Pour montrer à tous que la machine de guerre OPE-APEA ne concerne pas que le Valais (et la Suisse), L’1Dex publie ci-desssous un courrier portant sur une situation de fracassés dont il avait déjà été question il y a deux mois ici.
La petite sœur et son plus grand demi-frère de 10 ans avaient été enlevés à leur domicile , 50 jours auparavant à 7 heures du matin, par 6 personnes, sans avertissement. La mère ? Tout à fait « n o r m a l e ».
Cette situation, totalement banale dans sa brutalité et son omerta pour des cas Service de la jeunesse et de certaines APEA, occupe une dizaine d’avocats, une dizaine de médecins et de nombreux autres intervenants.
Cette situation présente un détail tout à fait exceptionnel : l’OPE locale a reconnu son erreur de décision de placement et la fillette est déjà rentrée à la maison.
Claire Rive et son fils Olivier sont des noms d’emprunt.
Voici la lettre, un brin caviardée, adressée par Hippocrate, toujours très engagé pour de justes combats liés à de la maltraitance, familiale et enfantine, a adressé cette lettre à l’APEA concernée :
Situation Rive
Madame la Présidente, …de l’APEA
Je me permets de vous écrire à nouveau.
Vous comprendrez que je suis très concerné par l’équilibre de ma patiente, Mme Claire Rive, d’où mes interventions.
De plus, une mère en bonne santé qui élève ses enfants est le meilleur choix. Je n’oublie pas la construction des liens avec les pères.
Ceci dit, je veux préciser les points suivants :
I
Je n’avais pas insisté sur le courrier très important du …juillet 2019 de l’OPE qui conseillait le retour à la maison d’Olivier et un suivi ambulatoire.
Cette claire prise de conscience de la réalité vécue par ce garçon de dix ans ne semble pas avoir été lue dans les bureaux, ni par mes collègues.
II
J’ai répondu aux questions que vous vouliez poser pour une deuxième expertise coûteuse (16.000.-) qui ne semble plus du tout indiquée. Auriez-vous d’autres questions ?
III
Par courrier du 19 août 2019 au Dr Expert, j’ai contesté clairement plusieurs points de son texte, voire sa légitimité pour une deuxième expertise.
IV
Le Dr Expert écrit qu’il…« n’a qu’un regard partiel sur la situation. »
Il ajoute que «l’indication d’une expertise psychiatrique de la mère devrait être sérieusement discutée.».
Je lui ai écrit : «Ce n’est pas du tout l’avis du psychiatre d’adultes qui la suit depuis des mois. J’ai déjà signalé que l’attitude plutôt réservée de la mère en face de tels intervenants, est une attitude de protection.
En ce qui concerne l’équilibre de Mme Rive, je conseille à l’expert de relire les rapports du …et les éloges de …sur le comportement de la mère.»…
Cette affirmation imprudente du pédopsychiatre est reprise par un avocat pour exiger encore une expertise supplémentaire, cette fois-ci sur Mme Rive.
V
Les courriers des doctoresses de…l’hôpital psychiatrique…attestent que Olivier n’a pas de pathologie psychiatrique grave, mais au contraire, qu’il est déjà capable de réagir de façon adéquate en s’opposant et s’apaisant ensuite.
Conclusion.
En prenant un peu de recul, je pense qu’on a le choix entre deux principales options.
I
Poursuivre cette cacophonie et fracasser cette famille définitivement en donnant du grain à moudre pendant des décennies à tous ces professionnels éclairés.
II
La laisser en paix à…dans son village au bord de l’eau…et promouvoir des soins ambulatoires prudents pour construire des meilleurs liens entre tous.
Je suis très engagé dans ces problématiques OPE-APEA aux effets catastrophiques. Dans la grande majorité des cas, les personnes concernées n’ont pas plus de troubles, et souvent moins, que les intervenants qui s’obstinent dans des stratégies délétères (1).
Faire face et traiter de véritables troubles psychiatriques est hautement plus difficile et stressant que de sanctionner des malheureux qui ne remplissent pas les critères des spécialistes de l’éducation et des droits de l’enfant, qu’eux-mêmes ne remplissent souvent pas.
En raison de l’urgence et la gravité de la situation, je me suis permis une rédaction succincte et sans emphase, et, en restant à votre disposition, je vous prie de croire, Madame la Présidente, a l’expression de mes meilleurs sentiments.
Dr Pierre-Hervé Tavelli
Copies aux Dresses…de l’hôpital
Au Dr Expert
À Mme Rive »
Je voudrais dire ici, et je crois que tous ceux qui soutiennent, dans leur position respective ce juste combat pour les familles, pour les enfants, pour les pères et pour les mères, savent que l’une des critiques les plus virulentes qui sont émises par les familles, par les pères, par les mères, par les enfants, à l’égard des autorités, est très clairement leur lenteur. Je pense ici à ce père qui n’a plus vu son fils depuis cinq ans, qui est au bénéfice d’une décision exécutoire qui admet une rencontre entre le père et l’enfant devenu adolescent, et qui est confronté à l’impossibilité de faire bouger l’administration, la magistrature et la partie adverse. Souvent ces justicables croient que les retards sont le fait d’avocats trop peu diligents, alors même que les avocats, aussi véloces soient-ils, sont confrontés systématiquement à un refus de rendre compte, émanant des autorités chargées de ces lourds dossiers.
« Quand un innocent est assassiné dans la forêt des lois, les assassins sont les juges » (cf. Jacques Vergès, Dictionnaire amoureux de la justice, Plon, 2002, p. 140).
(1) La mise en caractères gras de cette partie du texe est le fait de L’1Dex