(PAR INFOMEDUSE)
LIMINAIRE DE L’1DEX
Cette affaire est peut-être le plus parfait des exemples de l’incapacité absolue de la justice de notre pays à reconnaître ses erreurs. Des erreurs crasses. La victime, un agriculteur vaudois passionné par son métiers. Les coupables ? Ils sont tous connus et, à ce stade, ils se reconnaitront tout seuls. Le bénéficiaire de l’opération ? A tout le moins, l’Etat de Vaud. L’1Dex s’est entretenu avec un expert français, qui traite des centaines de cas d’incendies par an. Sa réaction ? « Ce qui s’est passé en Suisse, pour cet agriculteur, ça m’est totalement incompréhensible. Jamais, en France, une telle chose eût pu arriver. Je ne comprends pas la justice suisse ». L’1Dex connaît particulièrement bien ce dossier et dit ceci : « La seule explication possible est que l’institution judiciaire voulant préserver le mythe d’une justice qui ne se trompe jamais n’a simplement pas voulu donner raisons à la victime ». Le plafond était blanc, tout le monde l’a vu. La réaction de la justice : c’est trop tard, nous ne voulons plus vérifier l’évidence, et ce n’est pas notre faute si les juges vaudois se sont fait manipuler. Nous ne voulons pas rectifier un jugement qui provoquerait une gabegie sans pareille au sein de l’administration vaudoise. L’agriculteur est ruiné ? Tant pis pour lui, il aurait dû choisir le métier de forgeron, de jardinier ou de coiffeur pour chauves. C’est sa faute, il a voulu être … agriculteur. S’il y a un cas ayant pu provoquer des vomissements depuis la création de L’1Dex, c’est assurément celui-ci. Peut-être y reviendra-t-on dans le détail plus tard. Laissons maintenant la parole à Christian Campiche, pour Infoméduse.
Cet homme (photo infoméduse, 9 octobre 2019) était un agriculteur prospère. Sa vie a basculé quand sa ferme à Nonfoux, sur la commune d’Essertines-sur-Yverdon, a brûlé, le 31 août 2002.

Un inspecteur de la police décrète que l’incendie a été provoqué par la fermentation du fourrage, thèse contredite par des experts européens pour qui la fumée noire aperçue au moment du drame ne pouvait résulter que d’une matière inflammable, accréditant l’hypothèse d’un acte malveillant. En 2004, le Tribunal du Nord vaudois condamne Jakob Gutknecht à 20 jours d’emprisonnement avec sursis pour négligence.

Convaincu qu’il est la victime d’une machination, M. Gutknecht ne cesse de réclamer réparation mais les nouveaux éléments recueillis par son avocat en vue d’une réouverture du procès se heurtent à un silence officiel assourdissant. Jakob Gutknecht est tombé malade après avoir inhalé la fumée de l’incendie en voulant sauver son bétail. Ruiné, il vit dans un état de dénuement total, logeant dans une maisonnette sans confort, mise à disposition par un habitant de la région. La Suisse, pays des droits de l’homme?
Christian Campiche
Autre source:
“Poulet flambé”, Vigousse 22 juin 2012, p. 5.
