables de cette débâcle inégalée dans le champ des constructions illicites.

Face à cette orgie d’illégalités, le remède proposé s’apparente à un glissement attentiste : pourquoi choisir alors la voie du postulat et non celui de la motion parlementaire ? On ne comprend pas trop tant la nécessité d’une Cour des comptes, en son temps suggérée par le caméléon de la transparence lui-même, serait une action efficace pour contrer une corruption remarquable, dont paraissent s’accommoder avec une grande joie tous les bénéficiaires de la situation. Le malheur du postulat est qu’il pourrait être accepté et mis au chaud dans un tiroir qui ne sera plus jamais ouvert. On ne peut que proposer au député Centelleghe de transformer son postulat en motion et en tout autre outil vraiment contraignant. Le Verbiergate ne supporte plus les sursis dilatoires.

Et lorsque le PDC, par la bouche de Serge Métrailler, par ailleurs candidat à un siège à Berne, affirme que « l’Inspection cantonale des finances joue ce rôle de manière très pointue », nous avons tous compris que les importants d’ici prennent les citoyens pour de vrais demeurés.

En cela, le Valais n’a pas changé.

Et les moutons sont tout contents.

 

 

 

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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